HOSPITALITE DE ZAOUIA
déclaré qu'elle nous donnerait des facilités exceptionnelles. Notre vieux mokhazni du Goundafi, lorsqu'il la vit, regarda avec respect le cachet du Grand Maître, qui a, comme on le sait , la forme du sceau de Salomon . Il prit la lettre pieusement à deux mains, il la baisa fort et l'appliqua ensuite pendant quelques instants contre son front.
Hélas ! une déception pénible nous attend, car l'accueil qui nous est fait est très peu empressé ; on nous laisse dans la cour près d'un quart d'heure pendant lequel nous entendons à l'intérieur ces personnages maraboutiques parlementer entre eux. Enfin on nous mène dans une petite chambre, où nous jugeons prudent de déjeuner au plus vite avec nos propres provisions.
Lorsque nous annonçons que nous allons repartir de suite pour continuer notre voyage, le chérif du 'azîb, après s'être assuré auprès de nos hommes que telle est bien notre résolution, nous invite à rester quelques jours chez lui. Il avait l'intention de nous offrir un repas; si nous voulions rester seulement une journée, il est bien certain que les saints du pa} s no-.is retiendraient encorependant deux autres, m?.ic nous déclinons cette invitation, trop tardive pour n'être pas suspecte, et nous quittons le 'azîb des Touhâma un peu avant trois heures.
Nous laissons à droite, au fond de la vallée, 'Ainel Il'ajar près de la Qoubba de Sidi'Ah bcn Uah'mou, pour nous engager dans la forêt d'arganiers et de thuyas qui couvre les lianes de la montagne. Fhis d'une heure a[)rèsnous sommes à Sa'àda ; sous ce nom il ne faut i)as eniendrc un village
aggloméré : ici comme dans les H'âli'a, toutes les maisons sont éparses au milieu des champs, en sorte qu'il est impossible de repérer exactement sur une carte la place d'une dechra. Il existe bien des noms pour chaque groupe de quelques bâtiments, seulement ils répondent non pas à des dechra, mais à des groupes familiaux ; leur très grand nombre est cause qu'ils ne sont connus que des gens du pays. Cela explique que des voyageurs aient vainement cherché à retrouver comme villages des noms portés sur des cartes et qui ne représentaient que des groupes non agglomérés; c'est ainsi qu'un explorateur marocain n'a pas pu retrouver Bon Rîqi dans les H'âh'a, bien que cette expression désigne un groupe social et un territoire qui ne sont pas imaginaires.
Dans le Sa'.àdales habitants s'abritent non dans des maisons, mais dans des tentes ou des huttes cylindro-coniques, nouâla et kheïma, qui sont mélangées. Ils prétendent que Sidi Ouasmîn, le grand marabout des Regrâga qui se trouve sur leur territoire, s'oppose à toute construction de maisons et que, si quelqu'un en veut édifier une, elle tombe en ruines de suite, en sorte qu'ils n'arrivent pas à la terminer. La vérité est que nous avons sous les yeux une population primitivement nomade, arrivée dans le pays depuis quelques siècles seulement et qui ne s'est pas encore fixée. Elle témoigne de l'arabisation de cette partie des anciens Il'àh'a qui est devenue la peuplade des Chiâd'ma.
La hutte cylindro-conique en roseaux ou en broussailles est chissicpic au Maroc chez les populations demi-no-