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PI. XLVI

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Imo. 'JD. - 1.1

L'EMBOUCHURE DU TENSIFT 37i

dix, nous passons près de quelques nouâln appartenant aux Doumiya ; et dix minutes après nous sommes au marabout de Sidi Embâreck.

Bientôt nous apercevons au loin le minaret et les murailles d'une célèbre casbaen ruines que l'on appelle casbade H'mâïddoùch(pl. XLII, fig. 81); cette casba, entourée d'un fossé, est d'allure seigneuriale (pi. XLII, fig. 82) : il est dans nos projets de la visiter.

Elle s'élève à l'embouchure de l'Oued Tensift comme une forteresse avancée, destinée à s'opposer aux entreprises des Portugais. La position qu'elle occupe dut avoir toujours une grande importance, car là se jette dans la mer une des plus grandes rivières du Maroc. Il semble que le port de Qoûz, dont parle El Bekri, géographe arabe du onzième siècle, se trouvait précisément près de cette embouchure.

Nous nous détournons de notre chemin pour faire une visite à la casba ; c'est, nous dit un habitant du pays, une demeure des Mouloûk Sn'ndiya, et ce n'est que plus tard qu'elle fût habitée par un caïd nommé H'maïddoûch (1). On attribue volontiers dans le H'oûz toutes les ruines anciennes qui sont évidemment musulmanes, aux Mouloûk Sa'adiya, c'est-à-dire aux princes de la dynastie Sa'adienne, de même que l'on attribue toutes celles dont le caractère islamique n'est pas apparent aux Portugais. Il serait plus vraisemblable de dater cette casba de l'époque de Moulaye Ism'aïl : l'allure générale du monument, la forme des canons qui

(1) On entend dans le dialecte les formes AIi'maï(ldoû(ii,H'maîd(I(jiicIi,H'ammaldoûcti.

gisent encore sur le sol, conlirmcraienl cette hypothèse.

A quatre heures moins dix nous traversons la rivière tout auprès de la casba et, sur l'autre rive, nous nous dirigeons rapidement vers l'embouchure du fleuve ; au-dessus de nous est la coupole de Sidi Sa'îd ben T'aliàriya. A dix heures cinq, nous avons en vue celle de Sidi ben H'açaïn, située de l'autre côté de l'eau. Sur cette même rive, en face de nous, nous apercevons au loin de nombreuses maisons : elles font partie de l'important domaine de la Zaouia de Sidi H'açaïn Moùl el Bàb, tenue par des marabouts Regrâga.

Cette région de l'embouchure de Tensift est constellée de sanctuaires marabouliques; les coupoles blanches y sont innombrables ; cependant la vénération que l'on a pour les chcrifs semble moindre. Les Regrâga qui ont la domination religieuse des pays que nous avons traversés sont des marabouts d'origine berbère et ne sont pas en conséquence des chérifs ; ils nourrissent très peu de sympathie pour ceux-ci, car ils forment une aristocratie très fermée et sont en matière religieuse très exclusifs.

Le sol que nous foulons a été le théâtre de luttes nombreuses entre les Chrétiens et les Musulmans au seizième siècle, à la grande épocjue de la Henaissance religieuse du Maroc. C'est ce qu'indi([iic peut-être le nom de Sidi H'açaïn Moûl el Bâb, c'est-à-dire « le Maître de la Porte », la porte du Sud Marocain probablement.

Le pays de Sidi H'açaïu est une terre sacrée : il s'y trouve des sanctuaires très [)rimitirs et l'on pourrait sans

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