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LA VALLÉE DE L'OUED NEFIS

gent, dont il s'amuse beaucoup. Je lui promets de lui en envoyer plus tard un i)aieil, mais ce qui le préoccupe le plus c'est mon appareil photographique. Comme nous avons pris quelques vues, ils veulent absolument voir les teç'ouîra, c'est-à-dire les « images », et c'est en vain que nous leur expliquons que cela est impossible actuellement. En revanche je leur montre des photographies, mais elles n'obtiennent près d'eux aucun succès : même sur mon portrait quejai tiré à Marrakech, et que je leur montre, personne n'arrive à me reconnaître. L'un pense que c'est une maison, l'autre opine pour une vue de Marrakech... Cette incapacité à reconstruire la réalité au moyen des traits du dessin, est très fréquente chez les primitifs et a souvent été signalée dans l'Afrique du Nord : elle se retrouve chez nos paysans français.

5 Mai. — Une heure et demie avant le fejer.nous quittons notre campement de Tagadirt el Boùr, un de ceux (jui nous ont laissé la plus vive et la plus durable impression et nous continuons à remonter l'Oued IVefîs. Au moment du départ, dans un petit ravin, je ramasse des échantillons d'une belle roche, ime syéniteaux éléments verts, roses et blancs, (pii ressend)lc beaucoup à celle que M. de Ségonzac a recueillie au sommet du Jbel 'Aiûchi.

Le fond de la foret est plein de trembles el de noyers, el par instants la verdure est telle, et l'eau si pure el si trjuKiuille. (|ue l'on a pendant qiiel(|ues instants rinq)res-

sion d'un calme paysage de nos régions tempérées. Mais il suffil, aussitôt de lever les yeux sur les montagnes pelées et sur les maigres thuyas qui les parsèment, pour se rappeler qu'on est en Afrique.

Voici des arcades maçonnées qui ont dû supporter un canal, puis à l'entrée d'un petit ravin de nombreuses traces d'anciennes sâguia. Tout cela, et le grand nombre de ruines qui sont accumulées autour du village du Goundàfi, semblent bien déceler un état ancien de prospérité plus grande qu'à l'heure actuelle.

Nous montons à droite dans le petit ravin, car un peu plus loin, la vallée de l'Oued Nefîs est trop resserrée pour que les bêtes de somme puissent passer. La montée est pénible dans ce ravin très étroit et encaissé, au milieu des roches ophitiques qui tombent en arènes de désagrégation vertes et bleues : cet endroit s'appelle Agouni ou Nellouf. Nous revoyons ensuite l'Oued Nefîs dans lequel nous redescendons petit à petit par un chemin qui c(5toie des précipices.

Nous marchons toujours dans les mêmes roches vertes; çà et là il y a d'énormes blocs de conglomérats à éléments très gros. En certains endroits, le chemin, taillé dans ces roches peu solides, est tout rongé et le passage de la caravane (levientpar moment des plus scabreux (pi. VII, fig. 13). Puis voici sur la gauche la casba d'Imigdal, bel ngadirqiù pointe fièrement vers le ciel ses tours crénelées. La flore aujourd'hui est infiniment moins variée que celle d'hier, car la vallée est encaissée dans de «^randcs roches d'un schiste

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