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CAMOENS ET LE MAROC

sont toujours présentes à la mémoire des Marocains qui pourraient répéter les vers que le cliantre des Lusiades met dans la bouche du roi de Mélinde s'adressant à Gama : « Je connais depuis longtemps les guerriers de la Lusitanie ; je sais que dans une contrée de l'Afrique ils ont livré de grands combats et remporté de grandes victoires. L'Afrique entière est pleine encore du bruit de leurs exploits. » (1)]

(1) Camoens, Lus-, II.

21 Juin. — Demain, nous partirons de Rabat pour Méquinez, le pays des 'Aïçaoua (1). Rabat a une banlieue ravissante ; deux buts de promenade s'y imposent à la curiosité du voyageur : la tour de H'açan et Chella (2).

On se rend à la tour de H'açan par des chemins qui côtoient d'abord la rive gauche du Bou Regreg, fleuve aux bords duquel Rabat est assise. Là, au pied d'une berge rocheuse, l'oued serpente dans sa vallée que bordent de l'autre côté des collines nues et tristes ; du côté de Rabat, au contraire, ce ne sont que jardins et vergers.

On s'engage dans de petits sentiers creux bordés de cactus etd'aloès, qu'ombragent les frondes luisantes des caroubiers et le feuillage argenté des oliviers séculaires ; le pied

(l) Ces notes sur les environs de Rabat sont extraits d'un article paru dans le Bulletin de la Société de Géographie d'Oran en 1910.

Ci) Les plans de la mosquée de H'açan et de Cliclla que nous donnons cijoints ont été levés et dessinés par M. Bernaudat, un ouvrier de la première heure dans l'œuvre marocaine.

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