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I*IG. 77. — Esplanade du fort H portugais »
côté sud (p. 353).
l'"iG. 78. — Enlrco du Im l « portugais » : au Inud Dar es soult'ûii (p. 3'j:',,.
HÂHA ET CHIADMA 357
« Mais après (le départ des Français), les Chiâd'ma entrèrent, — La nuit du samedi (c'est-à-dire du vendredi au samedi) et firent ce qu'ils voulurent : — Les filles et les femmes sont restées étendues. — 0 mon Dieu délivrez-nous de cette calamité ! — Oh que cet événement fut sinistre ! — Le feu s'alluma dans les portes (1), — Et aussitôt les ennemis (les Chiâd'ma) sont venus. — Ils firent ce qui leur plut, sans obstacle. — 0 mon Dieu, envoie-nous la délivrance du haut de ton ciel ! — Dieu te préserve, ô peuple de bonne mesure ! — Tu as délivré Juifs et Chrétiens (2) : — N'est-ce pas Dieu qui t'a fait notre libérateur? — Dieu le délivrera au cours du désastre (la fin du monde). »
Ces derniers vers montrent clairement que la chanson a été composée par un poète juif ou au moins qu'un Juif y a
ajouté la conclusion.
25 Mai. — Mogador est siluée presque à la limite des H'âh'a et des Chiâd'ma, mais de ces deux populations, aujourd'hui bien distinctes, les secondes ont été islamisées plus rapidement et plus profondément que les premières. Toutes deux étaient autrefois, du temps de Léon l'Africain, par exemple, confondues sous le nom de Il'àh'a, dont les Chiâd'ma n'étaieni (ju'unc l'raclion. C'csl pourcpioi la porte de Mogador, qui donne accès vers les régions septentrio-
(1) Les Chiâd'ma brûlèrent les portes de la ville.
(2) Juifs et chrétiens soumis aux musulmans. L'aposlropiic s'ailn's.se ù la France.
nales de la côte atlantique, est appelée Bab Doukkâla : les Doukkâla étaient à cette époque considérés comme les voisins des H'âh'a. Aujourd'hui les Ghiad'ma, constitués en groupe social indépendant séparent les deux peuplades jadis voisines. Les Doukkâla continuent à fournir Mogador d'un certain nombre de denrées telles que le blé, le beurre, le savon...
Près de la porte de Doukkâla se trouvent deux tours, en parties ruinées, que l'on nous donne comme portugaises, mais dans lesquelles il est facile à reconnaître d'anciens moulins à vent qui semblent avoir été établis là par les musulmans : Mogador, avec son alizé qui souffle pendant des mois en rafales, est un pays propice à rétablissement de moulins à vent.
Il est huit heures quand, ayant dépassé le cimetière juif dont les dalles funéraires blanches brillent au soleil, nous commençons à suivre le bord de la mer au pied des dunes. Rien n'est plus monotone que la vue de ces étendues de sable fauve qui laisse seulement percer çà et là quelques roches de formation moderne, des conglomérats, des bancs d'argiles coquillcres. Cependant notre route se poursuit sous le soleil ardent, que tempère une brise fraîche, entre les dunes rouges et la mer bleue.
A neuf heures trente, nous serrons de près leJbelH'adîd, la « Montagne de Fer », aux arêtes rocheuses et durement rectilignes, aux (lancs boisés d'arganiers de couleur sombre. Nous croisons successivement le reqqâs' anglais et le rcqqas' espagnol, c'est-à-dire les courriers qui apportent à