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LE CLIMAT DU G01J.\DAF

laissent un peu tPhumus, sont ensemencés avec minutie.

Même ils disputent à la montagne des pentes très inclinées, en construisant avec des pierres sèches de petits murs de soutènement, qui empêchent les terres de glisser; et ces minces lambeaux de culture s'étagent en terrasses successives sur les parois dénudées de la montagne. Mais à cette altitude la végétation est en retard ; les orges que nous avions vu moissonner l'autre jour à Tagadirt el Boûr, sont loin d'être mûres ici.

Cette verdure parsemée tempère un peu l'aspect sauvage des lieux, car les montagnes qui bordent la vallée ont un aspect désolé : tantôt ce sont d'énormes roches noires qui surplombent dangereusement ; d'autres fois ce sont des masses schisteuses inclinées à quarante-cinq degrés el n'offrant que des arêtes déchiquetées. Elles s'élèvent de chaque côté de la rivière jusqu'à une grande hauteur ; des thuyas clairsemés forment à peu près la seule végétation, tandis que des nuages ou plutôt des brouillards se traînent et s'effilochent sur les sommets.

Le chmat est très rude : môme à cette époque de l'année, il fait froid, et le vo^'^agcur éprouve le besoin de s'envelopper d'un manicau bien chaud. Vers quatre ou cinq heures du soir, ini vent glacé se lève du nord-csl cl souffle en cette saison avec violence. La temj)éra(iue s'abaisse alors considérablement jusqu'à neuf heures du soir environ; la nuit et la matinée sont au contraire plus supportables el même parfois un peu lourdes au regard dos soirées.

404 LA MOSQUÉE DU MAHDl

Devant nous chemine gaiement à pied un jeune montagnard chleuh' (régulièrement chellï), serviteur du caïd et que le khalîfa a mis à notre tlisposilion pour nous servir de guide. Il porte avec lui le fusil du Soûs et le harnachement décrit et figuré depuis longtemps par de Foucauld, et dont nous avons parlé •, la corne de buffle comme poire à poudre, alou II el hûrnùd, la petite poche en cuir ornée de lanières pour les balles, isoukmîis, et l'éternel poignard recourbé des Marocains ou koummiya. A son oreille droite pend une boucle, acàrf, comme les hommes ont coutume d'en porter dans son pays.

Ce jeune homme est beau, ses traits sont fins, sa figure intelhgente et douce ; ses yeux sont scrutateurs et perçants comme ceux des primitifs ; comme celle des primitifs aussi, sa démarche est onduleuse, ses pieds ne semblent pas frapper le sol mais plutôt se mouler dessus pendant que sa taille élancée a des balancements. Aucun de ses mouvements dans la marche n'est brusque ; à première vue on pourrait croire qu'il affecte une certaine nonchalance, mais on se rend compte en l'observant que sous ce laisser-aller apparent se cache une réserve extrême et qu'en réalité tous ses muscles concourent dans son attitude à amortir les moindres heurts.

Quand il se retourne et qu'il nous regarde, il rit facilement, en montrant des dents éclatantes de blancheur. Chemin faisant, et sans nouspcrflre de vue, il s'amuse à chasser: avec une adresse surprenante, il lue de petits oiseaux qu'il nous apporte en montrant la joie d'un enfant : il ne tire

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