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INCO\STA\CE DES GRANDS CHEFS

de les agiter. Leur violence n'a d'égale que la mobilité de leurs passions: révoltés un jour, tout d'un coup devenus partisans fidèles, ils retournent à la sédition par horreur du calme ; mais leurs excès rendent insupportable leur loyauté même.

Le Makhzen ne peut les dominer "qu'en leur faisant durement sentir leur dépendance et en les obligeant à d'humiliantes attitudes ; en sorte qu'ils ne cessent d'être des tyrans que pour être des flatteurs. Aussi quelle délivrance pour le caïd, lorsque ayant satisfait les caprices et rassasié les cupidités, il reprend le chemin des montagnes !

En plaine il tremble encore, dans son cortège d'honneur, qu'un messager de la cour ne le rejoigne pour lui imposer de nouvelles exigences. Enlin il atteint Moulaye Ibrahim, bientôt il a franchi le défilé que garde le cheikh li'ammâda ; il peut maintenant se rire du sultan et guetter les événements, redoutable et inaccessible comme l'aigle dans son aire.

7 Mai (1). — Nous quittons, de bon matin, pour aller revoir la mosquée des Almohades, notre campement de Talat n la'qoûb et nous remontons la vallée : elle se rétrécit légèrement. Tout à coup, dans un tournant nous apercevons au loin la tache sombre des oliviers de Tîn Mèl, la ville de l'Imâra Ibn Toûmert. Au-dessus est le village d'Arr'en et, plus haut encore, celui de Taferr'oust, tandis qu'au dernier plan et sur la droite on aperçoit, en levant les yeux, les cimes encore neigeuses à cette époque du Jbel Ogdomt(pl. XI,lig. 21).

A notre droite coule lOued Ncfîs, avec ses petites cultures, maigres mais très soignées, car pas une parcelle de terre n'est perdue par les montagnards. Le moindre coin que la rivière laisse à sec dans son lit trop large, la plus petite surface où les âpres rochers (pii liordent la rive

(1) Exploration archéologique faite en i!)01.

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