ETYMOLOGIE D'AGADIR
lementde Constantine ou le Tombeau de la Chrétienne dans le département d'Alger.
TIemcen est appelée El Djidar par les Arabes bédouins ; or, nous savons parles textes qu'elle s'appela jadis Agadir. Il paraît que tlemcen dans la dialecte des Brâber du Maroc signifie « antique » ; par exemple, ils disent : Tlemcen el béni ines d atlemçan, c'est-à-dire « Tlemcen est une ville antique » (1). Ainsi les trois noms de la ville, Agadir dans les temps anciens, Tlemcen à l'époque moderne, El Djidar pour les Bédouins, auraient la même signification.
Les indigènes appellent aussi El Djidar d'autres vieilles villes berbères comme Oudjda et Takdempt, dont le nom arabe, Taqdemt, sous sa forme berbère, signifie aussi « ancien ». Que conclure de tout cela? Si on laisse de côté les questions étymologiques, il est vraisemblable que dès une haute antiquité le mot agadir sous ses formes diverses désignait, chez les Berbères, les enceintes fortifiées. On sait que ces peuples avaient l'habitude de se réfugier dans des enclos établis sur les sommets : on a retrouvé beaucoup de ces refuges. Puis l'usage de ces abris s'étant perdu dans la suite des temps, le mot n'a plus été employé qu'en y joignant l'idée d'ancienneté. Toutefois, il a survécu exceptionnellement dans l'Atlas pour désigner les casbas : c'est là une survivance bien intéressante, mais fort explicable quand on considère le caractère conservateur des montagnards en (ont pays.
M) MnuLiÈRAs, Heni laquf.n, p. 78 : cl', YKv.i.. op. laiitl., p. 11.
La casba de Tagadirt el Boûr et les maisons du mellâh' qui sont éparpillées au-dessous d'elle, sur la pente de la montagne, abritent une population d'environ trois cents âmes, qui vivent sous la domination directe de leur maître el seigneur : des parents, des esclaves au nombre de près de cent et des Juifs composent cette petite agglomération.
Les Juifs, avec leurs mèches de cheveux ou nouâder qui pendent de chaque côté du visage jusque sur le cou, ne sont pas beaux ; ils ont de plus un air craintif qui indique la dépendance étroite dans laquelle ils sont tenus. Très sauvages, très ignorants, ils entretiennent à peine quelques relations avec les Juifs des pays voisins et en particulier avec lein* coreligionnaire Gorcos, le richard du mellâh' de Marrakech. Leurs filles et leurs femmes sont ravissantes dans leur jeunesse, elles ont toute la beauté des Juives de Marrakech, mais sont moins empâtées, avec quelque chose de plus sain dans le teint, qui reste néanmoins très clair, avec une grande pureté de lignes, un visage ovale, des yeux bien faits et brillants.
Le vieux cheikh est malade : il se déplace pour visiter le h'akini sous sa tente et lui demander une consultation; car ici « h'akîm » est le seul titre auquel je puisse prétendre (1). Nous lui donnons quinze grammes de sulfate de magnésie, dont nous lui promettons des merveilles, d'autant (pie Si Hou Médiène y joint sa liénédiction; son frère est avec lui el l'cmarcpie surtout mon porte-crayon en ar-
(1) Voy. Merrùkech, I, pp. S9-i0.