‹ En tribuChapitre 129 sur 161 · PI. XLII · texte numérisé non relu

PI. XLII

■'iii. SI. — Nous apL'i'covoiis au loin k' iiiiiiarcl cl les imnail d'mic côK'bie casba en niiiios (p. 'Ml).

l'iG. H'I. — • La casba csl d'ulliirc; sclyiu'iuialc {[). Ml).

LES REGRÂGÂ 361

connaissait le contenu de la lettre craignit qu'en communiquant le contenu de cette lettre à ses compagnons ils ne s'entendissent pour consommer sa perte. Alors il creusa un trou en terre et il enterra celle-ci.

Lorsqu'ils arrivèrent dans la plaine d'Aqermoud', tous s'arrêtèrent car c'était là le lieu que Mahomet leur avait assigné pour ouvrir la lettre. Mais Sidi Ouasmîn ne pouvant plus la présenter, déclara qu'il l'avait perdue, « probablement, dit-il, à tel endroit ». Ils revinrent alors sur leurs pas mais ils trouvèrent qu'à l'endroit indiqué par Sidi Ouasmîn s'étendait un grand lac salé, aujourd'hui le lac de Zîma qui n'existait pas quelques jours auparavant et qui devint par la suite une des plus riches salines du Maroc et une des plus grandes ressources du pays.

Devant ce miracle les six compagnons de Sidi Ouasmîn le reconnurent définitivement comme chef et lui décernèrent le titre de Sultan des Rcgrâga : alors ils se mirent à convertir les peuples à l'islamisme et fondèrent les zaouia qui existent encore aujourd'hui.

Les Rcgrâga sont disséminés dans tous les Ghiad'ma et aussi dans les Il'âh'a qui reconnaissent leur suprématie religieuse : mais ils sont moins nombreux et moins exclusivement inducnts dans les Il'àh'a ({ue dans les Chiàd'ma. Sur le territoire de ces derniers, ils organisent tous les ans des tournées pieuses au cours desquelles on visite tous les marabouts du pays. Les Miisuhnans viennent de fort loin à ces tournées dont l'itinéraire est tracé de telle façon ([ue la caravane des pèlerins visite deux fois Moulaye Bou

Zerkhtoûn, qui en a pris le nom de Moûlâ Doûrîn.

A onze heures et demie, nous commençons à monter et nous nous engageons dans le Jbel ; le pays rappelle encore celui des H'cîh'a. Nous voici au fond d'une vallée qui descend vers Moulaye bou Zerkhtoûn : il y a là des petits arganiers et un certain nombre de caroubiers, arbres que nous voyons pour la première fois dans notre voyage, tandis que quelques palmiers font l'ornement de cet endroit qui s'appelle Mel' Aioûn (oumm el âioûn) el fouqaniya. Uneheure après, nous dominons une vallée bien cultivée, plantée de maïs vert, qui égaie la vue en cette saison : çà et là des palmiers élancent leur silhouette.

Nous traversons cette vallée, puis, nous ravisant, nous rebroussons chemin et nous revenons de l'autre côté; il y a là un 'azîb de la Zaouia de Sidi Ouaç'el; c'est une petite ferme habitée par des marabouts de l'ordre du célèbre chérif d'Ouezzân, appelés dans cette région du Maroc Touhàma et plus connus de nous sous le nom de T'ayibiya. Nous avons dans notre portefeuille une lettre générale du chef de la Confrérie, adressée à tous les fi'ères de son obédience et leur prescrivant de nous réserver un accueil bienveillant.

Les T'ayibiya ont de l'influence dans cette région du Maroc et beaucoup d'indigènes, que nous avons interrogés à leur sujet, professaient pour eux une grande vénération; quelques-uns môme auxquels nous avions montré la lettre que nous avions obtenue du chef de la Confrérie, nous ont

(1) Cfr. Sego.nzac, Au cœur du Maroc, in /., détail des zaouia des CiiiAd'ma.

PI. XLIIl

FiG. H'i. — • Souiia Qadima est cii parlie ensablée par les dunes (p. 374).

iMii. 84. — l.a Inih'ivsM' sa\aiiic siii' les nxlin- (|iic liiillml cunl iiiij.ll.'iiirnl lus floU (p. 373;.

Page 1