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LE MANTEAU DE L'ATLAS

d'Imi 11 Tala de nombreux abris sous roche : nous n'avons pas le temps malheureusement d'aller voir tout cela de près.

Aux frênes, qui ont fait leur apparition depuis Tizi Ouçoul se joint maintenant l'olivier, qui va devenir de plus en plus abondant jusqu'au pied de la montagne. C'est un paysage inoubliable que cette belle vallée où la verdure sombre de l'olivier, la verdure tendre du noyer et la verdure glauque et légère du frêne se marient à celle des pelouses somptueuses que forment les prairies artificielles, bordées de rangées de pierres blanches.

Pataugeant toujours dans le lit de la rivière, nous dépassons la dechra d'Aït Merzoug, la deuxième de ce nom dans notre itinéraire d'aujourd'hui, puis celle d'Infaï, toujours dans les schistes bleus et dans les roches rouges d'Imi n Tala. Voici maintenant qu'apparaît le chêne à glands doux, Quercus ballotta L., qui est très abondant et le Juniperus oxycedrus, L., ainsi que \c Juniperus pluenicea L., que les Berbères appellent aussi ammèch et qui est très commun. Ces deux conifères sont communs dans tous les massifs montagneux de la Berbérie, mais le Juniperus Ihurifera L., (jue nous avons rencontré dans les hautes altitudes^ est beaucoup plus rare dans l'Afrique du Nord. Quand au chêne ballotte, si répandu dans certaines autres parties de ce pays, il est ici relativement rare. Bail voil encore dans sa présence un reste de forêts déiruitespar les habitants (1).

(1) Hall, Spic. fl. mar., p. 667.

Enfin, à la dechra de Timizar, nous quittons le lit de la rivière et nous montons le long de la rive droite, car nous allons nous engager dans la montagne pour gagner Amismiz, parce que la vallée est pleine de cultures et que l'oued ne peut pas servir de chemin, à cause de la profondeur de son eau et de la nature de son lit. Le 'ac'r est passé depuis longtemps, lorsque nous sommes à la belle et grande dechra d'Aït H'amd qui étage de riches cultures le long de la montagne. La flore a pris maintenant un aspect qui nous est plus familier; le lentisque, les cistes, le h'elh'âl ou Lavandula Sloechas L., le baguenaudier se mélangent constamment ; ce dernier arbrisseau est caractéristique du pied de l'Atlas.

Enfin, la plaine de Marrakech, que nous avons déjà aperçue deux ou trois fois, se découvre tout entière à nos yeux et le soleil, qui va se cacher, y projette à travers les nuages de larges taches jaunâtres. Les Jbîlêt bornent l'horizon; Araismiz nous apparaît, assise sur la rive droite de l'oued, avec ses maisons en terre et son minaret. Tout autour, au loin, s'étendent les tapis jaunes et verts des moissons, qui alternent avec les carrés sombres des jardins, au milieu desquels l'oued se déroule comme un ruban d'argent.

Il s'appelle ici l'Oued Amismiz, car les rivières dans le Nord do l'Afrique changent de nom à chaque instant, et particulièrement chaque fois qu'elles reçoivent un affluent nouveau. Les indigènes n'oul pas encore la conception théorique et vraisemblablement très fausse que nous nous faisons du lleuve avec ses affluents et avec son « bassin ».

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