DE BORDEAUX A RAYONNE
Landes que j'avais fait en imagination quelques heures auparavant. Le ciel était étoile, la terre n'offrait à l'œil qu'une espèce de plaine ténébreuse où vacillaient çà et là je ne sais quelles lueurs rougeâtres, comme si des feux de pâtres étaient allumés dans les bruyères j on entendait, sans rien voir ni rien distinguer, ce tintement fin et grêle des clochettes qui ressemble à un fourmillement harmonieux i puis tout rentrait dans le silence et dans la nuit, la voiture semblait rouler aveuglément dans une solitude obscure, où seulement, de distance en distance, de larges flaques de clarté apparaissant au milieu des arbres noirs révélaient la présence des étangs.
Moi, je me sentais heureux, j'avais traversé plusieurs fois l'odeur des liserons qui me rappelle mon enfance, je songeais à tous ceux qui m'aiment, j'oubliais tous ceux qui me haïssent, et je regardais dans cette ombre, pour ainsi dire, à regard perdu, laissant se mêler à ma rêverie les figures vagues de la nuit qui passaient confusément devant mes yeux.
Les deux bossus m'avaient quitté à Mont-de-Marsan, j'étais seul sur ma banquette, le froid venait j je m'enveloppai de mon manteau, et peu à peu je m'endormis.
Le sommeil que permet une voiture qui vous emporte au galop est un sommeil clair à travers lequel on sent et l'on entend. A un certain moment le conducteur descendit, la diligence s'arrêta; la voix du conducteur disait : Messieurs les voyageurs^ nom voici an pont de Dax; puis les portières s'ouvrirent et se refermèrent comme si les voyageurs mettaient pied à terre, puis la voiture s'ébranla et repartit. Quelques moments après, le sabot des chevaux résonna comme s'ils marchaient sur du bois; la diligence, brusquement inclinée en avant, fit un soubresaut violent; j'ouvris un œil; le postillon, courbé sur ses chevaux, semblait regarder devant lui avec une précaution inquiète. J'ouvris les deux yeux.
La lourde voiture, pesamment chargée, traînée par cinq chevaux attelés de chaînes, marchait au pas sur un pont de bois, dans une sorte de voie étroite bornée à gauche par le parapet qui était fort bas, à droite par un amas de poutres et de charpentes; au-dessous du pont, une rivière assez large coulait à une assez grande profondeur qu'augmentait encore l'incertitude de la nuit. A de certains moments, la diligence penchait; à de certains endroits, le parapet manquait. Je me dressai sur mon séant. J'étais seul sur l'impériale, le conducteur n'était pas remonté à sa place; la voiture marchait toujours; le postillon, toujours courbé sur son attelage que la lanterne du coupé éclairait à peine, grommelait je ne sais quelles exclamations énergiques. Enfin les chevaux gravirent une petite pente, un nouveau soubresaut ébranla la voiture, puis elle s'arrêta. Nous étions sur le pavé.
Les voyageurs qui avaient passé le pont à pied avant la voiture rentrèrent
dans les trois compartiments, et, tout en ouvrant et refermant les portières, j'entendais le conducteur qui disait :
— Diable de pont! toujours en réparation! — Quand donc sera-t-il solide? — La police est bien mal faite à Dax. Les charpentiers laissent leurs outils sur le passage de la voiture pour la verser. — J'ai vu le moment où la diligence était dans la rivière. — On ne peut se figurer le danger qu'il y a. — Vous verrez qu'un de ces jours il arrivera un malheur. — N'est-ce pas, messieurs les voyageurs, que j'ai bien fait de vous faire descendre f
Cela dit, il remonta, et m'apercevant il poussa un cri : — Tiens, monsieur. ' Je vous avais oublié l
26 juillet.
Je n'ai pu entrer à Bayonne sans émotion. Bayonne est pour moi un souvenir d'enfance. Je suis venu à Bayonne étant tout petit, ayant sept ou huit ans, vers 1811 ou 1812, à l'époque des grandes guerres. Mon père faisait en Espagne son métier de soldat de l'empereur et tenait en respect deux provinces insurgées par l'Empecinado, Avila, Guadalaxara, et tout le cours du Tage.
Ma mère, allant le rejoindre, s'était arrêtée à Bayonne pour attendre un convoi, car alors, pour faire le voyage de Bayonne à Madrid, il fallait être accompagné de trois mille hommes et précédé de quatre pièces de canon. J'écrirai quelque jour ce voyage qui a son intérêt, ne fût-ce que pour préparer des matériaux à l'histoire.
Ma mère avait emmené avec elle mes deux frères Abel et Eugène et moi, qui étais le plus jeune des trois.
Je me rappelle que le lendemain de notre arrivée à Bayonne une espèce de signor ventru, orné de breloques exagérées, et baragouinant l'italien, se présenta chez ma mère. Cet homme nous fit, à nous enfants qui le regardions entrer à travers une porte vitrée, l'effet d'un charlatan de place. C'était le directeur du théâtre de Bayonne.
Il venait prier ma mère de prendre une loge à son théâtre. Ma mère loua une loge pour un mois. C'était à peu près le temps que nous devions rester à Bayonne.
Cette loge louée nous fit sauter de joie. Nous enfants, aller au spectacle tous les soirs pendant tout un mois, nous qui n'étions encore entrés dans un théâtre qu'une fois par an, et qui n'avions dans l'esprit d'autre souvenir dramatique que la Comtesse d' Escarbagnas !
Le soir même, nous tourmentâmes ma mère, qui nous obéit, comme les mères font toujours, et nous mena au théâtre. Le contrôleur nous installa dans une magnifique loge de face ornée de draperies de calicot rouge à rosaces safran. On jouait les Kuines de BabyloiiCj fameux mélodrame qui avait en ce temps-là un immense succès par toute la France.
C'était magnifique, à Bayonne du moins. Des chevaliers abricot et des arabes vêtus de drap de fer de la tête aux pieds surgissaient à chaque instant, puis s'engloutissaient, au milieu d'une prose terrible, dans des ruines de
carton pleines de chausse-trapcs et de pièges à loups. Il y avait le calife Haroun et l'eunuque Giafar. Nous étions dans l'admiration.
Le lendemain, le soir venu, nous tourmentâmes encore notre mère qui nous obéit encore. Nous voici au spectacle dans notre loge à rosaces. — Que va-t-on donner.^ Nous étions dans l'anxiété. La toile se lève. Giafar paraît. On donnait les Ruines de Babylone. Cela ne nous fâcha point. Nous étions satisfaits de revoir ce bel ouvrage, qui nous amusa très fort encore cette fois.
Le surlendemain, ma mère fut excellente, comme toujours, et nous retournâmes au théâtre. On donnait les Kuines de Babylone. Nous vîmes la pièce avec plaisir, cependant nous aurions préféré quelque autre ruine.
Le quatrième jour, à coup sûr le spectacle devait être changé 3 nous y allâmes i ma mère nous laissait faire et nous accompagnait en souriant. On donnait les Kuines de Babylone. Cette fois nous dormîmes.
Le cinquième jour, nous envoyâmes dès le matin Bertrand, le valet de chambre de ma mère, voir l'affiche. On donnait les Kuines de Balrylonc. Nous priâmes ma mère de ne point nous y mener. Le sixième jour, on donnait encore les Kuines de Babylone. Cela dura ainsi tout le mois. Un beau jour l'affiche changea. Ce jour-là, nous partions.
C'est ce souvenir-là qui m'a fait parler quelque part de ce hasard taquin qui joue avec l'enfant.
Du reste, aux Kuines de Babylone près, je me rappelle avec bonheur ce mois passé à Bayonne.
Il y avait au bord de l'eau, sous des arbres, une belle promenade où nous allions tous les soirs. Nous faisions en passant la moue au théâtre où nous ne mettions plus les pieds et qui nous inspirait une sorte d'ennui mêlé d'horreur. Nous nous asseyions sur un banc, nous regardions les navires, et nous écoutions notre mère nous parler, noble et sainte femme qui n'est plus aujourd'hui qu'une figure dans ma mémoire, mais qui rayonnera jusqu'à mon dernier jour dans mon âme et sur ma vie.
La maison que nous habitions était riante. Je me rappelle ma fenêtre où pendaient de belles grappes de maïs mûr. Pendant tout ce long mois, nous n'eûmes pas un moment d'ennui 3 j'excepte toujours les Kuines de Babylone.
Un jour nous allâmes voir un vaisseau de ligne mouillé à l'embouchure de l'Adour. Une escadre anglaise lui avait donné la chasse j après un combat de quelques heures il s'était réfugié là, et les anglais le tenaient bloque. J'ai encore présent, comme s'il était sous mes yeux, cet admirable navire qu'on voyait à un quart de lieue de la côte, éclairé d'un beau rayon de
soleil, toutes voiles carguées, fièrement appuyé sur la vague, et qui me paraissait avoir je ne sais quelle attitude menaçante, car il sortait de la mitraille et il allait peut-être y rentrer.
Notre maison était adossée aux remparts. C'est là, sur les talus de gazon vert, parmi les canons retournés ^a lumière sur l'herbe et les mortiers renversés la gueule contre terre, que nous allions jouer dès le matin.
Le soir, Abel, mon pauvre Eugène et moi, groupés autour de notre mère, barbouillant les godets d'une boîte à couleurs, nous enluminions à qui mieux mieux, de la manière la plus féroce, les gravures d'un vieil exemplaire des Mille d uriL nuits. Cet exemplaire m'avait été donné par le général Lahorie, mon parrain, qui mourut, quelques mois après l'époque dont je parle, à la plaine de Grenelle.
Eugène et moi, nous achetions aux petits garçons de la ville tous les chardonnerets et tous les verdiers qu'ils nous apportaient. Nous mettions ces pauvres oiseaux dans des cages d'osier. Quand une cage était remplie, nous en achetions une autre. Nous avions ainsi cinq cages pleines. Lorsqu'il fallut partir, nous donnâmes la volée à tous ces jolis oiseaux. Ce fut tout à la fois pour nous une joie et un crève-coeur.
C'était une personne de la ville, une veuve, je crois, qui louait cette maison à ma mère. Cette veuve habitait elle-même un pavillon voisin de notre logis. Elle avait une fille de quatorze ou quinze ans. Ma mémoire, après trente années, n'a perdu aucun des traits de cette angélique figure.
Je la vois encore. Elle était blonde et svelte, et me paraissait grande. C'était un regard doux et voilé, un profil virgilien, comme on rêve Amaryllis ou la Galatée qui s'enfuit vers les saules. Elle avait le cou admirablement attaché et d'une pureté adorable, la main petite, le bras blanc et le coude un peu rouge, ce qui tenait à son âgej détail que le mien ignorait alors. Elle était habituellement coiffée d'un madras thé à bordure verte, étroitement serré du sommet de la tète à la nuque, de façon à laisser le front à découvert et à ne cacher que la moitié de la chevelure. Je ne me rappelle pas la robe qu'elle portait.
Cette belle enfant venait jouer avec nous. Quelquefois Abel et Eugène, mes aînés, plus grands et plus sérieux que moi, et «faisant les hommes», comme disait ma mère, allaient voir l'exercice à feu sur le rempart ou montaient dans leur chambre pour étudier Sobrino et feuilleter Cormon. Alors j'étais seul, je sentais l'ennui venir, que faire .'^ Elle m'appelait et me disait : Viens j que je te lise quelque chose.
Il y avait dans la cour une porte exhaussée de quelques marches et fermée d'un gros verrou rouillé que je vois encore, un verrou rond, à poignée en EN voïAGE. — II. 20
■ ■rinCEmic satioiale.
queue de porc, comme on en trouve parfois dans les vieilles caves. C'était sur CCS marches qu'elle allait s'asseoir. Je me tenais debout derrière elle, le dos appuyé à la porte.
Elle me lisait je ne sais plus quel livre ouvert sur ses genoux. Nous avions au-dessus de nos têtes un ciel éclatant et un beau soleil qui pénétrait de lumière les tilleuls et changeait les feuilles vertes en feuilles d'or. Un vent tiède passait à travers les fentes de la vieille porte et nous caressait le visage. Elle était courbée sur son livre et lisait à voix haute.
Pendant qu'elle lisait, je n'écoutais pas le sens des paroles, j'écoutais le son de sa voix. Par moments mes yeux se baissaient, mon regard rencontrait son fichu entr'ouvert au-dessous de moi, et je voyais, avec un trouble mêlé d'une fascination étrange, sa gorge ronde et blanche qui s'élevait et s'abaissait doucement dans l'ombre, vaguement dorée d'un chaud reflet du soleil.
Il arrivait parfois dans ces moments -là qu'elle levait tout à coup ses grands yeux bleus, et elle me disait : Eh bien, Vi^or! tu n'écoutes pM^
J'étais tout interdit, je rougissais et je tremblais, et je faisais semblant de jouer avec le gros verrou.
Je ne l'embrassais jamais de moi-même; c'était elle qui m'appelait et me disait : Embrasse-moi donc.
Le jour où nous partîmes, j'eus deux grands chagrins : la quitter et lâcher mes oiseaux.
Qu'était-ce que cela, mon ami.^ Qu'est-ce que j'éprouvais, moi si petit, près de cette grande belle fille innocente .'* Je l'ignorais alors. J'y ai souvent songé depuis.
Bayonne est restée dans ma mémoire comme un lieu vermeil et souriant. C'est là qu'est le plus ancien souvenir de mon cœur. O époque naïve, et pourtant déjà doucement agitée! C'est là que j'ai vu poindre dans le coin le plus obscur de mon âme cette première lueur inexprimable, aube divine de l'amour.
Ne trouvez-vous pas, ami, qu'un pareil souvenir est un lien, et un lien que rien ne peut détruire!
Chose étrange que deux êtres puissent être liés de cette chaîne pour toute la vie, et ne pas se manquer pourtant, et ne pas se chercher, et être étrangers l'un à l'autre, et ne pas même se connaître! La chaîne qui m'attache à cette douce enfant ne s'est pas rompue, mais le fil s'est brisé.
A peine arrivé à Bayonne, j'ai fait le tour de la ville par les remparts, cherchant la maison, cherchant la porte, cherchant le verrou; je n'ai rien retrouvé, ou du moins rien reconnu.
Où est-elle? que fait-elle? est-elle morte? vit-elle encore? Si elle vit, elle est mariée sans doute, elle a des enfants. Elle est veuve peut-être, et vieillit à son tour. Comment se peut-il que la beauté s'en aille et que la femme reste? Est-ce que la femme d'à présent est bien le même être que la jeune fille d'autrefois?
Peut-être viens-je de la rencontrer? Peut-être est-elle la femme quelconque à laquelle j'ai demandé mon chemin tout à l'heure, et qui m'a regardé m'éloigner comme un étranger?
Qu'il y a une amère tristesse dans tout ceci! Nous ne sommes donc que des ombres. Nous passons les uns auprès des autres, et nous nous effaçons comme des fumées dans le ciel profond et bleu de l'éternité. Les hommes sont dans l'espace ce que les heures sont dans le temps. Quand ils ont sonné, ils s'évanouissent. Où va notre jeunesse? où va notre enfance, hélas! Où est la belle jeune fille de 1812? où est l'enfant que j'étais alors? Nous nous touchions dans ce temps-là, et maintenant nous nous touchons encore peut-être, et il y a un abîme entre nous. La mémoire, ce pont du passé, est brisée entre elle et moi. Elle ne connaîtrait pas mon visage, et je ne reconnaîtrais pas le son de sa voix. Elle ne sait plus mon nom, et je ne sais pas le sien.
27 juillet.
J'ai peu de chose à vous dire de Bayonne. La ville est on ne peut plus gracieusement située, au milieu des collines vertes, sur le confluent de la Nive et de l'Adour, qui fait là une petite Gironde. Mais de cette jolie ville et de ce beau lieu il a fallu faire une citadelle.
Malheur aux paysages qu'on juge à propos de fortifier! Je l'ai déjà dit une fois, et je ne puis m'empêcher de le redire : le triste ravin qu'un fossé en zigzag! la laide colline qu'une escarpe avec sa contrescarpe! C'est un
chef-d'œuvre de Vauban. Soit. Mais il est certain que les chefs-d'œuvre de Vauban gâtent les chefs-d'œuvre du bon Dieu.
La cathédrale de Bayonne est une assez belle église du quatorzième siècle couleur amadou et toute rongée par le vent de la mer. Je n'ai vu nulle part les meneaux décrire dans l'intérieur des ogives des fenestrages plus riches et plus capricieux. C'est toute la fermeté du quatorzième siècle qui se mêle, sans la refroidir, à toute la fantaisie du quinzième. Il reste çà et là quelques belles verrières, presque toutes du seizième siècle. A droite de ce qui a été le grand portail, j'ai admiré une petite baie dont le dessin se compose de fleurs et de feuilles merveilleusement roulées en rosace. Les portes sont d'un grand caractère j ce sont de grandes lames noires semées de gros clous, rehaussées d'un marteau de fer doré. 11 ne reste plus qu'un de ces marteaux, qui est d'un beau travail byzantin.
L'église est accostée au sud d'un vaste cloître du même temps, qu'on restaure en ce moment avec assez d'intelligence, et qui communiquait jadis avec le chœur par un magnifique portail, aujourd'hui muré et blanchi à la chaux, dont l'ornementation et les statues rappellent par leur grand style Amiens, Reims et Chartres.
Il y avait dans l'église et dans le cloître beaucoup de tombes, qu'on a arrachées. Quelques sarcophages mutilés adhèrent encore à la muraille. Ils sont vides. Je ne sais quelle poussière hideuse à voir y remplace la poussière humaine. L'araignée file sa toile dans ces sombres logis de la mort.
Je me suis arrêté dans une chapelle où il ne reste plus d'un de ces sépulcres que la place, encore reconnaissable aux arrachements de la muraille j et cependant le mort avait pris ses précautions pour garder sa tombe. Cette sépulture lui appartient, comme le dit encore aujourd'hui une inscription sur marbre noir scellé dans la pierre. «Le zz avril 1664», s'il faut en croire la même inscription que je cite textuellement, « E. Reboul, notaire royal et messieurs du chapitre » avaient donné à « Pierre de Baraduc, bourgeois et homme d'armes au château vieux de cette ville, titre et pocestion de cette sépulture, pour en jouir lui et les siens y).
Et à ce propos, ma visite à Saint-Michel de Bordeaux me revient à la pensée.
Je venais de sortir de l'église, qui est du treizième siècle et fort remarquable, par les portails surtout, et qui contient une exquise chapelle de la Vierge, sculptée, je devrais dire ouvrée, par les admirables figuristes du temps de Louis XII. Je regardais le campanile qui est à côté de l'église et que surmonte un télégraphe. C'était jadis une superbe flèche de trois cents