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MOULAYE IDRIS 417
quelques centaines de mètres de Sidi Qàcem. La zaouia de Sidi Qàcem a quelque célébrité ; on sait qu'on appelle zaouia le tombeau d'un marabout célèbre près duquel demeurent ses descendants et auquel s'est adjoint une mosquée, une école, des locaux pour loger les pèlerins et les voyageurs de passage et tout un petit village. Souvent la zaouia est le siège d'un ordre religieux, ce ([ui est ici le cas. A côté de la zaouia de Sidi Qàcem, il y a un village de Bokharis et un mellàh'.
Devant la zaouia s'étendent des bois d'oliviers, des champs de maïs : de ci, de là des rangées de grands aloôs marquent le paysage de leur profil régulier et de leur verdure glauque. Le pays est accidenté et les crêtes des collines sont surmontées de falaises où le roc se montre à nu. Nous entrons dans la grande plaine de Khoûmàn : elle s'étend au pied du Jbel Zerhoûn dont la crête ondulée borde l'horizon devant nous. C'est là que se trouve la fameuse zaouia de Moulayc Idrîs, le fondateur de Fez, l'ancêtre de tous les chérifs marocains, le saint le plus révéré du Maroc, que les sultans eux-mêmes visitent presque obligatoirement. L'on peut dire qu'un snltan qui n'a pas visité le tombeau de Moulaye Idrîs et celui de son fils n'est pas regardé par la foule comme définitivement investi. L'autre Moulayc Idrîs, le fils de celui-ci, est enterré à Fez, comme chacun le sait,
Jus({u'à mi-côte la montagne est recouverte d'oliviers ; de tous côtés l'eau claire en descend et court en cent ruisseaux. Nous traversons })lusieurs petites rivièi-cs et, vers neuf heures et demie, nous gravissons les premières pentes
Kl)M. DoUTTii. — Missions au Maroc. 37
iiS AU PAYS DES 'AIÇAOUÂ
du Jbel. Devant nous, au fond d'une gorge, nous apercevons la célèbre Zaouia, petite ville assise sur la pente d'un contrefort de la montagne. A l'entrée de la gorge nous distinguons de loin les ruines de la «Volubilis » romaine dont quinze siècles de barbarie et de fanatisme n'ont pu effacer les traces.
Nous campons dans un grand bois de magnifiques oliviers dont l'ombre rafraîchissante abrite plusieurs belles sources abondantes d'une eau excellente. Nous sommes ici sur le territoire du douar Fort'âça qui est tout près de nous. Dans l'après-midi nous nous rendons à Volubilis pour en visiter les ruines imposantes. Elles s'étendent sur une superficie d'au moins quatre hectares toute parsemée de belles pierres de construction comme savaient seuls en tailler les Romains : les inscriptions mises à découvert par M. de La Martinière, qui a exécuté là des fouilles assez importantes, sont remarquables à première vue, par leur fini et par l'ornementation dont elles sont encadrées.
Bien que la plupart des monuments aient été détruits pour fournir des matériaux aux énormes et informes bâtisses qu'un Moulaye Ismaïl, entassait à Méquinez, il reste encore debout deux portes d'un édifice considérable (pi. LIX, 11 0 et 116); peut-être une basilique, d'après Tissot. Un arc de triomphe, élevé probablement en l'honneur de Caracalla (pi. LX, fig. 117), était encore debout au dix-huitième siècle, car nous en avons des gravures de cette époque (1) :
(1) Wiiidus, Journey, in 1.