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SOUVENIRS DES PORTUGAIS A SAFFI

d'essences odoriférantes et des hachis de bœuf au vinaigre : nous eûmes beaucoup d'agrément dans sa conversation.

Nos promenades dans Saffi, nous donnent l'occasion d'observer les vestiges imposants de la domination portugaise. C'est d'abord la casba, dont les grandes murailles crénelées portent encore des écussons et des armes portugaises ; nous remarquons aussi de petites échauguettes parfaitement conservées. Saffi, du temps des Portugais comme Mazagan, n'avait probablement qu'une porte située dans le ravin sur le flanc duquel est construite la ville : cette porte existe encore (pi. L, fig. 98), car la porte delà ville musulmane a été construite ultérieurement et à un autre endroit du ravin.

On montre encore un mur situé le long de la plage, et construit en belles piérides de taille sur lesquelles se trouvent différentes marques d'architectes. Il y a aussi une pierre sur laquelle est grossièrement sculpté un poisson (pi. LII, fig. 102) et une autre qui porte une croix portugaise, (pi. LI, fig. 100).

En faisant le tour de Saffi, nous passons près de deux célèbres marabouts juifs, dont l'un est connu sous le nom de Rebbi Brahàm Soult' an et dont l'autre est le sanctuaire des Ouled ben Zmirrou (ou Jmîrrou). Tous les deux sont de petites maçonneries carrées cl blanches; au dernier est attenante une enceinte qui conlicnt des lombes. Ces sainls juifs sont fameux dans tout le ÎNlaroc cl les Juifs y viennent de 1res loin (pi. LII, lig. ICI).

A notre retour chez Lalou/, sa bru, une juive de Sidi

Rail' h' âl, nous raconle la légende des Ouâled ben Zmirrou, car elle porte un intérêt spécial au culte de ces saints : elle est d'une région du Maroc dans laquelle les marabouts juifs sont très répandus et sont l'objet d'une fervente dévotion (i).

Les Ouled ben Zmirrou étaient sept frères qui vivaient ensemble, ils demeuraient au rez-de-cbaussée d'une maison de Saffi, où ils étudiaient et priaient. Un jour, une espagnole, maîtresse d'un Portugais qui demeurait au-dessus d'eux, crut les entendre parler très fort ; alors elle descendit au rez-de-cbaussée et trouva les sept rabbins en train de lire dans des livres.

A sa vue, ils disparurent par une porte : lorsqu'on ouvrit cette porte, on trouva un grand bassin d'eau. A cet endroit, ils s'étaient enfoncés dans la terre. Depuis cette époque, le Portugais, qui était un simple journalier, devint immensément riche et ses héritiers vivent encore à Madère.

Pendant plusieurs années, on ne parla plus d'eux et l'on finit par les croire définitivement perdus. Or, un jour, on trouva à l'endroit où est actuellement leur sanctuaire, une pancarte disant qu'ils étaient là, sous terre. On leur bâtit alors le petit oratoire que nous avons vu. Depuis, ils firent de nombreux miracles, dont voici un exemple :

El H'àjj 'Abdelqàdcr était un enfant paralytique : sa mère résolut de l'abandonner et elle le descendit au moyen d'une corde dans un panier, par dessus les remparts, puis l'abandonna sur le chemin, en face du sanctuaire des Ouled

(1) Suprâ, p. 208.

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