LA D
et ses trois compagnons algonquins. Gloire donc à jamais à ces vingt-deux braves !
Voulez-vous que je vous donne les noms des dix-sept braves Français du Long-Saut? Écoutez bien : Adam Dollard, âgé de 25 ans; J
; Jacques Braësier, âgé de 25 ans: Jean Tavernier, âgé de
Hébert, dit La Rivière, âgé de 24 ans; Alonié de Lestre, âgé de 31 ans; Nicolas Josselin, âgé de 25 ans; Robert J urée, âgé de 24 ans ; Jacques Boisseau,
dit Cognac, âgé de 23 ans; Louis Martin, âgé de 21 ans; Christophe Augier, dit Desjardins, âgé de
ans; Jean Valets, âgé de 27 ans; René Doussin, âgé de 30 ans ; Jean Lecomte, âgé de 26 ans ; Simon Grenet âgé de 25 ans; François Crusson, dit
Dites bien à vos petits amis que l’histoire profane depuis le commencement du monde ne compte rien d’aussi beau que cette page canadienne,
10 janvier 1918.
MONSEIGNEUR DE LAvaAL
Quel est celui d’entre vous qui va me dire le nom du premier évêque de Québec?... Ah!
au moins dix qui répondent ensemble... Évidem-
ment Mgr de Laval n’est pas un inconnu chez nous Difiicilement aussi ça pourrait être autrement. Il a été si grand, si bon, il a tant aimé la Nouvelle- France ! Comme nous allons éprouver de l’agrément à parler de ce saint
\ évêque, n'est-ce pas? Il
Mor DE LaAvaL y aurait bien des choses à
(1623-1708) dire à son sujet, mais je vais essayer de ne pas être trop long.
François de Montmorency-Laval, premier évéque du Canada, naquit à Montigny-sur-Avre, en France, le 30 avril 1623. Son père Hugues de Laval, et sa mère Michelle de Péricard l’élevèrent dans la probité et la piété. Dès l’âge de huit ans le jeune François entrait au collège royal de La Flèche, tenu par les Jésuites. En ce temps-là, mes petits amis, un enfant qui quittait sa famille
pour entrer au collège la quittait généralement pour longtemps, car les Vacances se prenaient au collège. Les écoliers d’aujourd’hui pleurent souvent à la pensée de quitter leur maman Pour quelques mois, qu’adviendrait-il done si c'était Pour dix ans ? Si c'était pour quatorze ans ?... Après les dix ans consacrés à la grammaire, aux humanités, à la rhétorique et à la philosophie, suivaient les quatre ans de la théologie. Remarquez que dans ce temps là beaucoup de jeunes gens qui ne se destinaient pas au sacerdoce étudiaient néanmoins la théologie Ils croyaient avec raison qu’un homme instruit ne saurait trop connaître sa religion.
Mgr de Laval fit ses études théologiques au collège de Clermont tenu, comme le collège de La Flèche, par les Jésuites, et fut ordonné prêtre le ler mai. Le 3 juin 1658 Rome nommait François de Montmorency-Laval vicaire apostolique du Canada, avec le titre d’évêque de Pétrée. Et l’on vit arriver chez nous celui qu’on a appelé l’Apôtre du Canada, le Père de la N ouvelle-France, le Saint.
Ce n’était pas le premier venu, je vous assure, qui venait prendre la direction de l’Église canadien. ne. Mgr de Laval eût Pu aspirer aux premières charges de France, à cause de sa haute naissance et de ses grands talents. Il préféra l’apostolat modeste du Nouveau-Monde. Et quel apôtre Zélé ! On le trouve même à l'hôpital de Québec
où il sert les malades ct fait leur lit. Il fit la visite pastorale de Montréal au moins huit fois. Et ce n'était pas un petit voyage dans ce temps-là d’aller à Montréal. Savez-vous, mes petits amis, que le chemin de voiture de Québec à Montréal, sur les deux rives du Saint-Laurent, ne date que de 1735 ?
À combien d’autres œuvres dut se dépenser l’apôtre de la Nouvelle-France! F ondation du grand Séminaire de Québec en 1663, du petit Séminaire en 1668; fondation à Saint-Joachim d’une école des arts et métiers, à laquelle est annexée une ferme modèle et même une espèce d'école normale; organisation de la dîme, lutte contre la vente des boissons enivrantes aux sauvages, etc, etc.
La question de la dîme lui causa bien des désagréments et bien des chagrins, mais c’est la vente de l’eau-de-vie aux sauvages, je pense bien, qui fit le plus de peine à Mgr de Laval. Mes chers petits amis, l’amou ‘+ l'argent a été l’occasion de bien des erreurs ie bien des injustices toujours.
Souvenez-vous bien de cela. Au temps de Mgr de Laval on a vu des hommes intelligents comme Talon et Frontenac favoriser ouvertement la traite de l’eau-de-vie, parce que la traite de l’eau-de-vie semblait être avantageuse au commerce. Pourtant est-il possible d'admettre que le désordre est une source de prospérité véritable pour une société ?
Du reste, les événements malheureux causés par la boisson ne manquent pas dans notre histoire. En voulez-vous des exemples? Des sauvages qu’on appelait les Loups avaient contracté de fortes dettes chez les traiteurs des Trois-Rivières, pour obtenir de l’eau-de-vie ; incapables de s’arracher à la rapacité de leurs créanciers, ils se retirèrent auprès d’Albany. De là, soutenus par les Agniers, ils se jetèrent dans la colonie et brûlèrent les habitations de Saint-François-du-Lac et de la Rivièredu-Loup, puis continuèrent leur œuvre de destruction à Sorel, à Contrecœur, à Saint-Ours et à Boucherville. Ceci se passait en 1688. En 1689 eut lieu le massacre de Lachine, «le théâtre le plus fameux de l’ivrognerie des sauvages », dit l’abbé Ferland. Les Iroquois, à cette occasion, brûlèrent des maisons et en massacrèrent les habitants. Empalant des petits enfants, ils obligèrent leurs mères à tourner la broche pour les faire rôtir. Que d’autres malheurs on pourrait signaler ! Les sauvages ne buvaient que pour s’enivrer, et une fois ivres ils se rendaient coupables de tous les crimes. Vous pouvez vous imaginer à présent si Mgr de Laval et tout le clergé canadien avaient raison .de s’opposer à la vente des boissons enivrantes aux sauvages. Que le vénérable évêque dut souffrir ! Cependant dans l'exercice de son saint ministère jamais l’ombre d'un découragement ne
vint effleurer son âme. C'était, voyez-vous, une âme vraiment intérieure celle de Mgr de Laval. Le saint prélat savait que Dieu est patient et que nous devons savoir attendre longtemps parfois le triomphe des causes qui nous sont chères. «Il y a bien des années, écrivait-il un jour, que la Providence nous conduit, ainsi que l’Église du Canada, par des voies fort pénibles et crucifiantes, tant pour le spirituel que pour le temporel; pourvu que sa sainte volonté soit faite, il ne nous importe : il me semble que c’est toute ma paix et tout mon bonheur en cette vie, où je ne trouve d’autre paradis. C’est le royaume de Dieu qui est au dedans de l’âme, et qui fait notre centre, notre vie, notre tout.
« Priez bien le Seigneur qu’il me fasse la grâce de ne jamais rien vouloir que l’accomplissement de sa divine e* aimable volonté, « dans l’ignominie
comme dans lx gloire ».
Ces lignes, vous les relirez plus tard lorsque vous aurez des épreuves. Vous rencontrerez des épreuves dans la vie. Même les gens qui veulent le bien ne s’entendent pas toujours sur la meilleure manière de l’opérer; de là bien souvent des dissent ments qui blessent la charité si l’on n’y prend garde. Il est si difficile de s’oublier complètement soi-même pour travailler à la gloire de Dieu !
La charité. Cette vertu belle âme de Mgr de Laval.
il aima d’abord ses COMpagnons d’apostolat ; avant de dépenser au dehors les ardeurs de son zèle, il sut ouvrir son âme à son voisinage. Quelque temps après son arrivée à Québec on le trouve logé aveë
(Ils n'étaient tous
Apôtre véritable,
était le père. »
Montrez-vous toujours aimabl ‘Parents, vos petits frères, L'amour filial, la charité frat bien à l’apostolat.
Comme Mgr de Laval aimait tout d’un amour surnaturel !
es avec vos vos petites sœurs.
ernelle préparent si
es les âmes Il les aimait et ne reculait jamais devant les fatigues et les sacrifices pour les pousser vers Dieu. Iifit jusqu’à quatre voyages en France, si j’ai bonne Souvenance, toujours dans l'intérêt du salut des âmes. Les Pauvres étaient l’objet de sa plus tendre charité; il les accueillait avec une grande bonté, les assistait, accompagnant ses aumônes de quelques bons conseils. Vers la fin de sa vie, il se désolait Parce qu’il n’avait plus rien à donner AUX pauvres. Voulez-vous savoir jusqu’à quel point il fut bon, mes petits amis ?
Coutez-moi. «Un jour, au plus fort de Vhiver étant sorti en ville, il rencontre un pauvre enfant:
orna toujours la
PA ET ts € og
à moitié nu et grelottant de froid. Touché de compassion, il l'amène avec lui au presbytère, lui lave les pieds et les baise avec tendresse, lui donne des bas, des chaussures, un vêtement complet, l’habille en neuf des pieds à la tête, puis fait un paquet de ses haillons et le renvoie tout joyeux avec le doux sourire d’un homme qui a fait une bonne action. »
Et ce saint évêque qui était si bon, ah ! si vous l’aviez vu prier. A' deux ou trois heures du matin il était debout, faisait soigneusement ses exercices de piété; puis à quatre heures il se rendait à l’église, en ouvrait les portes, et sonnait sa messe qui était à quatre heures et demie, pour les travaillants. N'oubliez jamais et dites-le bien à vos petites sœurs que Mgr de Laval fit une œuvre admirable parce qu’il pria beaucoup.
Mais j'oubliais de vous dire que Mgr de Pétrée reçut le titre d’évêque de Québec en 1674, et qu’il se retira en 1688. C’est en 1708 que mourut Mgr de Laval.
Vous vous imaginez bien que j'aurais encore beaucoup de choses à vous dire au sujet de ce saint personnage, mais il faut savoir s'arrêter, car vos petites sœurs pourraient murmurer et dire que les hommes parlent trop...longtemps.
17 janvier 1918.
Vèir François de Montmorency-Laval, par l'abbé Auguste in.
JEAN TALON ET FRONTENAcC
dans notre histoire nationale: ils n'étaient certes
que nous soyons dans l’ de graves reproches, soir, ce qu’ils ont fait chez nous.
C’est le 23 mars 1665 officiellement nommé int France. Vous vous dem
ait en bien des choses qu'il umérer ici, L’intendant
n'était pas naturellement un BouvVerneur, mais sa
() Hist, du Droit Canadien, I. Lareau.
chose facile de s'entendre pour le gouverneur et l’intendant.
Il y eut treize intendants au Canada. Bigot fut le treizième. Talon a été surnommé le Colbert du Canada, à cause de ses grandes qualités d’administrateur; Bigot, lui, fut un ambitieux et un traître qui contribua largement à livrer notre pays aux Anglais en 1760. Le nom de Colbert ne vous dit peut-être pas grand’chose. (Colbert, c’est le nom du plus célèbre ministre de Louis XIV au temps le plus prospère de la Nouvelle-France. Vous savez - que notre roi, dans ce temps-là, était Louis XIV.
C’est donc le 23 mars 1665 que Jean Talon fut officiellement nommé intendant de la Nouvelle- France. Laborieux, clairvoyant, tenant avant tout à l’ordre et à la régularité, il avait des idées nettes et ne reculait devant rien pour les mettre à exécution. La volonté, mes petits amis, comme c'est nécessaire dans la vie ! Sans elle, la vie est une honte continuelle, une banqueroute. Toutefois il ne faut pas oublier que la volonté ce n’est pas de l’entêtement, ni cet orgueil qui croit toujours avoir raison. Ayez donc une volonté de fer quand il s’agit de faire votre devoir, mais retenez bien ces paroles d’un prêtre d’expérience : « Promets donc à Dieu, Ô mon fils, d’être docile et de soumettre ton jugement au jugement des prudents et des sages : tu éviteras bien des déboires, bien des erreurs et
bien des chutes. » (1) Si l’intendant Talon eût su soumettre son jugement à celui des prêtres et de son évêque que de fautes il eût évitées ! Du reste, n'est-il pas dit dans l'Écriture : « C'est de la bouche du prêtre qu'on apprendra la loi ? » (Mal. II, 7.)
Malheureusement les maîtres de Talon, dans l'ordre civil, Colbert et Louis XIV, donnaient euxmêmes le mauvais exemple. «Jamais roi de France ne fut aussi sincèrement attaché à la foi de ses pères, rien n'est plus certain; mais ce qui ne l’est pas moins, c’est que jamais roi de France, depuis Philippe le Bel, n’a donné au Saint-Siège plus de chagrin que Louis XIV.» (11) Et le ministre Colbert était le digne serviteur de son roi. Ah! que l’orgueil a fait du mal dans le monde, ! Aussi ce M. Talon, qui était si intelligent, qui était chrétien sincère malgré tout, entretenait presque toujours de la défiance à l'égard des Jésuites et de Mgr de Laval.
Que de malaises, par exemple, touchant la traite de l’eau-de-vie ! Pourtant, je vous assure que, dans ce temps-là, les arguments apportés en faveur de la vente de la boisson n'étaient guère Meilleurs que ceux qu’on trouve aujourd’hui dans
(1) Les Sauvegardes, abbé Paul Barbier, p. 75. (u) De l'église gallicane, J. De Maistre.
la plupart des feuilles opposées à la prohibition. Retenez bien ceci : onn’a jumais vu la prospérité réelle et durable naître du désordre.
Mais à côté d'erreurs regrettables, il faut noter, dans l’administration de Talon, les bienfaits dont il gratifia notre pays. Autrement, nous ne serions pas justes À son égard.
Je vous ai déjà dit un peu, si je me souviens bien, que la colonisation chez nous, au temps des Français, avait marché lentement, parce qu’il ne venait pas assez de secours de France, et parce que trop de gens ici ne s’occupaientque du commerce des fourrures. Avec l’intendant Talon les choses changèrent de face. Par ses conseils et ses exemples il encouragea l’agriculture et la colonisation. Des moyens avaient été pris aussi pour tenir les Iroquois en respect. Il ne faut pas oublier que les Iroquois se cachaient partout pour faire du mal aux Français, et que les Français ne pouvaient aller travailler sans avoir un fusil à la main. On put donc alors défricher plus à l’aise. Et puis, chaque année le roi Louis XIV et Colbert, stimulés par les mémoires et les instances de Talon, envoyaient chez nous des colons et des animaux domestiques. On encourageait aussi les mariages. En arrivant au Canada les filles se mariaient. Rien d'étonnant en cela, du reste, puisqu’elles étaient toutes bohnes, pieuses, probablement jolies.
Je l’ai déjà dit à vos petites sœurs, nos mères furent des vaillantes, dont l'honneur est sans tache, Ne souffrez jamais qu’on attaque leur honneur.
L'intendant Talon s’occupait de tout, Il voyait au soutien des troupes, au “nulagement des malades de l’Hôtel-Dieu:; il fit tour :à son pouvoir pour développer l’industrie chez uOus; en 1670? trois vaisseaux construits au Canada avaient été envoyés aux Antilles. Il voulait si bien faire d notre pays quelque chose de grand! Un jour il disait à Louis XIV, en parlant du Canada :
« Cette partie de la monarchie française deviendra quelque chose de grand. »
Ah ! si le Roi-Soleil, comme on appelait Louis XIV, eût été moins orgueilleux, moins ambitieux, notre pays eût grandi encore bien plus rapidement. « Les guerres de Louis XIV, trop souvent causées par son ambition et son orgueil, ont fait périr dix fois plus d'hommes que la colonisation systématique du Canada n’en eût fait sortir du royaume. » (1)
Mais si je veux vous dire un mot du gouverneur Frontenac, il faut bien que je laisse aller l’intendant Talon. Il y eut deux administrations de M. Talon : la première de 1665 à 1668, et la seconde de 1670 à 1672.
(1) L'int. Talon, Chapais, p. 140.
L'intendant Talon n'avait pas encore quitté son poste lorsque Frontenac succéda à M. de Courcelles. Le nouveau gouverneur était âgé de cinquante-trois ans. Il avait passé une partie de sa vie dans les armées et s’y était distingué. Frontenac, mes petits amis, fut un de ces hommes extraordinaires qui joignent à de grandes qualités de grands défauts, qui se font aimer, admirer et détester à la fois. Il y a tant de contrastes parfois dans les caractères ! Quand vous aurez connu la vie, vous comprendrez mieux pourquoi «la perfection n’est pasde ce monde ». Frontenac était un croyant, un catholique tout comme Talon, et, cependant... Frontenac et Talon se ressemblaient sur plus d’un côté; ils étaient faits tous deux pour commander... Mais le temps qui s’écoula depuis l’arrivée du nouveau gouverneur jusqu’au départ de l’intendant fut trop court pour qu’il se produisit entre eux des conflits.
Malgré tous les progrès opérés, le pays était exposé aux plus grands dangers à l’arrivée de Frontenac, et il était urgent de grouper et d’utiliser toutes les forces. Malheureusement durant sa première administration, M. de Frontenac, avec ses manières hautaines, se créa beaucoup d’ennemis et donna de mauvais exemples. Dans la question de la traite de l’eau-de-vie, il se rangea contre l’évêque, les Jésuites et le clergé.
Rappelé en France en
1682, Frontenac revint au Canada commencer
une seconde administration
Le pays étoit sur le « penchant de sa ruine ». Frontenac,, d’un Coup d’œi] jugea la position, et il vit qu’il fallait abattre les Iroquois et arrêter les empiètements des Anglais. Les Anglais et les Iroquois marchaient ensemble, mes petits amis, contre les Français. C'étaient les Anglais qui poussaient les Iroquois contre les Français, vous me comprenez bien ?
Frontenac n’était Pas jeune, il'avait soixantedix ans; mais il résolut d’aller attaquer messieurs les Anglais chez eux. Les Anglais se souvinrent longtemps de cette expédition qui ne fut pas manquée, je vous assure.
. Après cela, les Anglais de mauvaise humeur
voulurent, en 1 690, s'emparer de Québec. Une flotte considérable, sous le Commandement de l'amiral Phipps, parut devant Québec. M. Phipps
attendre aussi longte Frontenac, « C’est et à coups de fusil que reprit Frontenac
envoie sommer un homme comme moi. Qu'il fasse du mieux qu’il pourra, comme je ferai du mien !» La canonade dura quatre jours, et M.
Phipps s’en retourna après avoir perdu 600 hommes et dix vaisseaux.
Frontenac partout et toujours sut défendre habilement et énergiquement le Canada. Dans deux expéditions, en 1693 et en 1697, il maintint l'honneur du drapeau français jusque dans les ré, gions de la baie d'Hudson. On pourrait aussi parler des voyages de découvertes faits sous son règne, mais je vous ferais veiller trop tard.
C’est au mois de novembre 1698, après avoir reçu les derniers sacrements, que M. de Frontenac mourut, à l’âge de soixante-dix-huit ans.
Frontenac et Talon su... pour vous, mes petits âmis, deux professeurs d'énergie; mais gardezvous bien d’imiter leurs défauts.
24 janvier 1918.
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