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LES RICHESSES DE LATLAS 4S

montagnes qui nous entourent sont les puissants contreforts de la plus grande montagne de l'Afrique du Nord.

Sans doute, elle recèle des minerais intéressants qui feraient peut-être la fortune d'un prospecteur, car nous ramassons çà et là, sans retarder le moins du monde notre marche au milieu des calcaires jurassiques et des quartzites verdâtres du permicn, un conglomérat siliceux rouge qui contient de la calcédoine et de l'agate, puis des blocs d'hématite et une roche éruptive grenatifère.

Votre paix finira, ravins déserts où la mangouste trottine dans la senteur des héUanthèmes ; et vous aussi, col- Unes arides où le chacal, les oreilles dressées, jette dans la nuit son glapissement sur les broussailles. Les hommes éventreront votre flanc, ils en arracheront la roche vive, et la gangue des filons précieux coulera en longue traînée de terre sur les pentes où brillait l'or des genêts.

Après Tizi Ouadou, nous descendons un affluent de l'Oued Nefîs ; il y a là un vaste maquis, entièrement vide d'habitations et dont la traversée était jadis la terreur des caravanes, car cet endroit qu'on appelle Amàcin était un rendez-vous de coupeurs de routes. Dans ces derniers tcnq)s un nègre y resta phisieurs années, dit on, luaul, délroussani et pillant ; on ne savait comment en venir à bout : c'est le caïd du Goundâfi qui réussit à le prendre par trahison et le fit périr misérablement.

A l'endroit appelé Mar'îra (berb. irnar'iren , salines) le terrain, son nom l'indique, est salé, et les indigènes y ont établi des salines qui fournissent de sel la ville de Marrakech

(pi. VII, Rg. 14). Là, dans un élargissement de la vallée, sont creusés des puits d'où on tire une eau que l'on déverse ensuite dans des bassins, dont le fond est en pierres plates. Le tour de ces bassins, qui donnent les uns dans les autres et où se déversent des eaux plus ou moins salées, est entièrement de pierre ; ils forment des carrés au fond de la vallée pendant une longueur de plusieurs centaines de mètres. Quand un carré est sec, on balaie le sel et on l'entrepose, puis on le vend à Marrcàkech à raison de dix metkal la kharrouba (1).

Après les salines commence la région des grands thuyas : toute la contrée en est couverte. On ne doit pas entendre par là qu'ils forment une forêt serrée, car les thuyas, dont la présence n'indique jamais que des sols peu fertiles, sont toujours distants les uns des autres. Les auteurs européens confondent sous le nom de « thuya » plusieurs espèces de Callilris et de Juniperus, comme les indigènes les confondent sous le nom arabe de \irâr et comme les anciens les confondaient sous celui de citriis. On sait que ces auteurs mentionnent des tables d'un seul morceau et de grandes dimensions (2). Mais il n'y a que le Juniperus phœnicea, L. et le J. Ihurifera L. qui puissent atteindre des diamètres de soixante à soixante-dix centimètres. Ceux que nous avons sous les yeux semblent appartenir à la première espèce : il y en a qui ont cinq, six et même huit mètres de hauteur. Les habitants ne soupçonnent pas la

(1) Voir description cJ6laillée des salines des environs de Tanger, par René LECi.Enc, Avch. ntar., V, 2, pp. 276 scq.

(2) Voy. réf. dans Hksnikr, Arch. mar., VII, pp. 273-27'4. Cf. infrù, p. iH.

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