‹ En tribuChapitre 147 sur 161 · PI. LVII · texte numérisé non relu

PI. LVII

I I I. — (In lie v..il ((110 di's murs Dulaiils ■^Mi- l('si|iii'U des cigognes, siMuv ;iiÈiis di's ruines (p. 405)).

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la casba de Rabat, à laquelle le soleil du matin donne un relief saisissant, et plus loin le rouleau écumant de la barre.

Nous voici maintenant en pleine campagne : notre route, qui longe la mer, est très fréquentée par les indigènes, mais non par les Européens et l'on nous regarde passer avec une curiosité dénuée de bienveillance. Cette route est assez monotone : avant d'arriver à Mehdia nous côtoyons une série de lagunes voisines de la mer : leurs bords sont garnis d'une végétation puissante de plantes aquatiques, elles sont remplies d'une eau plus ou moins saumâtre, mais bien moins salée que celle de la mer. On y peut chasser le canard et pêcher l'anguille à la ligne.

Mehdia, où nous arrivons, fut jadis une petite ville florissantC;, mais elle n'est plus qu'un amas de ruines au milieu desquelles s'élèvent de misérables maisons et des cabanes en branchages. Mehdia s'étage sur un coteau qui regarde l'embouchure du Sebou ; une bonne source, située vei's le bas alimente d'eau potable les quelques habitants, des Bokhari surtout, qui tiennent garnison là.

On sait que les Bokhari ont composé la célèbre garde noire de Moulaye Ismaïl, devenue dans la suite une source de désordres dans l'Empire, au point que les sultans durent la dissoudre et la disséminer dans diiïérenles garnisons. Ces fils de nègres, fanatiques insolents, sont commandés par un caïd qui habite dans le haut de la ville la casba de Moulaye Ismaïl.

Mehdia ne conserve plus de sa splendeur aucun monument digne d'allention, sauf peul-ctre la grande porte de la

casba entourée d'une inscription fort difficile à lire. Il reste des fortifications (pi. LVII, fiy. 1 12) et l'enceinte à peu près entière ainsi qu'une mosquée sans intérêt. En bas est un vieux fort où gisent encore des canons.

On croit que Mehdia tire son nom du Mahdi Ibn Toumert dont nous avons visité le pays natal (1), le chef de la secte almohade, et qu'elle fut fondée par 'Abdelmoumen,son successeur et fondateur de la dynastie. Il ne faut pas la confondre avec Mehdia de la Tunisie, fondée par une autre Mahdi, le Mahdi fatimide. Des auteurs sont tombés dans cette erreur et ont raconté la prise de Mehdia du Maroc par les Siciliens.

Ce qui est sûr, c'est qu'attaquée par les Portugais au seizième siècle, elle se défendit vaillamment et infligea à ceux-ci une sanglante défaite. « Les navires furent brûlés et l'artillerie alla en fond, avec un si grand carnage de chrétiens que la mer en devint couleur vermeille en l'espace de trois jours, de sorte qu'en cette défaite prirent fin (comme le bruit est) environ dix mille chrétiens. » C'est ainsi que s'exprime Léon l'Africain, sans doute avec quelque exagération (2).

Depuis, Mehdia fut occupée par Philippe IV d'Espagne et reconquise enfin par Moulaye Ismaïl. On l'appelait jadis encore El Ma'moûra, c'est-à-dire <( la bien peuplée, la prospère » ; on l'appela plus tard Mehdoûma, c'est-à-dire « la détruite, la ruinée ». Ainsi, ses trois noms, tous encore compris aujourd'hui, disent à eux seuls son histoire.

(i) Suprà, chap. iv.

(-2) Tra<l. Temporal, éd. de 1830, p. 31S.

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