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LE PAYS DE L'ARGANIER

gens, autre sol, autre flore, autre climat, nous entrons ici dans une région naturelle très distincte de la précédente.

Nous voici au Souq ets Tsenîn, marché du lundi, dans la tribu des Ida ou Zcmzem, une des douze tribus qui composent la population des H'àh'a (1 ) : là — nous y faisons une petite halte — là, est le marabout de Sîdi Brahîm el Qâd'i. Il y a une mosquée et une grande zaouia qui contient, nous dit le fqih, c'est-à-dire le professeur, juscpi'à cent étudiants (pi. XXXI, fig. 60). Ce fqih est un homme fort aimable et son visage fait plaisir à contempler après les figures revêches des Mtoûgga.

Le pays ne cesse pas d'être montueux, mais la montagne est facile à la marche. Le territoire est très cultivé, les orges et les blés balancent leurs épis mûrissants sous les arganiers ; l'olivier et l'amandier forment aussi de beaux massifs, mais les arganiers surtout couvrent le littoral du pays des H'àh'a et lui donnent son caractère.

Ce sont de gros arbres épineux, couverts en cette saison de baies verics ou jaunâtres à maturité ; leur tronc est divisé et leur feuillage parait sombre ([uand on vient de contempler la frondaison claire et soyeuse des oliviers, et le feuillage vert tendre des amandiers. Les uns sont d'une belle venue avec leur fronde en forme de boule ou de cliarapignon ; d'autres ont un tronc oi)li(iue, les branches gauchement divisées et des silhouettes irrégulières.

A dix heures vingt, nous avons à gauche les Ait ou

(I) Voir l'npprru (l(îscriiUif dos Il'Ali'a dans ?>i'.GOszii.z, Au cœur de V Allax,\n\.

Akrîn qui sont, nous dit-on, d'origine romaine ! On sait que les tribus qui prétendent avoir pour ancêtres des Romains sont nombreuses dans l'Afrique du Nord et il est d'ailleurs reconnu que ces prétentions ne reposent sur aucun fondement. Voici maintenant vingt minutes plus tard Soumir'ouren sur notre droite ; nous traversons ensuite un petit ravin et à gauche, au loin, nous apercevons la coupole de Sîdi Moh'ammed ou S'âlah'.

A onze heures vingt nous descendons dans un grand fond; sous les hauteurs à droile, se trouve une h'aouit'a en pierre ; nous sommes maintenant dans les Aït Zelten : il y a ici un puits et, à cinquante mètres de là, nous traversons le lit rempli de lauriers-roses d'un oued desséché. A midi enfin nous atteignons le sommet sur lequel est bàtiDar oulBihi : sur un autre sommet à droite est le marabout de Sîdi Lah'sen ou 'Ali.

Ces montagnes sont couvertes de belles moissons, au milieu desquelles se dresse la maison qu'habitent des serviteurs de l'ancien caïd. Le maître de céans nous fait un accueil empressé; il a jadis connu Si T'ayeb et ils se parlent comme de vieilles connaissance : Dieu seul sait quel brigandages ils ont dû commettre jadis ensemble! Si T'ayeb donne une haute opinion de notre rang et de notre personne à notre hôte ; aussitôt celui-ci nous envoie quarante œufs, douze poules, trois pains de sucre, du miel, du beurre et du couscous ; toute ma caravane est dans la joie

Men ouddek het' l'a' aàm ouddou bel mâkla, « celui qui te fait l'amitié de t'oiîrir à manger, fais-lui l'amitié de bien

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