UN GOÉLAND PARLE
Ou voient, en nous, sous d*âtres cieux, d'affreux présa- De longs martyres sur d'hostiles flots déserts, [ges
D'ouragans, de famine et d'effrayants naufrages Nocturnes, sur des rocs ignorés, loin des terres.
Mais quand leurs femmes, plus belles, d'âme plus dou- Courent les mers, le cœur esseulé, rebutées [ce.
Par la brutale humeur de compagnons farouches. Elles devinent, en un vol comme attristé, Blanc et morne l'élan d'une âme qui les aime Dédaignée à jamais et qui les suit quand même.
A Madame H. T.-N.
Pour nous deux qui goûtons les symboles étranges L'avenir est un arbre bleu au bord des mers, Penché follement sur le gouffre de lumière, Avec de longs luisants de soleil sur ses branches.
La nuit ne sera qu'un stellaire crépuscule Aux rayons frais plus doux que des mots murmurés, Des chants purs diront un retour des jours pleures, Vague ainsi qu'un vol flou de folles libellules.