LE SORT DE LA MAISON
ils sont emprisonnés par le sultan qui conlisque leur. b>en et la maiscr du disgracié est frappée de mauvais augure II est de règle qu-un eaïd u'irabile jamais laeasbadeson prédécesseur, s-il ne tait pas part.e de la mémo famille ; il fa.tb.tnune autre maison, souvent à côté delà première. Il arr.re souvent que dans une étendue relativement restre.nte, es squelettes des easbas croulantes racontent au voyageur les révolutions des caïdats.
La destruction de la maison après la mort, la maladie est une coutume observée chez tousles peuples prunitiis(l ). Elle se retrouve même chez nos paysans de France: dans les Vosges, parexemple, on ne rebâtit jamais une maison sur l'emplacement de celle cpù a été brûlée; on n'utilise même pas les matériaux épargnés par le feu (2). Ce dernier trait montre cpre cette interdiction ne peut pas être int^erpretee comme une mesure de prophylaxie hygiénique : il faut la rattacher aux croyances relatives à l'influence de la demeure Hur ceux cpii l'habitent. Les maisons ont leur sort ; le proverbe arabe ne dil-W p^s: El kheïr g ç'aç' ou lia nç'nç oalla ba^ad mel ^nUibi. c'est-à-dire : « le bonheur est dans les franges de cheveux, dans les fronts des chevaux et daiis certains seuilsde porte, » autrement dit dans le bon choix:dcs femmes, des chevaux et des maisons.
Lacasbaquenous avons devant les yeux est bien fortifiée et visiblement construite en vue de résister aux attaques des sauvages Idouîren^dlcc^^
(1) Voy. Cbawley, Myslic rose, p. 98.
(2i René Basskt, in lill.
Qahîra, qui porte le même nom que le Caire. C'est ici que nous descendons pour faire halte dans des jardins qui nous paraissent enchanteurs, après la solitude que nous venons de traverser : nous prenons notre repas à l'ombre de beaux oliviers, au bord d'une sâguia, dans un jardin où les fleurs éclatantes des grenadiers jettent leurs notes crues parmi la lourde verdure des figuiers.
Nous en repartons à deux heures et demie et, vingt-cinq minutes après, nous traversons l'oued Qahîra dont nous apercevons la vallée profonde creusée dans l'Atlas. Les populations cjui l'habitent échappent entièrement à l'autorité du makhzen : là vivent les montagnards Seksâoua, aussi farouches que leurs voisins les Idouîren ; nous en croisons plusieurs qui descendent gaillardement dans la plaine, le fusil sur l'épaule et en hommes qui ne craignent point les gendarmes (1).
Au fond de la vallée, sur un sommet, au-dessus des voiles gris qui se traînent au flanc de l'Atlas, nous apercevons le tombeau célèbre de Lalla 'Aziza qui attire tous les ans et de tout le Sud du Maroc, un grand nombre de pèlerins. Le sultan a fait bâlir à la sainte une qoubba, sans doute pour se concilier les Seksâoua ; mais, ceux-ci ont considéré qu'il accomplissait là un acte de piété qui lui serait suffisamment compté plus lard et que ce n'était pas une raison pour qu'ils payassent des impôts: ils sont restés ii-réductiblcs.
Nous traversons maintciianl iiii icrriloire nionlueuxqui
(1) M. Rrives a parcouru leur pays.