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CLIMAT DE MOGADOR

à Mogador el dans ses environs immédiats, ne mûrit pas, faute d'une quantité annuelle suffisante de chaleur, même dans les endroits les mieux exposés et lies phis ensoleillés, et cela par trente-deux degrés de latitude !

Après le quinze septembre vient le régime d'hiver : alors le vent se fait plus variable, mais vient généralement des régions occidentides d'où il souflle de temps à autre en teml>ête. Seulement le vent d'hiver, sauf les jours de tempête, est moins fort que le vent d'été, en sorte que, bien que la température soit légèrement plus basse l'hiver que l'été, on a souvent pourtant l'impression qu'il fait plus chaud.

Le climat du littoral des H'âh'a se prolonge dans le sud de la côte atlantique et jusque sur le littoral de la Mauritanie. Au Rio de Oro, nous raconte M. Riggenbach, un habitant de Mogador qui a séjourné dans cette colonie espagnole, il souffle violemment pendant l'été sur le fort et lafactoi'eric espagnole, seules constructions de ce pauvre pays. Le vent y stérilise le sol cl arrête toute végétation, la pluie ne tombe presque jamais et cette colonie semblerait dépourvue de tout avenir, n'était l'abondance des poissons sur les côtes, qui offrent ainsi des pêcheries d'une exceptionnelle importance (1).

La « Riviera marocaine » ne détrônera [)as la < côte d'Azur » ! La situation désolée de Mogador que la incr entoure souvent tout entier, au niilicii de sables ofi on ne léussit qu'à grand'peinc à cntretenii' <lc maigres polagci's nCsl

(i) Voir l'intéreHsant récit que M. Riggenbach a donné de son séjour dans les Novilates zoolotjicw, vol. X, août d903, pp. 280-2.9-4, et pi. VI.

guère agréable. L'humidité du climat qui détériore la plupart des objets mobiliers est défavorable à l'organisme et présente, considérablement exagérés, tous les défauts du climat d'Alger, si séducteur d'ailleurs, mais qui a valu aussi tant de cruelles déceptions aux valétudinaires. La constance enfin de la température, jour et nuit, été comme hiver, est déprimante pour l'esprit même ; et l'Européen qui habite Mogador éprouve, au bout de quelques années, un inéluctable besoin de sentir les réconfortantes variations de température de son pays natal.

Si une station climaticpie devait se fonder là, c'est à quelques kilomètres dans l'intérieur qu'il faudrait la créer, à la limite du climat marin et du climat continental, chez les H'âh'a au doux visage, dans le pays accidenté de l'arganier.

19 Septembre. — Nous ([uiltons Mogador à deux heures vingt de l'après-midi, en suivant vers le sud le monotone chemin du bord de la mer, sous le vent du nord-est, violent, salin et humide, au bruit de la mer qui brise éternellement (1). La marche sur le sable est pénible, mais ce chemin est préféiable pour les chameaux et les mulets à la route (jui longe la côte à quelques kilomètres, car celle-ci est très caillouteuse.

Après deux heures de marche, nous sommes à l'endroit d\[EI Ma l h'iou, c'est-à-dire « l'eau douce» : il y a ici (juelques inliltralions d'une eau (pii n'est pas saumâlrc et l'on peut trouver à se désaltérer rien qu'en creusant le sol. A cet endroit nous quittons le bord de la mer, et nous voici dans des sols atrocement pierreux, dont les retcm consliluenl rinii(|iie végétation. Puis c'esl le Ihuya, ici .hinipcrus pluv-

0) Voyage effectué en 1902.

nicea, L.,le taggade» indigènes, qui se mélange aux grands l'etem arborescents, et à cinq heures et demie nous sommes en vue de Sidi H'errâz : là, se trouvent des touffes de retem auxquels on a fait des nœuds votifs (1) en l'honneur de Sidi H'errâz. Nous plantons notre tente avec mille difficultés, car le sol sablonneux et mouvant retient mal les piquets.

Nous essayons d'obtenir quelques renseignements sur le saint, dont le sanctuaire est très fréquenté, mais Sidi H'errâz n'a pas d'histoire. Tout ce qu'on peut nous dire de lui, c'est que c'e«t un des sept premiers Regrâga qui vinrent, d'après la tradition, évangéliser le pays (2). Sîdi H'errâz n'a point eu, paraît-il, de descendance et un moqaddem , nommé par le caïd, est préposé au sanctuaire, autour duquel sont groupées quelques maisons, au milieu de la maigre végétation des retem. Les deux seuls arbres du pays sont deux malhcm^eux tagga rabougris et déjetés par le vent qui souffle continuellement sur ce pays.

C'est une habitude des caïds de mettre des gens de leur parti comme moqaddem auprès des tombeaux des saints, et cette manière de caser leurs créatures provoque souvent des protestations. En effet, les moqaddem, en pays indépendant, se transmettent hahituellement leurs fonctions de père en fils; en mainte occasion, il est amvé qu'ils supplantaient, comme gardiens et comme bénéficiaires des revenus du sanctuaire, les descendants même du saint. D'autre part, il y a des sanctuaires où le saint n'a pas laissé de dkîscendance,

(1) Voy. fig. 21, in Merrdkech, I, p. 90.

(2) /«//'à, pp. 360-361.

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