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LA FLORE DES SOMMETS

trois cols les plus élevés et les plus difficiles de la chaîne du Haut-Atlas. La photographie que nous prenons de l'endroit où nous sommes, montre le kerkoûr de Sîdi Ah'med ou Moûça, Tizi n Ouaddif etTizi n Slit, ce dernier à gauche et seulement en partie. Elle laisse voir quelques plaques de neige çà et là.

Nous nous occupons à recueillir des échantillons des différentes plantes, bien médiocres pour la plupart, qui composent la florule de Tizi n Mîri. Nous rappelons que d'après les déterminations de Thomson, nous serions ici à plus de trois mille mètres d'altitude (1). Voici quelle est la composition de cette florule : Alyssiim atlanticum Desf. — Veronica cuneifolia Der., var. atlantica Bail (le type est d'Orient, la variété est marocaine) ^ Linaria Broussoneli, Ghev. — Erysimum grandiflorum B. et R. — Clirysanthemum gayanum Gosson — Medicago siiffruUcosa Ram. — Chrysantliemiini catananche Bail — Linaria arvensis Desf. — Saxifraga glohulifera Desf. — Bellis cœrulescens Gosson (2). On remarcjuera que ces plantes n'onl aucun caractère alpin.

La petite caravane se rassemble dans le col, il nous faut maintenant envoyer chercher à trois cents ou quatre cents mètres en contre-bas, les demi-charges de mules que nous y avons laissées. Pendant ce temps Si Bou Médicnc entreprend de faire l'ascension de la cime qui est ii notre droite;

(i) Thomson, Trav. in Ail and Soiilli Morocco.

(2) La dc'iterminalion de ces plantes a été faite sur nos t^chanlillons par M. Battandier, le botaniste algi^rien bien connu.

nous voudrions bien le suivre , mais cette escalade ne présente pour nous qu'un mince intérêt, car il n'est pas à croire que le point de vue que l'on a de là-haut soit beaucoup plus intéressant que celui que nous avons d'ici. Et puis, pour tout dire, la fatigue nous a terrassés et nous sentons le besoin de nous reposer un peu, enveloppés dans des couvertures, car le froid est intense: les plaques de neige commencent h quelques mètres au-dessus de nous. Quant à Si Bou Médiène il tient à faire cette ascension 'a/a Sidi Cho'aïb Abi Madian, c'est-à-dire en l'honneur du grand saint tlemcénien dont il porte le nom.

Nos deux guides chleûh' nous quittent, car la crête est la limite de leur tribu; dans la tribu voisine, avec laquelle ils sont en conflit aigu, ils seraient beaucoup moins en sûreté que nous : nous ne compterons donc plus que sur nous-mêmes. Il est grand temps de partir, car le brouillard monte petit à petit et menace de nous envahir sous peu, ce qui rendrait toute descente impossible et nous obligerait à camper dans ce lieu inhospitalier. Un de nos muletiers ne nous a pas rejoint ; il est encore très loin, mais il nous fait signe qu'il faut partir et qu'il nous rejoindra, car il est moins chargé que nous et, d'autre part, le gros de notre convoi, plus encombre, marche très lentement, surtout à la descente.

Nous abandonnons donc dans le col la demi-charge qu'il doit reprendre en passant et nous commençons à descendre l'Atlas; cette descente est plus malaisée encore que la montée. Les pointements de i-oches porphyriques recommencent, semblables h ceux de l'autre côté de la montagne, mais beaucoup |)lns nombreux: la llore devient plus riche.

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