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DISPERSION DE L'HABITAT

après nous sommes à kl 'Ali et la vallée devient cultivée. Un quart d'heure de marche nous mène aux Ait Bah 'si, puis à huit heures nous sommes à la limite qui sépare les Niknâfa des Ida ou Gord' : à cette hmite se trouve un gros tas de pierres (1).

Nous descendons rapidement en plaine ; les Ida ou Gord' tiennent celle-ci tandis que les Niknâfa possèdent la montagne. A huit heures un quart, Id La'oûni : nous marchons toujours dans la forêt d'arganiers ; quelques-uns sont gigantesques (pi. XXXIII, fig. 63), jaunes ; dix minutes après nous avons délinitivement quitté lejbel (pi. XXXIV, fig. 66): à huit heures et demie nous passons à Id our Rah'îm.

Les maisons par ici sont de plus en plus dispersées dans la forêt d'argan et l'on ne sait pas quand on passe d'une commune ou jmâ'a dans une autre. Il faut toute la connaissance du pays qu'a mon guide pour pouvoir les nommer les unes après les autres. Cette dispersion est d'autant plus remarqual)le c[ue le pays est néanmoins bien peuplé : il suffit en effet de noter les heures que nous venons de donner en les comparant à la vitesse de notre marche pour voir que les jmiia sont en moyenne éloignées de moins d'un kilomètre les unes des autres. Noua avons déjà dit que ce n'est pas pour affecter une précision topographique illusoire que nous donnons notre horaire, mais pour mieux fixer les idées : le présent exemple est la prcuvç que cela n'est pas inutile (2)...

H; Sur les tas de pierres limites, voy. Merrâkech, I, p. 60.

^2) Cf. SHp;vi, |). iO.

A huit heures quarante, Id ou Qerm et aussitôt a})rès Id ou Bîhi ; à neuf heures moins cinq, Id el Bêz ; par ici nous commençons à rencontrer de nombreux criquets, vulgairement appelés sauterelles. A Ez Ziâti vers neuf heures cinq, il y a toujours des criquets ; nous traversons ensuite quelques petits accidents de terrain dans lesquels ils pullulent, et vers neuf heures vingt-cinq nous sommes près de H'amouâri qui est sur notre gauche, tandis que Aslaoui est sur notre droite. Là nous rencontrons des indigènes qui cherchent à se défendre contre l'invasion : ils effraient les criquets en agitant leurs vêtements et dirigent petit à petit l'insecte dévastateur vers des fosses où ils le noient.

A neuf heures et demie nous sommes à la zaouia de Sidi ' Abderrah'man ben Moûça et vingt-cinq minutes après, nous passons entre Id' Abd el Mebârek à gauche et Ait' At't'âb à droite. Dix minutes après, le terrain devient sablonneux et semé de gros cailloux, un peu plus tard le sable domine et c'est presque de la dune que le retem et le calycotome (pi. XXXIV, fig. 65) disputent àl'arganier, puis les cailloux se montrent de nouveau dans une khela inculte où nous cheminons maintenant.

Ces khela sont le charme de la route. Elles disparaîtront le jour ou, suivant l'expression consacrée, nous mettrons en valeur le Maroc. L'homme détruit la beauté des monts etdes plaines, il tarit les sources de l'art et de l'inspiration ; par une aveugle folie, pour augmenter sa richesse, il dissipe les trésors de la nature. Les nations européenes, pour sauver

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