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LE FORT « PORTUGAIS .. DE MOGADOR

clichc photograi)hiques qui s'y rapporlaienl. D'autre part depu ; cette époque, la mer a complètement détruit le fort. Con ne nous avions tiré de nos clichés des épreuves et que nou ne pouvons nous hasarder à reconstituer le plan de mé loire, nous donnons ici la reproduction de nos épreuves (p) XXXIX-XL, fig. 75 à 78).

/ Si imparfaite que soit ainsi la représentation que nous en d' inons, elle nous semble suffisante pour conclure que rien n prouve que ce fort ait été bâti par les Portugais ; et nous ( ivons ajouter que, dans les textes que nous avons compul- ' is, nous n'avons pas trouvé non plus de passages venant

l'appui de cette hypothèse. Le fort serait donc simplcnentde construction musulmane.

Les indigènes de Mogador ne gardent aucun souvenir précis de la domination portugaise et ils ne sont même pas d'accord, bien loin de là, ])our soutenir que le fort est portugais. Il n'y a pas à accorder à ceux qui fournissent cette indication plus de foi qu'à ceux qui nous ont donné pour portugaises maintes et maintes ruines de rintéricur. La domination portugaise dans cette j)artie de la côte marocaine est un fait beaucoup trop ancien pour que le souvenir ait pu s'en perpétuer autrement fpie d'une façon très vague. On sait cpie la mémoire des laits histori([ues ([ui no sont pas fixéspar la littérature, soit populaire, soit savante, se perd au bout de quelques générations (I).

Le souvenir du bombardement de Mogador par les

(1) Van Gennep, Form. des lêyendes.

Edm. OouttÉ. — Missions au Maroc.

35i LES DÉBRIS DE L'EMPIRE PORTUGAIS

Français, qui est beaucoup plus récent, s'est au contraire très bien conservé. Le grand nombre de boulets que Ion trouve aujourd'hui dans la ville est là pour en perpétuer la mémoire et une poésie encore très connue sur le bombardement de Mogador est connue non seulement des chanteuses de profession, mais aussi de beaucoup d'autres Mogadoriens.

Nous eu donnons ici la traduction ; mais, pour la comprendre il est nécessaire de connaître un incident de l'affaire de Mogador auquel le poète fait allusion. Il y avait dans la ville à cette époque un canonnier renégat qui avait dissuadé les Musulmans de résister aux Français : on ne voulut pas suivre son avis. On lui annonça qu'il fallait tirer sur l'escadre française: la religion du Prophète, ajoutait-on, devait forcément triompher malgré le mauvais état des batteries. 11 répondit : « Bel iqâma ouUa bla iqâma? » c'est-à-dire « avec des munitions ou sans munitions?» Il faisait par là allusion à la médiocrité des approvisionnements en poudre et en projectiles ; mais la foi veut des miracles ; on lui répondit qu'il n'était pas encore complètement musulman ; alors il déclara qu'il tirerait. 'Omar el 'Eulj, c'était le nom du renégat, était un pointeur redoutable; aussi les Français avaient grand peur de lui et ils le visèrent avec un soin exceptionnel : ils lancèrent pour Tatteindre trois boulets convergents el 'Omar eut la tête emportée !

« Voici un jour (terrible) que nous avons passé avec les frégates. — Les boulets et la mitraille montaient vers le ciel. — Les Musulmans se mouraient d'angoisse. — La

V\. XWIV

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