‹ En tribuChapitre 153 sur 161 · PI. LXI · texte numérisé non relu

PI. LXI

l'iG. 119. — nous arrivons jusqu'au piod de la /aouia de Miudaye Idrîs (p. i'20).

KlG. 1-iO. — .Nous avons di'sani iinii> li' |j.iiini .niia de M.tniinr/ p. 'rj7

LE H'ORM DE MOULAYE IDRIS 494

Là nous sommes accueillis par nos musulmans avec froideur ; le cheikh du douar nous reproche avec amertume notre conduite, car le bruit de notre soi-disant attentat a couru comme le feu d'une traînée de poudre. Quelques instants après nous voyons arriver en émoi, sur sa mule rapide et richement harnachée, le khalifa de la zaouia qui est placé sous les ordres du Pacha de Méquinez.

Il paraît que nous avons causé une grande émotion en ville et on nous conseille fortement de ne plus retourner dans ces parages. Si Bou Médiène de son côté s'est rendu tantôt en pèlerinage à la zaouia, mais il a reçu un accueil bien différent du nôtre, car il a été traité en chérif de haute volée et, honneur exceptionnel, il a été admis à pénétrer dans la pièce où se trouve le tombeau du saint. Il nous raconte les merveilles d'architecture qu'il a vues, et nous fait une magnifique description de sa sainte ziâra (pèlerinage) (1).

26 Juin . — Nous partons tard; il a fallu louer de nouveau desmuletscar, des deux chameaux quiélaientà notre service, l'un est mort en route : l'on ne manque ])as naturellement de dire aux chameliers que c'est la malédiction du chérif qui l'a poursuivi, et le prestige de Si Bou Médiène en est encore accru;

Nous passons par Volubilis en faisant un détour pour rejoindre le chemin de Méquinez parce (ju'on ne veut ù aucun prix nous faire prendre celui-ci à son origine, c'esl-à-

(1) Dix ans plus tard le général Moinier campait à Moulaye Idris et visitait

la raouiVj ■ le h'orm (Hait violé par les mécréants.

dire du pied de la zaouia : ce serait violer le h'orm. La végétation par ici est beaucoup moins avancée que partout où nous sommes passés, ce qui tient sans doute à l'extrême abondance des eaux ; on pourrait presque encore herboriser. Toute la route jusqu'à Méquinez se déroule dans les terrains marécageux : elle est bonne en ce moment, mais doit être fort pénible par les mauvais temps.

Un peu après huit heures nous passons au-dessous de la zaouia de Sidi H'amdoûch. Elle est sur une colline située entre deux autres plus élevées, dans un pays très accidenté et couvert d'innombrables bois d'oliviers: On sait que Sidi H'amdoûch est le fameux saint dont se réclament des sectaires bien connus, les H'mâdcha, qui se tailladent euxmêmes la tête d'une façon cruelle avec des hachettes, au cours de certaines fêtes religieuses.

A huit heures et demie nous rencontrons sur le bord de la route de nombreuses pierres très bien taillées : elles sont romaines évidemment, car Berbères ou Arabes n'ont jamais su tailler une pierrecomme celles-là. Elles ont été abandonnées en cet endroit, nous disent les indigènes, par Moulayo Isma'ïl, qui voulait les transporter à Méquinez, mais qui n'en eut pas le temps. Un de nos hommes, plus savant que les autres, nous dit que ce n'était pas Moulaye Ismaïl, mais bien Moulaye Slîmân, celui, ajoute-t-il, qui commandait aux génies: Ce malheureux confond Moulaye Slîmân, sultan du Maroc au (hx-neuvième siècle, avec Salomon, en arabe vulgaire Sidi Slîman, auquel, suivant la légende musulmane. Dieu avait donné l'empire sur tous les djinn. En

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