‹ En veillant avec les petits de chez nous [microforme]Chapitre 4 sur 35 · LE · texte numérisé non relu

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Ce serait trop long de vous raconter tous les voyages de Nicolet. C’est lui qui découvrit le lac Michigan.

Et puis, mes petits amis trifluviens, je suis heureux de vous apprendre que, le 4 juillet 1634, Jean Nicolet assistait à la fondation des Trois- Rivières par M. de Laviolette.

C’est dans l’automne de 1642 que nous allons voir Nicolet dans toute sa noblesse de caractère, dans toute la grandeur de son âme. Écoutez bien ce que je vais raconter aussi brièvement que possible.

Avec l'agrément de M. de Montmagny, Nicolet avait quitté les Trois-Rivières, pour aller à Québec remplacer temporairement son beaufrère Olivier Le Tardif, au poste de commis général pour les Cent-Associés. Quelques semaines plus tard les Trifluviens suppliaient leur concitoyen de revenir en toute hâte chez eux. Un sauvage appartenant à une nation alliée aux Iroquois avait été fait prisonnier par les Algonquins et devait subir le supplice du feu. Seul, disait-on, Nicolet pouvait sauver la pauvre victime et détourner par là le grand malheur qui menagçait de fondre sur la colonie.

La saison est avancée. On est : , vingt-sept octobre. Il est sept heures du soir. La tempête sévit à Québec. Le vent du nord-est qu: souffle

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avec rage soulève et bouleverse les eaux du grand fleuve. Il fait froid. Nicolet sait bien que s’embarquer pour les Trois-Rivières par un temps pareil c’est plus que de la témérité. Ila une femme et un enfant. Mais on l'appelle là-bas pour sauver un malheureux, sauver peut-être la colonie. . Re devoir l'emporte. Nicolet s’embarque avec trois ou quatre hommes et file. La chaloupe va doubler la Pointe-à-Puiseaux. Soudain un grand coup de vent ! La chaloupe chavire! Tout est perdu !

Nicolet crie à l’un de ses compagnons, Chavigny : « Chavigny, sauvez-vous; vous savez nager, moi je ne le sais pas. Je m’en vais à Dieu. Je vous recommande ma femme et ma fille. » De Chavigny se sauve au milieu de la nuit, tandis que Nicolet et ses autres compagnons sont emportés par les vagues.

(C'était, dit l'abbé Auguste Gosselin, le couronnement glorieux d’une vie toute de dévouement et de sacrifices pour le bien de sa patrie et de sa religion. »

Le deuil fut profond aux Trois-Rivières et dans toute la Nouvelle-France.

Les sauvages criaient : « Achirra, Achirra, où es-tu? Tu nous as donc quittés. Nous ne te verrons plus jamais... !»

Achirra était le surnom donné par les sauvages à Nicolet,

Dans la modeste garde-robe du défunt, à Québec, on trouva une Vie des Saints. Vous le voyez, Nicolet était bien le digne ami de Champlain et des héros de ce temps-là. Il comprenait, comme le fondateur de la Nouvelle-France, comme Montmagny dont nous parlerons dans quelque temps, comme Louis Hébert, que la force et le courage se soutiennent par la prière et dans l’imitation des vertus de ceux qui font la gloire de l’Église.

Bonsoir, mes petits amis.

25 octobre, 1917.

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