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LA BONNE FOI BERBÈRE

Niknâfi, qui nous conduira malgré le caïd, mais il se cachera pour partir. Comme nous émettons la crainte qu'il ne tienne pas sa parole, Si T'ayeb nous rassure : la bonne foi des H'àli'a, dit-il, est connue. L'ad'em eç çeli'ih' ma itlierres, c'est-à-dire : « l'os solide ne se rompt pas » .

Nous nous levons à cjualre heures, sans bruit, on selle en hâte et nous prenons rapidement le chemin de Mogador : à cent môtres de Iti un homme sort de derrière les arbres, petit, mais solidement bâti. C'est mon guide, il marche à pied, comme tout bon Nikuàfi, el, le fusil sur l'épaule, il va me rendre gaillardement à Mogador (pi. XXXIII, lig-. 04). Il est juste cinq heures moins le quart, nous contournons le ravin que nous avons monté la veille, parmi des escarpements, des rochers couverts d'arganiers et bionlùt nous dominons Dàr Ould Anfloûs.

A cinq heures nous apercevons l'oued à notre droite et nous passons près de la fraction Embàrek Zcman. Une remarcjue que de Foucauld a faite, que nous avons déjà vérifiée et que nous vérifions encore ce matin tout le long' du chemin, c'est que chez les HTdi'a, et surtout dans cette région, les maisons ne sont pas agglomérées; elles sont isolées, et bien que réparties en communautés ayant leur autonomie, elles ne forment pas de village compact.

Plus que jamais, le [)ays est couvert de ruines, nous traversons un petit oued et nous voici dans les relcm jonciformes ; à ciii([ heures vingt, Id ou Akchoch est à notre droite et au-dessus de nous ; en aval, est le marabout de Sîdi Moli'anuned beu Sâïh' : nous ne cessons de monter

et de descendre, et cette route est très fatigante, car nous la faisons à une allure de six kilomètres à l'heure, ce qui est une forte marche dans ce pays montagneux, à travers l'inextricable réseau des ravins. Toute notre chevauchée de ce matin sera à cette allure accélérée ; car, si dans les Ida ou Gord', la montagne fait place à la plaine, c'est une plaine sablonneuse où la marche est aussi malaisée.

Voici que nous quittons les retem pour entrer dans la forêt d'arganiers, avec un tapis de palmiers nains; c'est encore une khelû; on nomme ainsi tous les vastes espaces incultes et inha])ités. A notre gauche s'étend le territoire des Ida ou Icern (Içâren) ; les montagnes y sont assez élevées, couvertes par des arganiers immenses qui forment ici une vraie forêt, au sens européen du mot. A six heures quarante nous rencontrons une roche mélaphyrique verte, en rapport avec des affleurements d'argiles roses et rouges : ça et là brille une hématite manganésifère noire (1). Le chemin par ici est étrangement coloré de tons roses, violets, verts : ce bariolage décèle la présence du trias.

A sept heures moins cinq, voici Id ou Njer, puis Id ou Kajer, et Dar Chikh Ah'med, un borj flanqué d'une haute tour, comme cela est l'habitude du pays: c'estun,i(jrfic?//'(2). Des montagnes incultes et pierreuses, recouvertes de beaux arganiers bornent toujours l'horizon, mais à sept heures vingt nous apercevons l'Océan, et quelques instants

(1) Cette roche a été déterminée sur nos échantillons par M. Brives qui a été plus lard explorer la région.

f2) Suprà, pp. 50-51.

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