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saisis et envoyés avec les autres prisonniers au bourg de Saint-Ignace.
C’est à Saint-Ignace que les deux saints missionnaires, mes petits amis, devaient conquérir les palmes du martyre. A leur arrivée ils sont reçus à coups de bâtons. Puis on les attache au poteau où les sauvages les tourmentent avec le fer et le feu. On leur suspend au cou un collier de haches rougies sur des charbons; on leur met des ceintures d’écorce, enduite de poix et de résine enflammées; en dérision du saint baptême, on leur verse de l’eau bouillante su: la tête. Ils étaient si cruels ces Iroquois !
Mais leur cruauté n'avait pas de bornes.
Vous le verrez bien tout à l'heure,
Songez-vous comme ça devait être terrible de se sentir rôtir tout vivant, de se fdîre jeter de l’eau bouillante sur la tête? Le pauvre P. Gabriel Lalemant, d’une constitution faible et délicate, levait les yeux au ciel, joignant les mains et demandant à Dieu du secours. Quand vous avez des bobos, rappelez-vous ce qu'ont souffert, pour la gloire de Dieu et le salut des Âmes, nos chers missionnaires. Le P. de Brébeuf, lui, ne bronchait pas. Sans pousser un cri, ni même un soupir, comme un rocher, insensible au fer et au feu, il élevait la voix de temps en temps pour soutenir les chrétiens qu'on torturait autour de lui. Pour
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le faire taire, les Iroquois lui arrachèrent les lèvres et lui enfoncèrent un fer rouge dans la bouche. Le P. de Brébeuf resta aussi calme que si on lui eût fait prendre une douce liqueur.
Puis on amena près du P. de Brébeuf son jeune compagnon couvert d’écorces de sapin. Ces écorces, Vous vous l’imaginez facilement, les bourreaux allaient y mettre le feu dansuninstant. Le pauvre P. Lalemant se mit à genoux aux pieds du vieux missionnaire, et répéta les paroles de l’apôtre saint Paul : « Nous avons été mis en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. » Ensuite, le P. Lalemant fut ramené à son poteau, et on mit le feu aux écorce: Les sauvages le regardaient brûler, l’entendaient gémir avec plaisir, en riant. Mais bientôt le sang commença à couler, et l’odeur du sang rendit les Iroquois furieux. Je vous disais que leur cruauté n’avait pas de bornes. Vous allez voir que j'avais bien raison. Mes petits amis, ils arrachèrent les yeux du P. Lalemant, et mirent à la place des charbons ardents. C’est effrayant, n'est-ce pas? Ce n'était pas encore assez. Ils taillaient sur les cuisses et sur les bras des deux missionnaires des morceaux de chair qu’il faisaient rôtir sur des charbons, et qu'ils dévoraient devant eux. ,
Le P. Lalemant, beaucoup plus faible que le P. de Brébeuf, comme vous le saves, souffrit cepen-
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dant le plus longtemps. Le P. de Brébeuf mourut le jour même de sa prise, le seize mars, après trois beures de tourments, tandis que le P. Lalemant, lui, fut torturé jusqu’au lendemain, à neuf heures du matin. Il eût duré plus longtemps sans un Iroquois qui lui donna un coup de hache. Le P. Lalemant avait trente-neuf ans.
Vous aimeriez peut-être à entendre parler plus longuement du vaillant Père de Brébeuf. Il fut si grand, si fort devant la mort, au milieu des tourments, que les barbares lui arrachèrent le cœur et se le pariagèrent. Ils espéraient que ceux qui en mangeraient, obtiendraient une portion du courage de leur victime. Du reste, je vous assure que le P. de Brébeuf avait bien d’autres qualités que la force physique. On admirait en lui un jugement supérieur, une prudence consommée, une douceur inaltérable. Néanmoins il écrivait: «J'ai reconnu que je ne possède aucun talent. Je me sens cependant porté à obéir; et je crois être propre à garder la porte, à balayer les chambres et à faire la cuisine Je me conduirai toujours comme un mendiant admis par charité dans la Compagnie.» Il disait aussi: « Pour moi, je ne suis qu’un bœuf, bon seulement à tracer un sillon. » Saviez-vous qu’il n’y a pas de sainteté sans humilité? Et l'humilité ça ne doit pas être
seulement dans les paroles, ça doit être dans i’âme. Et comme c’est aimable l'humilité.
Depuis longtemps le P. de Brébeuf s'était offert à Dieu pour le martyre. Et pour bien se préparer à cette grande faveur ‘:1 martyre, tous les jours il travaillait à se vainer:: lui-même. « Je me laisserai broyer », avait-il 6 :t quelque part, « plutôt que d’enfreindre volontairement une seule règle. Jamais je ne dirai: C’est assez, quand il s'agira de travailler ou de souffrir pour Dieu. » Maîtriser ainsi sa volonté, c’est parfois plus pénible que le martvre, parce que c’est un travail difficile qui dure toute la vie,
Que de choses encore il y aurait à dire au sujet du P. de Brébeuf ! J'ai parlé déjà à vos petites sœurs de la Mère Marie-Catherine de Saint- Augustin; je leur ai rappelé que de saintes âmes comme la sienne peuvent beaucoup sur le cœur de Dieu, même dans l'intérêt de tout un pays. Eh bien ! je vous surprendrai peut-être en vous disant que le P. de Brébeuf, plusieurs années après sa mort, assista assidôment Marie-Catherine de Saint- Augustin, la soutint, la protégea, la consola et la dirigea du haut du ciel dans son sublime apostolat. « 11 la soutint dans les tentations, contrecarrant les opérations du démon en elle, lui suggérant et même lui faisant faire des actes tout opposés à ceux que l'enfer lvi inspirait... Plus l'enfer s’acharnait
à la séparer de son Dieu, plus son directeur cé este attisait la ferveur de ses saints désirs. » (:) Vous savez peut-être que cette sainte religieuse fut aux prises avec des tentations terribles et variées. Que cela vous encourage done, mes chers petits amis, à tenir bon dans les tentations, dans les épreuves de toutes sortes, Soyez sincèrement à Dieu, ne cherchez que sa gloire, en toute droiture de cœur. priez bien, et vous garderez la paix qu'on ne peut ôter aux âmes intérieures. Pourquoi n'’auriez- "ous pas recours vous aussi au bon Père de Brébeuf
ans vos tribulations? Il doit avoir un faible pour tous les petits canadiens, Il a tant aimé notre patrie !
Bonsoir !
20 décembre 1917.
(1) Marie-Catherine de Saint-A tin, par le R. P P. Hudon, 8. J., p. 166. suis
Jésuites vint fonder « la Mission de la Conception
Le Pere Bureux
les Jésuites au commencement de notre histoire: déjà depuis plusieurs semaines nous ne parlons que des Jésuites. C'est vrai qu’ils sont nombreux, et c’est encore plus vrai qu’ils ont fait beaucoup de bien à la Nouvelle-France. S'il fallait les nommer
tous et faire connaître leurs œuvres, on n’en finirait pas.
Ce soir, c’est du Père Buteux que je vais vous parler. Vous surtout, mes petits amis des Trois- Rivières, retenez bien ce nom-là, car c’est celui d’un missionnaire de notre région.
Le P. Buteux naquit à Abbeville, en France, au mois d'avril 1600. Entré dans la Compagnie de Jésus à Rouen le 2 octobre 1620, il termina ses études théologiques en 1634, et partit pour la Nouvelle-France. Depuis 1634 jusqu’à l’époque de sa mort, en 1652, on le retrouve presque continuellement aux Trois-Rivières ou dans les environs. J’ai donc bien raison de dire aux petits amis des Trois- Rivières qu’ils doivent retenir son nom.
En 1634, le Père Le Jeune, supérieur des
Vous vous dites peut-être qu’ils sont nombreux
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des Trois-Rivières », et s’adjoignit le Père Buteux, dont il se plaît à louer le zèle et l’abnégation.
Du zèle et de l’abnégation, il en fallait, allez, pour vivre en contact continuel avec ces pauvres sauvages dont les habitudes faisaient parfois frémir de dégoût les blancs les moins difficiles. Voulezvous que je vous raconte un fait? Un jour, « le P. Buteux étant entré en une cabane où l’on faisait un festin de graisse d'ours à tout manger, s'étant mis en rang avec les autres sans y prendre garde, on lui donne un grand plat tout plein de ce nectar : lui, bien étonné, le refuse, disant qu’il venait de dîner; le distributeur du festin se fâche et lui dit : Pourquoi es-tu donc entré ici, si tu ne veux pas être du festin? Il faut que tu manges tout cela, autrement notre banquet sera gâté. Le Père pour le contenter, en goûte un peu. Là-dessus arrive le Père Quentin, qui entre aussi sans y penser : le voilà condamné à en manger sa part. Comme ils disaient tous deux que cela leur était impossible, on les condamne de stupidité et de n’avoir qu'un petit cœur, puisqu'ils n'avaient pas un grand estomac. J'en ai plus mangé, disait l’un d'eux. que n’en sauraient manger toutes les robes noires. Les Pères lui répartirent : Puisque tu es si vaillant homme, mange encore notre mets, Oui dà, répondit-il. Il le fit en effet. À condition qu’on lui donnerait à manger en notre maison. »
Et puis au temps héroïques de la Nouvelle- France, les saints missionnaires venus de France s’imposaient de grandes fatigues. Ah ! s’il eût fallu attendre l'invention des « chapel cars » pour convertir les barbares, l'œuvre de l'Église ne serait pas encore bien considérable chez nous. En 1636, par exemple, le Père Buteux, la raquette au pied, sur la glace et dans la neige fondante, va porter le secours de son ministère à une famille algonquine qui demeurait à une dizaine de lieues en haut du fort des Trois-Rivières. Mais cette excursion n'était rien en comparaison de bien d’autres courses faites par le Père Buteux. Ses voyages chez les Attikamègues ou Poissons-Blancs, dans le haut du Saint- Maurice étaient bien plus pénibles que cela.
Les Attikamègues aimaient beaucoup le Père Buteux qui avait pour eux le dévouement d’un apôtre, et l’affection d’un père pour ses enfants. C'étaient bien aussi les meilleurs sauvages qu'on pouvait imaginer, les Attikamègues. Ils étaient doux, affables, recevaient avec bonheur l’enseignement de la religion. Vous voyez qu'ils ne ressenblaient pas du tout aux Iroquois. Ces chers Attikamègues, comme ils avaient peur des Iroquois ! C'est pour cela surtout qu’ils se tenaient le plus loin possible des centres habités.
Mais cet éloignement les privait de la présence du missionnaire, et ça leur faisait de la peine. En
1649, ils supplièrent le bon Père Buteux d'aller demeurer chez eux. Le Père ne put acquiescer tout de suite à cette prière, mais il promit d'aller bientôt les voir, et il tint promesse. « Le 27 mar (1651), dit le P. Buteux, nous partimes quatre Français, savoir : Monsieur de Normanville et moi et nos deux hommes, en compagnie d'environ Quarante sauvages...» Le voyage dura trois mois. Quel voyage ! Rapides, fausses glaces, rochers de glace, précipices, nuits dans la neige et à la belle étoile, ete., ete. Le récit de ce voyage, à la fois si pénible et si consolant pour un apôtre, est d'une lecture captivante. Le 18 juin, le P. Buteux était de retour aux Trois-Rivières.
Voulez-vous savoir ce que fit le P. Buteux Pour se remettre de ses fatigues? Il partit pour Québec, se rendit à Tadoussac, à Gaspé, à l'ile Percé. En cinq mois, ce missionnaire d’une constitution délicate, maladive, avait remonté le Saint- Maurice jusqu’à la hauteur des terres, et descendu le fleuve jusqu’à la mer, sans presque se reposer bulle part.
L'heure approchait où Dieu allait décerner à son serviteur la récompense de son travail.
Après avoir passé l'hiver aux Trois-Rivières, avec quantité de sauvages, il partit de nouveau le 4 avril 1652 pour le pays des Attikamègues, avec le pressentiment de sa fin prochaine.
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« Mon Révérend Père », écrivait-il au Père Ragueneau, la veille de son départ, « c'est à ce coup qu'il faut espérer que nous partirons. Dieu veuille que les résolutions soient fermes, et qu’enfin nous partions une bonne fois, et que le ciel soit le terme de notre voyage. Haec spes reposila est in sinu meo. Notre équipage est faible, la plupart d'hommes languissants, ou de femmes et d'enfants, le tout environ soixante âmes. Les vivandiers et les provisions de cette petite troupe sont entre les mains de Celui qui nourrit les oiseaux du Ciel. Je pars accompagné de mes misères, j'ai grand besoin de prières, je demande en toute humilité celles de votre Révérence, et de nos Pères. Le cœur me dit que le temps de mon bonheur approche. Dominus est, quod bonum est in oculis suis faciat. » [l'est le Seigneur, qu'il fasse ce qui est agréable à ses yeux; telles furent les dernières paroles d'adieu du missionnaire.
Le 10 mai, durant un portage, le Père Buteux e{ ses deux compagnons se virent investis par une bande d’Iroquois qui les attendaient au e.
Le Huron qui marchait le premier, dit la Relation, fut saisi si subitement qu'il n'eut pas le loisir de faire un seul Pas en arrière. Les deux autres, le Père et un jeune soldat français, un peu éloignés, furent jetés par terre, les ennemis ayant fait sur eux ‘a décharge de leur fusil, Le Père tomba
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blessé de deux balles à la poitrine et d’une autre au bras droit qui lui fut rompu. Ces barbares se ruèrent incontinent sur lui, pour le percer de leurs épées, et pour l’assommer à coup de hache, avec son compagnon. Ils n’eurent point tous deux d’autres paroles en bouche que celle de Jésus, dit toujours la chronique. Ils furent dépouillés de leurs vêtements et jetés dans la rivière.
C'était le septième Jésuite qui tombait sous les coups des ennemis de la foi.
Cette scène eut lieu, croit-on, à Shawenegan. (1) Bonsoir.
27 décembre 1917.
(à) La Revue canadienne, 1875, p. 139.
P1ERRE BoucHERr
Ce soir, nous ne Parlerons pas des Ca pourrait vous attrister,
temps du jour de l'an. Je y homme dont le nom vous est bien connu probablement, tant c’est un nom «(de par chez nous ). Avez-vous entendu parler déjà de M. Pierre Boucher? Joseph et Joachim disent là-bas qu’ils ont entendu parler déjà de Pierre Boucher.
donc vous raconter un peu illustre des Pierre Boucher,
ensuite si c’est celui-là que vo
Au commencement de 1635, un jeune Français de 13 ans arrivait à Québec en Compagnie de son père; il se nommait Pierre Boucher.
Formé à l’école du sacrifice et du devoir, il ne tar la pas à comprendre que sur cette terre de la Nouvelle-France il devait être défricheur, apôtre et soldat.
Afin de se mettre en état de faire plus de bien, il alla passer quatre ans chez les Hurons d’en haut, Pour apprendre leur langue, puis revint ensuite à
martyrs.
et nous sommes au
ais vous parler d’un
Je vais
l’histoire du plus et vous me direz US connaissez.
Québec où il servit d’interprète.
En ce temps-là, vous le savez, tout le monde Aussi on voit
était soldat. Il le fallait bien.
Pierre Boucher guerroyer contre les Iroquois, sur la rivière Richelieu, en 1643; sur le lac Saint-Pierre, en 1645. En 1646, il se distingue par sa bravoure au fort Bécancour.
A cette époque Pierre Boucher fut chargé du soin des magasins du fort des Trois-Rivières. Je vous assure que ce n’était pas une besogne inutile qu'on lui avait confiée là. La ville des Trois- Rivières était alors l’un des principaux bourgs fortifiés, et de tous peut-être le plus menacé. Mais on savait bien que le fort, sous la garde de M. Boucher. était entre bonnes mains.
Je vais vous raconter quelque chose qui va vous faire voir que Pierre Boucher n’était pas le premier venu. En 1653, il remplaçait M. de la Poterie au gouvernement des Trois-Rivières, quoiqu’il n’eût alors que trente ans. Les Agniers crurent le moment bien choisi pour s'emparer du petit fort et détruire ensuite la colonie. Ils se trompaient. Boucher n'avait que 46 hommes, et les Agniers étaient 500. La lutte fut longue et difficile, mes petits amis, mais le neuvième jour qui était un samedi, les sauvages prirent la fuite pour ne plus revenir. La colonie venait d'échapper à un grand danger. Pierre Boucher l'avait sauvée. Mettez donc le nom de Pierre Boucher avec ceux de Maisonneuve, de Lambert Closse, de Madeleine de
Verchères, de Dollard des Ormeaux.
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La paix conclue, Boucher demeura gouverneur des Trois-Rivières jusqu’en 1658; il devait revenir à ce poste, de 1663 à 1667. Ce fut durant ce der-
‘nier gouvernement que Pierre Boucher acheta 35 à 40 arpents de terre aux Trois-Rivières. Aussi bon patriote que bon chrétien, comme Champlain, comme Louis Hébert, comme tous les vrais fonda, teurs de notre pays, il comprenait toute l’importance de l’agriculture. Savez-vous qu’un peuple ne peut se passer de l’agriculture, et que l’habitant canadien a assuré la vie de notre race? L'habi. tant de chez nous, avec quel respect, quelle reconnaissance il faut parler de lui! Ah! si vous pouvez être habitants un jour, comme elle sera belle votre vocation !
En 1667, Pierre Boucher renonça à toutes les charges honorifiques pour $se faire défricheur, sur sa seigneurie de Boucherville. Il fut aussi, mes petits amis d’Yamachiche, remarquez cela, il fut aussi le premier seigneur d’Yamachiche, mais ne put s'occuper de cette seigneurie. |
Et puis, je vous le disais il y a un instant, Pierre Boucher fut un apôtre. Savez-vous qu’on ne peut être bon chrét en sans être apôtre ? Ça “ous surprend peut-être. Je ne veux pas dire que pour être chrétien il faille monter en chaire, être prêtre et missionnaire, oh ! non. Je veux dire qu'un vrai chrétien a l'ambition de faire du bien
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autour de soi, d’aider ses frères à se sauver. Vous me comprenez? On aide les autres à se sauver par l’action, par la prière et par le bon exemple. Qui n’est pas capable au moins de prier pour son nrochain et de lui donner le bon exemple? Et puis, il faut aussi savoir se sacrifier en voyant chez nos frères, d’un regard surnaturel, Jésus-Christ Jui-même. Pierre Boucher fut véritablement un apôtre. Le vif désir d’être utile à ses compatriotes Jui fit accepter une mission délicate auprès de Louis XIV, en 1661. Cette démarche il la fit avec bonheur, dans l'intérêt de son pays, et il fut reçu par le monarque qui fixait :e regard de toute l'Europe. Entre nous, mes petits amis, nous pouvons bien nous dire que si le grand roi fut bon en accueillant favorablement l’humble député de la pauvre petite nation canadienne, il n’en est pas moins vrai que nous fûmes représenté à la cour cette foislà par un Canadien qui nous faisait honneur.
Et cet homme que Louis XIV avait anobli!
cet homme qui avait été go uverneur, qui avait été l’un des plus vaillants soldats de la colonie, ce homme-là, dans sa seigneurie de Boucherville, était président de la Congrégation de la sainte Vierge
Mais, pour bien connaître le chrétien en Pierre Boucher il faut lire ses Adieux. Voulez-vous que je vous en dise quelques passages ?
“Je vous parle à tous, mes chers enfants.
Voulez-vous que Dieu vous bénisse? Tenez-vous en paix les uns les autres et que l’intérét ne soit pas capable de vous désunir.… Souvenez-vous encore que le meilleur maMen d'entretenir la paix, c’est de conserver la crainte de Dieu. Ayez confiance en sa bonté et il vous donnera ce qui vous est nécessaire. Faites du bien à tout le monde pour l’amour de lui; ne faites de mal à personne autant que vous le pouvez. Faites réflexion qu’il y a bien des personnes qui se fatiguent jour et nuit pour amasser du bien pour des gens qui se moqueront d’eux après leur mort. Il faut faire ce que l’on peut pour en amasser, ne négliger aucune occasioh; mais que ce soit toujours sans préjudice de notre conscience et de notre honneur. Plutôt vivre pauvre, plutôt mourir, que de rien faire contre l’ordre de Dieu. Si vous vivez dans sa crainte, il aura soin de vous.
( Fuyez toutes sortes de débauchés et faites en sorte que vos enfants ne le soient pas. Souvenez-vous de cette parole du Sauveur : « Que sert à l’homme de Bagner tout le monde, s’il perd son âme.» La vie est courte, mais l'éternité ne finit jamais. Lisez le plus que vous pouvez de bons livres, et quand vous en trouverez qui vous donnent de bonnes instructions pour l’état où Dieu Vousa mis, ne vous contentez pas de les lire une fois, mais tâchez de les posséder.