‹ En tribuChapitre 101 sur 161 · PI. XXXI · texte numérisé non relu

PI. XXXI

IMG. M. - l.>- argauicr. app-uaisM.,,! : nous quittons les Mloù-g.> pou,- Il's ll'àli'a {[i. itJ8;.

LE CAID BIHI 271

manger », dit Si T'ayeb en s'asseyant pour faire honneur à son repas. Bon Si T'ayeb, nous allons le quitter bientôt ! Depuis un mois il nous a servis avec fidélité et délicatesse. Ce n'était pas un mkhazni du Makhzen de Marrakech, car nous ne l'aurions pas emmené avec nous, mais un mkhazni au service spécial du caïd du Goundâfi. Je le reverrrai toujours avec sa figui^e finaude et ses mèches de cheveux sur les tempes, ou nouâder qui ressemblaient à des anglaises et lui donnaient l'air d'une bonne femme. Patient et avisé, il savait les paroles qu'il faut dire et celles qu'il faut éviter [il est mort quelques années après ce voyage, à Marrakech^.

Le pays que nous avons traversé ce matin est agréable ; il est très accidenté, mais sans escarpements fatigants et il plaît par sa variété ; des surfaces cultivées nombreuses, semées d'arganiers, et aussi d'oliviers, alternent avec les garrigues que hérissent le palmier nain et le jujubier; l'œil ne se lasse pas du paysage. Cîia([ue fois ([ue Ion franchit une cime, la grande brise de l'Océan apporte sa fraîcheur réconfortante, en même temps qu'elle agite en vagues sans fin les épis dont le bruissement est doux h l'oreille.

Le caïd Bihi était un puissant seigneur ([ui avait étcnchi son autorité sur tous les Il'àh'a. Il y a sur sa générosité d'interminables légendes; d'autres disent, au contraire, qu'il opprimait affreusement le pays; ces deux choses, du resle, se conciHcnt fort bien. Sa descendance est aujourd'hui complètement éteinte.

Dar ould Bihi, dont nous partons à deux heures, n'c>l pas au point culminant de la région; celui-ci se trou\e un peu

plus loin, il est marqué par une autre maison que le cheikh Bihi avait fait construire là et qu'on appelle Dar Ah'mâch; nous y sommes après une demi-heure d'une marche lente. Au sommet, par les beaux temps, on aperçoit d'un côté Agadir Ir'ir, la Santa Cruz du cap d'Aguer des anciens Portugais, et de l'autre Mogador, mais aujourd'hui le brouillard nous empêche de voir au loin. A notre droite, sur un haut contrefort se dresse le tombeau de Sidi R'âlem : les dénivellations du terrain deviennent plus prononcées, l'amandier se fait rare, tandis qu'à perte de vue Targanier parsème de ses taches sombres la montagne jaunâtre.

Des troupeaux de chèvres se nourrissent des baies qui sont tombées ; elles montent dans les arbres les plus inclinés pour y chercher le fruit dont elles sont friandes. Elles n'en digèrent naturellement que l'enveloppe molle, et le fumier de leur étable est parsemé des noyaux qu'elles ont rejetés. Les H'àli' a recueillent ces noyaux et les joignent sans répugnance à ceux que l'on a préparés pour en retirer l'huile, profitant ainsi de cette décortication physiologique.

Nous devrions ici parler plus longuement de l'arganier, ce curieux représentant de la famille tropicale des Sapotées, qui est exclusivement confiné dans le Sud-Ouest du Maroc. Il est d'usage en effet pour tout voyageur dans le Maroc méridional de consacrer un paragi'aphc à l'arganier, en sorte que la bibliographie de ce végétal est extrêmement chargée, sans en être beaucoup plus instructive pour cela (1).

(d) Il faut lire surtout Gentil, Expl. Maroc, p. 361. Etlm. Perrot a rassemblé la pliipiirt (les (lociiiiicnls antérieurs et y a ajouté de nouiljruux faits nouveaux

Page 1