PARURE
dépourvues de corail, que les femmes mettent journellement. Les boucles d'oreilles des hommes sont plus petites et portent une pièce de monnaie, une peseta, par exemple, ou un khanisa, qui est une petite main en argent : les hommes ne portent qu'une boucle d'oreille à droite.
Les bracelets s'appellent dehlîj et ceux qui ressemblent à des /i7ie//j/îa/ s'appellent /t"m7);//(e/. Les bagues, qui s'appellent, comme en arabe, khûlein, se portent à chaque main, à l'annulaire et à l'auriculaire, mais les hommes ne les portent qu'à la main gauche. Un autre bijou est le mel'hoû' qui ressemble à une piécette d'un quart de douro, soit en argent, soit très rarement en or, et qui est appliqué entre les deux yeux.
Un l'ail remarquable est l'absence presque complète de tatouage ; tout au moins il est très rare. Il est à noter qu'il y a à ce sujet degTandes variations dans les tiùbus de l'Afrique du Nord ; nous avons déjà indiqué ailleurs que la forme du tatouage est souvent caractéristique d'une tribu. Le tatouage paraît surtout répandu clic/ les tribus arabisées ; c'est, nous l'avons fait remarquer il y a longtemps (1), une pratique qui se répand avec la civilisation arabe, l)ien qu'elle soit réprouvée par l'orthodoxie.
Les fards employés sont le h'erkoiis noir tiré d'une galle que l'on appelle i(/(jiii, de même (pic le végétal sur lo(piol elle est produite, probablement un Juniperus, vulgo lluiija, et le fard rouge qui est acheté à Marn\kech sous forme de
(1) Bull. Corn. A/: Fr., aimée 190-2 ; iii liens. Col.
petites assiettes en terre sur le fond desquelles il forme un enduit brillant. Les femmes du Goundàfi abusent parfois du fard rouge jusqu'au point de s'en couvrir complètement le front, les joues et le cou.
Les maisons du Goundâfi sont toutes des maisons à terrasses pourvues d'un étage (pi. IX, fig. 1 8) ; en bas est l'écurie et un escalier mène à l'étage, où il y a habituellement plusieurs chambres. Le foyer est généralement en bas, mais dans l'été on le transporte en haut. Toutes les maisons sont construites en terre, la nouàla ou cal^ane en bois de forme cylindro-conique est absolument inconnue.
La propriété est strictement individuelle, nombre de propriétaires vivent dans l'indivision, les héritages sont très morcelés; beaucoup d'oliviers, d'amandiers, de noyers appartiennent à plusieurs propriétaires, chacun de ceux-ci ayant une branche à lui. Le métayage n'est pas connu ou tout au moins semble être peu usité; les ouvriers agricoles nourris et logés sont payés en moyenne quatre douros par an.
Les canaux d'irrigation sont faits et entretenus par la communauté de chaque village, et la quantité d'eau que chacun peut prendre, ainsi que les tours d'irrigation, sont soigneusement fixés. La communauté désigne un amazzel nia' s souâgui, un <( maître des irrigations », qui surveille la distribution des eaux, d'ailleurs abondantes.