LES SEPT RABBINS
avec les deux suivants: Moula Ir'i, qui est enterré à Tanesrit (Demnàt); Chloûmou Bel H 'anech, enterré à Ourîka, dont nous avons raconté la légende et qui est connu dans tout le Maroc (1); Rehhi li'ahîh enterré dans les Mcsfîoua; Moùl cl Horj dans les Scràr'na ; Sidi H'aicm. enterré à Alt Mâzen ; et Rcbhi Ghcmmoùl à Tasemsît.
Il y a qucl({ues variantes de celte liste, selon les divers informateurs, mais celle ([ue nous venons de donner est la plus généralement répandue. Fntin, un de nos informateurs prétend (pic les l'abhins étaient dix, mais il ne j)eut i)as nous donner dix noms et la véritable légende nous semble être celle (pii fixe le nombre des l'abbins à sept . Il y a là un emploi du nombre se])t analogue à celui (pn' en est fait dans la conception musulmane des .s-c/>' .uloti riji'd doni nous avons déjà signalé la fréquence. Les sanctuaires des sept rabbins sont, nous assure-t-on, tous également visités par les Musulmans cl par les .Tuifs.
Loiscpic les sept rabbins ari'ivèrentdansla région de Marrâkecli, la discorde se mit pai'mi eux et ils se séparèrent: Dàouid s'en alla à l'cndroil où est encore aujourd'hui son tombeau, et là il se mit à enseigner. Il avait un auditoire de viugl-cin(| élèves, tous rabbins : un vendredi il Icurdit : « Un de vous va mourir aujoui'd'liui, il faut lui préparer sa tombe. » Ses élèves lui dirent (pi'il fallail la mesuredc celui (pii devait mourii- pour creuser la fosse. .. Prenez mesure sur moi .1, leur dil-il. Ils (iicnl conune il l'ordonnail ; (pi;ui(l la tombe
(1) V. .s'u/jnl, p. 22.
Et)M. UOUTTÉ. — Missions au Maroc.
fut creusée il se mit tlcdans pour l'essayer, el il vit qu'elle lui convenait. Alors, il se releva, se purifia, s'enveloppa d'un linceul et se coucha dans la tombe où il s'endormit du sommeil éternel. On reconnaît là un thème fréquent de la littérature hagiographique, celui de la mort de l'apôtre Jean.
Voici d'autre part la version musulmane recueillie de la bouche de divers informateurs, dont les dires ont été trouvés concordants. Dâouid Dra' était un rabbin qui habitait Jérusalem au moment où les Juifs opprimaient Sîdna'Aïça, c'està-dire Jésus-Christ, et commençaient à falsifier leurs Écritures, que, d'après les Musulmans, ils ont entièrement altérées.
Il se révolta contre ce sacrilège, mais n'ayant pu l'empêcher, il s'exila et vint se fixer ici. Il descend de SidiDàwoûd (David en arabe) et, par conséquent, il est considéré par les Musulmans comme un chérif(l), un chérif juif à la vérité, mais d'avant l'époque à laquelle les Juifs altérèrent leurs Écritures et cessèrent d'être un peuple de Dieu. C'était donc un mou'min et les Musulmans lui donnent le titre de siyed.
Il est également vénéré et son tombeau est également visité par les Juifs et par les Musulmans ; ceux-ci tolèrent sans difficulté la visite des premiers. Juifs et Musulmans reconnaissent que les miracles opérés par Dàouid Dra' les favorisent aussi bien les uns que les autres.
On raconte cpi'un Musulman qui était en prison avait
(1) Mais il n'est chérif que par analogie avec les vrais chérifs, descendants de Mahomet, de môme que, par exemple, le marabout de Bou 1 Ja'ad qui descend de 'Omar est considéré comme une sorte de chérif de second rang.