U.\ CHERCHEUR DE TRESORS
l'endroit nommé Tudma (1) Fokoim. Il se fit accompagner de quatre hommes et tous les cinq entrèrent dans une maison en ruines de Tudma, qui est isolée et sombre. Il commença à réciter une \izîma(2) très forte et on distingua dans la muraille une porte en fer qui s'ouvrit toute seule : il dit alors à sa compagnie de le suivre dans la caverne c{ui s'ouvrait devant eux et d'obéir à ses moindres commandements, de s'asseoir quand il leur dirait de s'asseoir, de sortir quand il leur dirait de sortir; s'ils voyaient apparaître un nègre formidable avec un grand sabre, ils ne devaient pas avoir i)eur. Il leur dit encore qu'ils verraient peut-être quelques serpents levant la tête sur eux, mais qu'ils n'avaient aucune crainte à en avoir.
Ils entrèrent donc tous et virent tout ce qu'avait prédit le t'ùleb ; lorsque celui-ci sortit, la porte se referma pres([ue aussitôt après, en sorte qu'il y en eut deux qui disparurent et que l'on n'a jamais revus (3). Dans leur précipitation les deux autres ne purent rien cnqiorter des trésors qu'ils avaient trouvés : le t'àleb lui-même n'en raj)porta cpTun sabre ayant un grand pouvoir sur les génies; ils avaient voulu i)rendrc trop de riciicsses et ils ont été punis. Le t'àleb est mort il y a j)cu de temps et on lui a b;Ui une qoubba aux Ida ou Mh'anuiicd, dans leSoùs : c'est un sorcier (jui monte à la dignité de saint.
(1) Sic, avec le son u.
{■2) Sur la'azîma ou incanlaiion l-{ non m(-camsmc.M(i(j le ri nrlirjioii.p\). \'M-\.i\. (8) Sur la recherche des trésors et les accidents (|ui siirvii'rmenl dnns cctlc recherche, voy. Magie el Religion, pp. 2C6-8C8.
Il y a auGoundàfi \in t'àleb qui est marié avec une tajint, c'est-à-dire un génie femelle : tout le monde peut le voir parler à sa femme, mais on ne voit pas celle-ci. Elle l'a séduit jadis par sa beauté parce qu'elle s'était montrée à lui sous une forme corporelle dans un lieu solitaire. Aujourd'hui tantôt elle lui paraît d'une beauté rayonnante, et tantôt elle lui semble hideuse; elle lui joue à tous les instants du jour des tours désagréables et le rend très malheureux.
Il y a un t'âleb de l'Oued Nefîs qui s'appelle Moh'ammed ben 'Atsmàn et qui commande aux génies. Il était devenu riche parce qu'il leur avait ordonné de lui remettre tous les jours deux douros dans la bouche, mais un jour ils n'ont pas voulu. Alors il a rédigé pour les obliger une ^az^ina ou incantation d'une force irrésistible. Mais il commit probablement (pielques fautes dans la récitation ou dans le rite, et la \^ziina se retourna contre lui; il fut projeté avec violence de l'Oued Nefîs à l'Oued Noùn, à dix-huit jours de marche de là, oîi on la retrouvé et ramené dans son pays.
La croyance aux mariages entre des génies et des humains est très répandue dans toute l'Afrique du Nord; un de mes informateurs, qui est de Mazagan, y connaît un homme marié avec un génie femelle. Quelqu'un meciteici le nom d'un habitant de Marrakech qui ayant rencontré une Jinniya |)rcs de la Kouloubiya, fut tellement séduit par sa beauté qu'il l'épousa. Cet informateur a eu d'ailleurs luimême mailleà j)artiravcc les génies: il faisait alors le métier