ÉPILOGUE
ans de distance savent que les tribus ont subi de profonds changements.
Mais dans quel sens s'exercera notre influence ? La conquête, suivant la parole célèbre d'un philosophe du dixhuitième siècle, n'est légitime que si elle profite au vaincu. Que sera donc ce proht ? Sera-ce la richesse ? Quelle pauvreté ! Sera-ce de l'énergie, de la curiosité scientilique, de l'initiative industrielle ? Ce serait peut-être mieux.
Un spécialiste des (|uestions marocaines a écrit i-écemment que l'action IVançaise au Maroc devait être morale. Cette action devra donc tenir compte des qualités morales du marocain : il a le goût de la vie simple, la longue patience, la gravité des propos, le sérieux des convictions, le respect de soi-même, la solidarité aussi, la vraie, celle qui secourt avec douceur et discrétion. Peut-être pourrions-nous lui prendre quelques-unes de ces qualités.
Le régime militaire est favorable <i leur conservation : comme le musulman l'officier est un croyant, puisqu'il a le culte (le la patrie ; comme lui encore il est grave, car sa mission est difficile et sa responsal)ilite est lourde; comme hii enfin il est simple, cai' la vie des camps n'admel ni la recherche ni le luxe.
L'exemple de la race néo-française i^i'on voil se former en Algérie, avec des caraclèi'cs si nettement tranchés, une vitalité supérieure et une étonnante plasticité, permet peutêtre de ()enser que, lorsque la race indigène se sera davantage rapprochée de nous, elle ne sera pas sans influence sur le naturel des vainqueurs et sur leur civilisation. Il nous plaît.