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PROSPERITE ANCIENNE DU PAYS

rable, il y a trois qouhha (pi. LIV, fig. 105) celle de Sidi Ah'med Moûl elLoûza, c'est-à-dire « Maître de l'Amandier » et celle de Sidi Embàrek. Ces marabouts ne sont pas des chérifs, on leur donne seulement le nom de Foqra (sing. Faqir) qui sert en général au Maroc pour les saints personnages non chérifiens.

3 Juin. — Ce matin nous décampons de bonne heure pour arriver à Mazagan, le plus tôt possible : il est quatre heures trente-cinq quand nous nous mettons en route avec une marche moyenne de six kilomètres à l'heure. Nous descendons du plateau où se trouve la zaouia et nous cheminons dans une dépression parallèle à la mer dont nous sommes séparés par une grande ligne de dunes. Nous sommes bientôt dans un fond très soigneusement planté de maïs, de céréales; de beaux figuiers sont malheureusement veufs de leurs feuilles : les sauterelles les ont rongées jusqu'au bois. Tout le pays que nous traversons aujourd'hui est ravagé par ce fléau.

A six heures vingt, nous avons sur la hauteur à droite le marabout de Sidi Brahîm bcn Hilâl ; puis un quart d'heure après nous traversons les ruines de la Sanya de Bou Mchdi, un caïd d'autrefois, nous dit-on. Le mot Sanya qui signifie en arabe régulier « machine h élever l'eau » a ici la signification de « jardin irrigué par des norias ».

On voit beaucoup de ces norias dans la région; on peut dire ({uc toute la vallée ofi nous cheminons en est littéralement semée: ce devait être autrefois un vérilal)lc jardin. Nul doute qu'il faille faire remonter la dévastation qui a

fait disparaître toute cette culture à Tinvasion des Arabes ou Zénètes nomades dans les Doukkâla.

Enfin à huit heures moins le quart voici la h'aouita de Sidi Embàrek : sur les murs de cette petite enceinte sont posées des colonnes formées de pierres plates et rondes (pi. LIV, fîg. 1 06) tout à fait analogues à celles de Sidi Deniàn sur le chemin de Souira Qadima à Saffi;

Ces pierres, nous dit-on, proviennent de colonnes qui ornaient des maisons, peut-être des édifices de Mazagan ou de T'it', et l'on s'en est servi pour les déposer sur les murs de ce sanctuaire en manière d'ex-voto. Nous avons encore ici un rite religieux de pierres sacrées, analogues à ceux que nous avons déjà plusieurs fois décrits.

Après avoir employé un quart d'heure à explorer et à photographier Sidi Embarek, nous repartons et bientôt nous longeons encore une nouvelle rejla : c'est ainsi que l'on appelle les lagunes saumâtres qui s'étendent parallèlement au rivage. La mer par ici se brise sur une falaise, à la paroi de laquelle le chemin s'accroche en corniche. Ily a en cet endroit une assez grande quantité de sources d'eau douce.

A droite sur la falaise nous apercevons un peu avant neuf heures Dar el H'âjj Moh'ammed el Khemâmli. Maintenant, en côtoyant la lagune nous marchons au milieu de nuages de criquets roses aux ailes diaphanes qui s'envolent en bruissant devant les pas de notre cheval. La lagune serpente au milieu de la vallée comme un fleuve dans son lit.

Nous dépassons le marabout de Sidi Moh'ammed Aouguer et, vers dix heures, la vallée se termine. Nous mon-

PI. LTV

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