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UN;E ZAOUIA DE REHHALA

confluent de l'Oued Taçaoul et de l'Oued Demnât, non loin delà zaouia de Sidi 'Aïça ben Slîmân, qui, au dire des indigènes, se trouve à égale distance d'El Qala'a et de Demnât.

Nos tentes sont plantées dans un endroit verdoyant où nous nous reposons des fatigues de la journée ; de l'eau, des rives couvertes de joncs, de grands roseaux, des trembles, la vue de cette nature nous enchante. Hélas ! nous devions le regretter amèrement le lendemain, car nous repartîmes de ce campement avec un violent accès de fièvre. L'expérience de l'Algérie et du Maroc nous avait cependant instruits; nous savions ([ue dans ce pays lorsqu'on rencontre un paysage qu'égaient la verdure des arbres et la fraîcheur des eaux, il faut fuir cette nature séduclrice et aller camper plus loin, sur la colline voisine que le soleil dessèche el cpic les vents balayent. Mais le site nous avait attirés et nous avions cru pouvoir nous permettre |)lusicurs fois dans ces derniers temps cette infraclion à nos règles haliitucUes.

La zaouia de Sidi 'Aïça ben Slîmàn est une zaouia d'Oulàd Sidi Rah'h'àl; on observe ici les mêmes mœurs que nous avons décrites à propos de la zaouia mère. Les Oulàd Sidi Rah'h'àl forment donc une sorte de confrérie religieuse; mais en quoi consiste le lien qui rattache les uns aux autres les membres de hi confrérie?C'estsansdoulcladcscendance, qu'elle soit fictive ou non et, peut-cire aussi (nous ne l'avons pas constaté), un dzikr rudimenlairc, mais surtout la dîme que prélèvent les diverses zaouias sur leurs revenus pour l'envoyer comme une sorte de tribut religieux à la /aouia

Edm. Douttë. — Missions au Maroc. 16

52fi LA SOURCE SACRÉE DE DEMNAT

mère dont ils peuvent ainsi se réclamer et dont ils partagent la notoriété.

11 y a loin de là, comme on le voit, à la grande confrérie à caractère universel et puissamment organisée, telle que nous l'ont décrite les ouvrages de l'école algérienne. Mais c'est sans doute dans des confréries à caractère local, comme celle de Sidi Rah'h'câl, (pi'il faut cliercher les premières formes de cette institution musulmane dont l'origine est encore mal connue.

12 Octobre. — De la zaouia de Sidi 'Aïça ben Slîmân nous nous rendons aujourd'hui à El Qala'a, en continuant à cheminer sur le territoiredelatribudeSeràr'na. GesSerâr'na sont des Arabes ou pour parler plus exactement des Berbères arabophones. Il semble en eiïet, dans le dernier état de la science, qu'on ne puisse plus distinguer d'Arabes dans l'Afrique du Nord : le vieux fonds berbère les a tous absorbés et, suivant l'expression originale de M. le docteur Berthelot, ils ont élé « phagocytés » par les indigènes, comme l'ont été les conquérants qui les ont précédés.

Car les Phéniciens n'ont pas émigré de leurs emporin, les (loties romaines n'ont pas fait repasser la mer aux colons lalins et les Vandales n'ont traversé ([u'une fois le détroit. Pai-mi tous ces peuples qui semblent, comme le dit (). Reclus, avoir fondu au soleil d'iVfri([ue, il y en a qui n'ont disi)aru qu'après avoir laissé leur empreinte.

Ces civilisateurs sont ceux ([ui avaient avec les Berbères quelque [)arenté ou (|ucl(|ue ressemblance : les Phéniciens

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