LES LIQUIDES ENFLAMMÉS
Plusieurs fois, depuis le commencement de cette bataille de Verdun, nos ennemis nous ont attaqués avec des liquides enflammés, Ils avaient commencé longtemps auparavant,
111 ne faut pas oublier que dans Jes journaux on donne souvent le, traduction des noms des journaux étrangers : cf. X ülnische Volkseitung, Neueste Leipeiger Nachrichten, etc.
On les voit s’obstiner à perfectionner l'emploi de ce procédé barbare, plus barbare encore, semble-t-il, que celui des gaz asphyxiants. Toutefois, les liquides en feu, en raison de leur faible portée, ont au moins l'avantage de ne pas risquer d'atteindre les populations pacifiques en arrière du front. Nous en voyons deux formes: tantôt une pompe cachée dans une . tranchée al:einande projette au loin du pétrole ou du goudron, tantôt une équipe d'assaut s'avance, chaque homme portant sur le dos un appareil individuel. Le jet s'étend jusqn'à trente mètres; peut-être est-il poussé par une force accumulée comme celle d’un réservoir d'air, On conçoit quelle supériorité cette arme terrible possédera sur la baïonnette. Si elle à des inconvénients, si elle expose l’homme qui s'en sert à périr victime lui-même des flammes qu'il porte, au cas par exemple où son appareil est crevé par un éclat d’obus, elle donne pourtant à l'attaque une puissance et unc cruauté dont nos communiqués montrent les conséquences. Ne nous les exagérons pas, mais sachons les mesurer et faire notre profit de nos constatations, Il ne semble malheureusement exister aucune protection contre ce feu grégeois d’un nouveau genre, Rien ne nous empêche d'en faire usage de notre côté, et la commission sénatoriale de l’armée vient, comme on l’a vu, de s'en inquiéter. Il serait déplorable que les mêmes naïvetés humanitaires qu’on a opposées à l'emploi des gaz asphyxiants interviennent encore pour paralyser nos combattants. On peut tarder à comprendre certaines nécessités, mais l'aveuglement qui résisterait à tant d'évidences deviendrait criminel. Sans aucun doute nous avons tous les moyens de payer nos ennemis avec leur propre monnaie, peut-être pas au même point, car les commodités de la défensive ne sont pas toujours celles de l'offensive, mais À notre heure et sur notre terrain. Usons-en donc une bonne fois avec toute l'énergie qu’il faut. Nous devons bien cela aux héroïques soldats qui affrontent pour nous les atrocités de la
bataille, pires que la mort.
—Journal des Débats, 24 mars, 1916.
X SOLDATS DE VERDUN oMmmunication de l'ordre izaine de mars par le géné
La Liberté à eu ce dans là première quit Verdun :
‘ü jour suivant, adressé ral Joffre aux soldats de F4
Soldats de l'armée de Verdun !
Depuis trois semaines, assaut que l'ennemi ait en
vous subissez le plus formidable core tenté contre nous, !
L'Allemagne eScomptait le succès de cet e
fort qu’elle croyait irrésistible et auquel elle avait consacré ses meilleures troupes Ë ét sa plus puissante artillerie, Elle espérait que la prise de Ve de ses alliés et COnvaincr allemande,
5 se f rdun raflermirait le courage ait les pays ner tre
»# de la supériorité
Elle avait compté sans vous | Nuit et jour, malgré avez résisté à toutes lo
un bombardement Sans précédent, vous s attaques et maintenu vos Positions, !
La. lutte n’est Pas encore terminée, car les Allemands ont fi | besoin d’une victoire. Vous saurez la leur arracher,
Nors avons des Munitions en réserves,
abondance et de nombreuses
Mais vous avez surtout votre indomptable
Courage et votre foi dans les destinées de la Républi que.
Le pays a les Yeux sur vous. Vous $ dira : “Is ont barré aux
erez de ceux dont on Allemands Ja route de Verdun !”
J. Jorrre.
6 mars, 1916.
—Journal des Débats, 9