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LES AGADIR

dans l'Atlas d'innombrables agadir, et beaucoup de lieux géographiques portent ce nom. Un des plus célèbres est Agadir Ir'ir, c'est-à-dire en arabe Qas'bal Dra' ou « la forteresse du contrefort » (Ir'ir signifie « épaule » en chelh'a, et Dra' en arabe « bras » ).

[Mais ce qui est le plus singulier, c'est que ce mot d'agadir, qu'on croirait appartenir à la langue berbère, semble être punique ; nous le retrouvons en efl'et dans la forme ancienne du nom de la ville de Cadix, que les Latins appelaient « Gadès » et les Grecs x Gadeira » (roiSeipa). Les textes classiques (Pline etAvienus) nous apprennent que le nom punique de la ville était Gadir et que ce mot en punique signifie « enceinte » ; et sur les plus anciennes monnaies d'argent et de bronze frappées dans cette ville par les Carthaginois, ce nom se retrouve sous la forme d'Agadir (1).

Le mot berbère, d'un usage courant dans l'Atlas, viendrait-il du punique? ou bien le mot puni(pic du berbère? Les historiens anciens n'ont peut-être pas toujours bien dislingué le punique du lil)y([ue, qui est le berbère ancien. Parlait-on berbère à Cadix? Personne ne peut assurer que non : ce qui paraît militer en faveur de l'origine punique du mot, c'est que « gader )> en hébreu veut dire « mur », « enceinte >-, de môme que djidar en arabe; mais ce n'est pas nous qui oserions trancher la question.

Comme les ruines de forteresses ou enceintes fortifiécsse

(1) Voy. Seybold, Z. sp. ar. Geog., in D. Moh. Or. (Kat. R. Haup»), H. a. d.

S., 190G, |)|). 7-8; Ukiss, Afonn. uni. Es/i., in 1.

conservent longtemps, il est arrivé que l'on a appliqué spécialement le mot (ïagndir aux vieilles enceintes ruinées comme le mot gala' a en arabe, et le mot prend alors le sens spécial d' c( ancienne enceinte ». Beaucoup tle ruines dans l'Afrique du Nord s'appellent pour la même raison Soûr, mot qui veut dire aussi uniur », « enceinte », » rempart». Le nom arabe de Mogador est Sou ira, diminutif de Soûr, prononcé avec emphase S'oùr (1), et signifie « la petite enceinte » (et non pas u la joliette » comme l'ont cru de nombreux auteurs et comme le disent beaucoup d'indigènes qui rattachent ce nom à une autre racine ai'abe, la racine S'our renfermant le sens de « belle forme, foriuosus »}. C'est ainsi que nous étudierons les ruines de S'oun-a (Hsez Souîra) Qadîma (2), qui ne sont autres que celles d'un fort portugais situé entre Mogador et Saffi.]

Notons en passant qu'il y a dans la ville actuelle de Mogador un quartier nommé Agadir : ce nom perpétue probablement le souvenir de quelque ancienne forteresse auprès de laquelle a été bâtie la ville moderne de Mogador. La forme arabe correspondant lexicographiquement au mot agadir est le mot djidar qui a également le sens de <( murailles anciennes », «vieilles fortifications » et désigne par extension tous les monuments très anciens. On connaîl les djidar de la vallée de la Mina, dans le département d'Oran, qui ne sont autre chose que des tombeaux des rois d'une ancienne dynastie indigène, comme le Medr'accn du dépar-

(1) Cf. Bel, Béni 'Abd el Wâd, p. xviii.

(2) Infrà, cliap. xiii.

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