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LES GENIES

enterrements se font au d'oh'n ou au d'ohor. Les l'âleb y récitent des prières, mais très rarement la Borda (1). II n'y a aux enterrements ni chants funèbres, ni lamentations, ni pleureuses. Ces pratiques semblent beaucoup plus répandues chez les populations arabisées que chez les Berbères.

On visite les tombes le vendredi ; souvent on se rend avec les t'àleb sur une tombe. Ils récitent des prières et l'on mange du couscous avec eux : c'est ce qu'on appelle le ma rouf. On croit en effet qu'il faut apaiser les morts, car beaucoup disent qu'ils se lèvent la nuit et rôdent en se plaignant autour des habitations.

La croyance aux génies est très répandue dans le Goundàfi ; les génies ou jinn se trouvent surtout le long de la rivière, et les bords de celle-ci sont dangereux à fréquenter parce que les génies s'incorporent à l'homme et le possèdent. On a recours alors aux t'àleb qui viennent réciter le Coran et d'autres j)rières devant le possédé : on fait encore brûler devant lui un mélange d'alun, de h'armel et de goudron. Au milieu des vapeurs le possédé respire avec force, puis on entend distinctement le génie qui parle au malheureux et qui lui dit par exemple : « Pourquoi as-tu marché sur moi dans l'eau ? » Ce sont surtout les fenuucs qui sont sujettes à la possession.

(I) Voy. Merràkech, I, pp. HOO-HGH.

Si T'ayeb qui a une grande peur des jinn nous raconte que, du côté de Moulaye Ibrahim, deux individus des Guedmîoua avaient voulu abuser de deux enfants ; ceux-ci se sauvèrent dans le h'orm du marabout. Leurs deux agresseurs furent transformés en Bou Jloûd, êtres fabuleux que les Ghleûh' appelle hérma, c'est-à-dire « loups-garous » ; et ils entrèrent aussitôt dans la forêt. L'un d'entre eux est mort, mais l'autre est encore vivant; la nuit il descend dans les villages et frappe souvent à la porte d'une maison ; il demande à manger et il ajoute : « Je ne peux venir le jour parce que je fais peur aux enfants, alors je viens la nuit. » Le maître de la maison lui donne généralement deux pains. Si T'ayeb nous assure qu'il a aperçu une fois un Bou Jloûd dans un champ de maïs, mais il n'a pu voir distinctement que ses deux cornes.

Il y a un loup-garou femelle qui a la forme d'une femme et qui s'appelle lar'zen : elle demeure dans la montagne près de Sidi Bennâd er Regrâgui, dans le Goundâfi. Elle a deux seins énormes, comme deux outres, elle est obligée de les porter sur ses épaules ; sa tête est très grosse, ses yeux sont verticaux. Elle a mangé une fois un Juif qui s'appelait la'qoûb, et, comme elle n'avait dévoré que les entrailles, on a retrouvé le reste du corps. Si T'ayeb se rappelle très bien ce fait ; on ne sait comment cette femme est devenue r'oûla, c'est-à-dire, en français, « goule » ou « ogresse ».

Si T'ayeb nous raconte encore qu'il y avait un t'àleb du Soûs, qui vint chercher des trésors dans l'Oued Xefîs, à

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