‹ En veillant avec les petits de chez nous [microforme]Chapitre 13 sur 35 · S LE PÈRE MARQUETTE · texte numérisé non relu

S LE PÈRE MARQUETTE

Ils sont bien à plaindre, n’est-ce pas, ceux et celles qui ne connaissent rien des beautés de notre

histoire? Si j'étais peintre, je ferais des tableaux où seraient représentés nos

grands hommes, nos héroïnes, nos glorieux combats ; j'en aurais qui seraient réservés aux oubliés qui défrichèrent le sol de la patrie et le labourèrent ; j'en aurais aussi pour les vaillantes jeunes filles, les mères incomparables, Jes enfants de chez nous qui souffrirent en silence aux CAVELIER DE LA SALLE heures des grandes épreu- (1643-1687)

ves. Et puis je tapisse-

rais les murs de vos classes a ec ces tableaux. Il arriverait, je pense bien, que beaucoup d’écoles seraient trop petites Pour recevoir autant de gloires. Des gloires, nous en avons tant qu’il est impossible de les compter. Il n’est pas un coin de l'Amérique du Nord, mes chers petits amis, qui ne rappelle quelqu'un des nôtres; ce sont les nôtres, voyez-

vous, qui passèrent les premiers au nom de la civilisation, et baptisèrent les lacs, les fleuves, les montagnes.

Mais je m'aperçois que sur ce train-là je pourrais aller loin. Il faut savoir se borner cependant.

Ce soir je voulais vous parler un peu du P. Jacques Marquette. C’est encore un jésuite, mais je ne pourrais pas facilement ne rien dire de lui...

Et puis le nom du Père Marquette me remet en mémoire des noms glorieux de notre histoire : Nicolet, La Salle, Jolliet. Nicolet découvrit le lac Michigan. Il se rendit à trois jours de navigation de la rivière Wisconsin dont les eaux appartiennent au vaste bassin du Mississipi; il devait s'arrêter là et laisser à Jolliet et à Marquette l’honneur de faire trente-huit ans plus tard (1673) la découverte du Mississipi. Je vous ai déjà parlé deJean Nicolet... Robert Cavelier de La Salle est surnommé le père de la colonisation dans la grande valléecentrale de l'Ouest; c’est lui qui donna, en l'honneur de Louis XIV, le nom de Louisiane à ce pays que vous avez peut-être déjà vu... dans vos livres. Louis Jolliet fut le compagnon de voyage et de découverte du P. Marquette...

Vos connaissances géographiques ne vous permettent peut-être pas d'aller jusqu’au Mississipi, ni jusqu’au lac Michigan... Mais retenez bien les noms de Nicolet, de La Salle, de Jolliet, de Mar-

quette, ce sont des noms de héros et qui : 7 aux plus belles pages de notre histoire.

Enfin nous allons nous arrêter un peu devant le P. Marquette, dont la magnifique statue est placée au Capitole de Washington. Vous ne serez pas obligés, ni vous ni vos petites sœurs, d’aller à Washington. Imaginez-vous simplement que vous y êtes... Ce sera beaucoup moins coûteux et plus rapide. Bien !

Le P. Jacques Marquette naquit en 1637 et vint comme missionnaire au Canada en 1666.

Après avoir évangélisé les Outaouais et les Hurons du Sault-Sainte-Marie, à la prière du gouverneur Frontenac qui voulait utiliser le courage et les connaissances géographiques de l’humble jésuite, le Père Marquette, en compagnie de Jolliet et de cinq autres Français, partit pour des pays lointains et inconnus. « Ce que je désire, » écrivait-il à son supérieur, « c’est aller chercher vers la mer du sud de nouvelles nations, et qui nous sont inconnues, pour leur faire connaître notre grand Dieu qu’elles ont jusqu’à présent ignoré. » Vous voyez que ce jésuite ne se laissait pas guider par l'attrait des aventures, ni par l'amour des richesses et de la gloire humaine. Marquette, Jolliet et cinq autres Français partirent le 17 mai 1673 de Michillimakinac, et le 15 juin ils apercevaient la fameuse rivière que les sauvages appelaient Mississipi. Ils

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marchèrent, marchèrent longtemps, puis après avoir rebroussé chemin, ils arrivèrent à la baie des Puants. Ces sauvages-là, vous vous imaginez bien, ne devaient pas sentir bon. L'année suivante, 1674, c’est de la baie des Puants que le P. Marquette partit, avec deux Français; quelques mois plus tard les voyageurs atteignirent le bourg des Illinois. Plus de deux mille sauvages allèrent entendre le missionnaire qui leur parla des principaux mystères de notre religion et leur prêcha Jésus crucifié. La cérémonie fut terminée par la célébration de la messe. Ces pauvres sauvages étaient bien heureux d’entendre parler de si belles choses, de voir de si belles choses. Ils firent promettre au Père Marquette de revenir aussitôt que sa santé le lui permettrait. ‘Mais le vaillant missionnaire était malade depuis longtemps, il ne devait pas retourner chez les Illinois. A bout de force, il fut obligé de s’arrêter au lac des Illinois (Michigan), et annonça à ses compagnons qu'il allait bientôt mourir. Il se fit coucher dans une cabane d’écorce les yeux tournés vers le lac, et mourut le 18 mai 1675.

C'était un humble qui venait de rendre son âme à Dieu, et cependant il n’existe pas aujourd’hui sur le continent américain de nom plus populaire que celui du Père Marquette. Écoutez bien quelques lignes que je tire d’une belle page des Relations

des Jésuites : « Nous aurions bien des choses à dire des vertus de ce généreux missionnaire, lisonsnous dans la Relation de 1673-78; de son zèle qui lui a fait porter la foi si loin et annoncer l’'évangile à tant de peuples qui nous étaient inconnus ; de sa douceur qui le rendait aimable à tout le monde, et qui le faisait tout à tous, Français avec les Français, Hurons avec les Hurons, Algonquin avec les Algonquins; de sa candeur d’enfant pour se découvrir à ses supérieurs et même à toute sorte de personnes avec une ingénuité qui gagnait tous les cœurs; de sa chasteté angélique, de son union continuelle avec Dieu. Mais celle qui a prédominé, était une dévotion tout à fait rare et singulière à la sainte Vierge, et particulièrement envers le mystère de l’Immaculée Conception ...» Remarquez bien, mes chers petits amis, que le bon Père Marquette avait une âme ouverte, droite et franche : oh! que c’est bon une âme droite et franche; remarquez aussi qu’il était pur comme un ange, et qu’il avait pour la sainte Vierge un grand amour. Voulez-vous aller au ciel en faisant le bien autour de vous, imitez les vertus de ce saint missionnaire, puis aimez la sainte Vierge. ,

Enfin, rappelez-vous bien que le P. Marquette n’est pas le seul Jésuite qui ait pris part aux travaux de nos découvre“wrs et de nos fondateurs. Écoutez plutôt ce qu'a écrit l'historien

Bancroft : « L'histoire des travaux des jésuites est liée à l’origine de toutes les villes célèbres de l'Amérique française, et il est de fait qu’on ne pouvait doubler un seul cap ni découvrir une rivière que l’expédition n’eût à sa tête un jésuite. »

Est-ce que ces histoires ne vous rendent pas meilleurs ?.

31 janvier 1918.

LA PATRIE — IBERvILLE

Depuis quelques années, vous avez entendu parler bien des fois de la guerre et de tout ce qu’elle ait souffrir, C’est terrible la guerre. Mais on n'est pas toujours libre de la faire ou de ne la pas faire, surtout, mes petits amis, quand la patrie est en danger. Savez-vous ce que c’est que la patrie? Je vais vous le dire. La patrie, pour vous, chers enfants, c’est la chambre où votre mère vous embrassa pour la première fois, c’est la maison qui a entendu vos Premiers vagissements et les premiers roulis de votre berceau: c’est cette fenètre près de laquelle hier encore vous assistiez au lever du soleil dans les brumes dorées, où vous appuyiez vos petites Mains jointes à l'heure de la prière du soir, c’est peut-être pour vous le « vieux hangar » (1) dont on a dit de si douces choses; la patrie c’est le jardin, ce sont les champs et les sentiers où l'an dernier Vous égariez vos Pas d’enfants; la patrie c’est l'église de votre baptême, de votre première Communion, c’est l’école où vous apprenez à lire, à aimer Dieu et votre pays: la patrie

(1) Allusion au “Vieux bangar”” de l’abbé Camille Roy, où l’on trouve, en des pages exquises, les plus charmants traits de mœurs canadiennes, Voir les Propos canadiens.

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c'est votre père, c'est votre mère, vos petits frères, vos petites sœurs, vos parents et vos amis, c’est le cimetière où dorment les aïeux; la patrie, la grande patrie, celle qui est teinte du sang de nos soldats et de nos martyrs, c’est le pays que nous aimons le plus au monde, et le plus beau, pour lequel nous serions prêts à mourir, n'est-ce pas, mes petits amis ? la patrie pour nous, c’est le Canada.

Ah! la patrie, pour les Canadiens français c’est encore bien d’autres choses dont je vous parlerai plus tard.

Aussi quand des ennemis menacèrent de ravir ces biens sacrés, on comprend que chez nous les héros devinrent légion pour les défendre. Combien de fois déjà, depuis les commencements de notre histoire, l'ennemi apprit qu’on ne touche pas impunément à la patrie canadienne. A la suite de Pierre Boucher, de Dollard, de Maisonneuve, de Frontenac, d’Iberville, de Montcalm, de Lévis, c’est tout un peuple de héros qu’il faudrait inscrire.

Puisque, ce soir, j'ai commencé à vous parler de ceux qui firent la guerre pour garder intacts le territoire et le prestige de la patrie canadienne, je vais vous dire un mot de l’une de nos gloires canadiennes-françaises les plus pures : Pierre Le- Moyne, sieur d’Iberville.

Iberville naquit à Montréal vers 1661. Vous voyez que c’est un vrai Canadien français... Et

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puis, je crois que dans sa famille les enfants furent habitués de bonne heure à la bravoure, Iberville eut dix frères, tous soldats comme lui, et des braves,

YOus pouvez me croire, Mais on assure que :

d'Iberville fut le plus grand homme de guerre qu’ait produit notre Pays. En tout cas, les Anglais apprirent de bonne heure à le redouter, Ces messieurs poussaient les Iroquois à faire la guerre aux Français, et s’efforçaient Par tous les moyens possibles de ruiner notre commerce des fourrures, Et puis, il faut bien se rappeler que MM. les Anglais espéraient s'emparer petit À petit de notre pays. S'ils n’ont pas réussi dans leurs entreprises avant 1760, ce n’est pas leur faute assurément.

comme ceux de Québec à Montréal. Les Anglais furent étonnés de le voir arriver. Mais après quelques résistances ils crurent tous plus sage de se rendre. Plusieurs forts et des vaisseaux avaient

été pris. Et d’Iberville n’était encore qu’au commencement de ses exploits. En 1690, il se distingua à la prise de Corlar, aujourd’hui Schenectady, dans les États-Unis > en 1694, on le trouve encore à Anglais presque rt de Pemquid

la Baie d'Hudson où il bat MM. les en s'amusant: en 1696 il rase le fo

élevé par les Anglais sur les terres des Abénaquis; puis, à la tête de 125 Canadiens il tue ou met en fuite presque tous les Anglais de Terre-Neuve. C’est que, voyez-vous, mes petits amis, nos pères étaient des soldats sans pareils, et quand ils n'étaient pas écrasés par le nombre ils devenaient invincibles. Combien de fois, du reste, ne furentils pas les vainqueurs un contre dix ! Mais d’Iberville ne touchait pas encore à la fin de ses exploits. En 1697 des instructions lui sont remises par lesquelles il est chargé d’aller châtier encorc une fois les Anglais à la Baie d'Hudson. Lu correction fut bonne, et tout ce pays fut soumis à la France. Je voudrais bien avoir le temps de vous raconter en détail les combats glorieux de M. d’Iberville. Plus tard vous lirez ces belles choses dans de grosses histoires ; vous lirez aussi la belie pièce de vers de notre poète canadien, M. Nérée Beauchemin : elle a pour titre « Iberville » et se trouve dans un précieux recueil qui s'appelle les « Floraisons matutinales.»

Comme elle est admirable cette vie du vaillant Iberville, et bien capable de faire naître de nobles sentiments dans l’âme de notre jeunesse ! D'un bout à l’autre elle est belle comme une vie des anciens chevaliers de la vieille France. Fasse le ciel que notre patrie soit défendue toujours dans son territoire, dans sa foi et dans sa langue par des

héros dignes de ceux du temps passé !... Promettez-le bien, mes petits amis, vous ne serez jamais des lâches, non ! quand la patrie aura besoin de vous. Vous le promettez ?...

D'Iberville, après qu'il eut découvert l’embouchure du Mississipi, fut créé chevalier de Saint- Louis, comme il le méritait (1699). C’est lui qui fut le fondateur et le premier gouverneur de la Louisiane. Il mourut en 1706.

Mes chers petits amis, dans cette causerie, il Y a peut-être bien des noms que vous oublicrez, mais vous vous souviendrez, n'est-ce pas, que d'Tberville était un Cunadien français, ct qu’il fut un brave ?

? février 1918.

Au « BOULEVARD TURCOTTE » — LA VERENDRYE

Avez-vous déjà vu ce que les Trifluviens appellent le « boulevard Turcotte »? Ceux qui demeurent aux Trois-Rivières l’ont certainement déjà vu, mais pas tous les autres... Vous qui ne l’avez jamais vu, quand vous viendrez aux Trois- Rivières ne manquez pas de vous rendre au boulevard Turcotte, surtout durant les chaleurs d'été. Vous vous installerez sur un banc avec un de vos petits amis, et là vous vous rafraîchirez au souffle de la brise qui vient du large. De là vous verrez le grand fleuve filer traquillement comme filent vos jours sous la garde de Dieu... Ces eaux calmes et silencieuses, dès les premiers temps de la colonie elles ont été témoins de bien des luttes, de bien des alarmes et de bien des deuils. En 1648, les vaillants François Marguerie et Jean Amiot se noient en face des Trois-Rivières; en 1651, Lajeunesse et Noël Godin sont abattus par les Iroquois, au même endroit; en 1652, des Français et des Hurons qui traversaient le fleuve vis-à-vis le fort des Trois- Rivières sont reçus de l’autre côté à coups de fusil par les Iroquois; encore en 1652, Du Plessis, gouverneur des Trois-Rivières, s’embarque vec une cinquantaine d'hommes pour aller châtiez les ° ‘0-

quois, et trouve la mort avec quinze des siens; en 1661 quatorze Français sont pris aux Trois-Rivières par les Iroquois. L'histoire voudrait-elle rappeler tous les combats, toutesles morts des temps héroïques qu’elle nele pourrait pas. Et vous, chers petits Trifluviens, quand vous allez Vous reposer au boulevard Turcotte, durant les chaleurs de l'été, songez-vous parfois à ce qu’ont souffert nos pères ? Vous souvenezvous aussi qu’un jour c’est ici, tout près du boulevard, que M. de Laviolette débarqua pour venir fonder notre cité ? C’était le 4 julilet 1634. Voussouvenez-Vous qu’une autre fois, en 1641, je crois, François Marguerie et Godefroy de Normanville débarquèrent aux Trois-Rivières, après une dure captivité chez les Iroquois? Je vous ai déjà parlé, il me semble, de ces choses-là. Ah ! mes petits amis, c’est tout un monde de gloire que vous avez devant les Yeux quand vous vous reposez sur les bancs du boulevard. Le saviez-vous ?

Et puis, avez-vous remarqué l’inscription qui se trouve à l’extrémité nord-est du boulevard? En approchant de cette plaque commémorative, ditesvous bien que la terre qui l’avoisine a été foulée par un héros de chez nous. C'est ici, tout près, que naquit Pierre Gaultier de Varennes sieur de la Vérendrye, le découvreur de l’ouest canadien, La Vérendrye est l’un des plus reinarquables entre tous ces merveilleux découvreurs et ces pionniers

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canadiens-français qui furent les premiers civilisateurs du Nord-Ouest ; il fait aussi en particulier la gloire des Trifluviens qui, d’après M. Sulte, n’ont jamais cessé de tenir la tête dans les expéditions vers le Nord-Ouest. (1)

Mai$ je vois dans vos yeux que vous voulez avoir quelques détails touchant l’histoire de la Vérendrye. Nous avons commencé notre causerie sur le boulevard Turcotte, et nous allons donc la continuer dans les pays lointains...

Le découvreur de l’ouest canadien, Pierre Gaultier de Varennes, sieur de la Vérendrye, naquit aux Trois-Rivières le 17 novembre 1685. Son père était René Gaultier, chevalier et sieur de Varennes: sa mère, Marie Boucher, était la fille-de Pierre Boucher, dont je vous ai parlé il y a quelque temps. Le dernier d’une famille de neuf enfants, Pierre Gaultier avait connu la gêne et le sacrifice dès son enfance. En ce temps-là, mes petits amis, l’éducation de la famille trempait les caractères et les volontés. Entré de bonne heure dans l’armée après avoir servi dans la Nouvelle-Angleterre et à Terre-Neuve, la Vér. 1drye passa en France.

C'était déjà un héros. En 1709 il prit part à une grande bataille sous les drapeaux de la vieille France et reçut neuf blessures: il fut même laissé

(1) Chron. Trif., Sulte, p. 163.

pour mort. À cette occasion on lui donna le grade de lieutenant qu’il avait bien mérité. Il revint ensuite au Canada.

Le 29 octobre 1712, il épousa Marie-Anne Dandonneau du Sablé, dont il eut quatre fils : Jean-Baptiste, Pierre Gaultier, dit le Chevalier, François et Louis-Joseph. Puis on le trouve dans l’ouest. En 1731, la Vérendrye quittait Montréal avec environ cinquante engagés, et prenait en route un jésuite, le P. Messaiger, en qualité d’aumônier. Et les expéditions se succèdent rapidement. Ah ! que ces gens-là avaient de l'endurance, mes petits amis. En 1731 il érige le fort Saint-Charles : en 1733, avec son fils aîné il va établir un poste sur le lac Winnipeg: en 1734, il érige le fort Maurepas. Au printemps de 1734, la Vérendrye revient à Montréal, puis le 21 juin 1735 il part de nouveau pour l’ouest. Il passa l'hiver suivant au fort Saint-Charles. Quelque temps plus tard son fils aîné était cruellement massacré par les Sioux. Hélas ! cette épreuve n’était pas la première pour la Vérendrye, et ne devait pas être la dernière. En 1737, il est reçu froidement à Montréal et on l’accuse bien injustement d’aimer trop l’argent. Il repart néanmoins pour l’ouest, et, dans l’automne de 1738, il est le premier blanc à fouler le sol où s'étend aujourd’hui la grande ville de Winnipeg; puis il continue ses courses. En 1740, il revient

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à Montréal où des persécutions sans cesse renaissantes le forcent à se rendre. Mais peu après il est encore dans l’ouest, et, au printemps de 1742, son fils Pierre Gaultier découvre les montagnes Rocheuses.

Durant que la Vérendrye et ses enfants travaillaient à l’extension du prestige de la France au Canada, des envieux ne cessaient de causer des tracasseries à celui que nous appelons aujourd’hui le découvreur de l’ouest. Imaginez-vous qu’on alla jusqu’à le traîner devant les tribunaux. Il est vrai que plus tard le roi de France reconnut qu’on avait traité la Vérendrye injustement, et lui accorda la croix de l’ordre militaire de saint Louis. Mais le héros trifluvien mourut six semaines après la réception de ces honneurs, le 5 décembre 1749. Ses restes furent déposés dans les caveaux de l’église Notre-Dame, à Montréal.

Mes chers petits amis, à l’école de la Vérendrye apprenez à souffrir en faisant votre devoir. A l'exemple de la Vérendrye, quand même il vous faudrait perdre de l'argent, être victimes des ambitieux, des calomniateurs, allez votre droit chemin au soleil du bon Dieu. La vérité est éternelle, voyez-vous, et elle finit toujours par avoir le dernier mot. Et n’allez pas oublier que si la Véren-

drye continua, malgré tout, son œuvre, c’est qu’il Aimez erez capa-

avait une âme de chrétien et de patriote.

le bon Dieu, aimez votre pays, et vous s bles de faire de grandes choses.

Allons-nous retourner au boulevard Turcotte ? Pas ce soir, n’est: ce pas ?

14 février 1918.

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