‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fascicule (volume 2)Chapitre 45 sur 50 · SOUS-SOL · texte numérisé non relu

SOUS-SOL

Sous l’escalier qui conduit au sous-sol on a disposé un débarras, fermant à clef, pour les approvisionnements d’alcool et d’éther. En face se trouve le dépôt des scellés, tout entouré de casiers, de tiroirs et d’armoires à bouteilles ; c’est là que l’on conserve pendant le lemps réglementaire le double de tous les échantillons prélevés judiciairement et analysés au laboratoire; les doubles de ceux trouvés bons sont distribués entre les mairies des arrondissements nécessiteux de Paris ; ceux des autres, que n’aura pas réclamés le Tiûbunal pour une contreexpertise, sont détruits.

La pièce voisine renferme d’abord une table pour les analyses organiques; une grille à combustions au gaz, des appareils à laver l’oxygène, l’air et l’acide carbonique, des supports à crochets, sont à portée. Le gazomètre à oxygène est en zinc, à cloche renforcée par des cercles de fer, avec ses conlre-poids ; pour ne pas exagérer.son poids, elle est garnie d’un noyau en zinc, de volume un peu moindre, de sorte que l’eau n’occupe qu’un espace annulaire de quelques centimètres. La cuve qui renferme le tout est en zinc, renforcé par des harres et des cercles de fer; un robinet de vidange et deux robinets qui descendent jusqu’au bas et remontent au milieu du noyau, servent à introduire le gaz et à le puiser pour l’envoyer dans la canalisation de l’oxygène, dont les divers branchements se distribuent aux deux chambres noires, à la hotte du rez-de-chaussée, à la

lampe d’émailleur du sous-sol et à la table de combustions. Une dérivation permet de faire arriver dans cette canalisation l’air comprimé fourni par une trompe soufflante, modèle de M. Lionnet, et assez semblable à celle de M. Damoiseau (fig. 184). Cette trompe permet, avec de l’eau à la pression de 8 à 12 mètres, d’aspirer à l’heure 2 à 3 mètres cubes d’air, ou d’en insuffler le double sous une pression de 1 mètre d’eau environ.

Entre les deu.x appareils se trouve une étuve à fermentation, grande cuve en zinc à double paroi ; l’intervalle est rempli d’eau. Pour un bon fonctionnement l’épaisseur de la couche d’eau doit être de 8 à 10 centimètres, en ayant égard aux dimensions de l’étuve (O"*,80 de côté). Un couvercle de bois la ferme ; on peut y caser quatre pots de 20 à 30 litres; on y fait fermenter à température constante des vins, bières ou cidres, servant de types, soit pour l’analyse de produits normaux, soit pour reproduire des falsifications qu’on leur a fait subir dans le commerce. Un robinet règle l’arrivée de l’eau froide; l’eau chaude s’écoule par un trop-plein; une triple couronne de gaz permet de maintenir la température voulue.

Le laminoir disposé à côté de la trompe soufflante, sert à laminer les alliages d’étain et de plomb destinés à l’étamage, afin de faciliter l'attaque par l’acide nitrique.

Enfin viennent deux alambics chauffés au gaz : l’im sert à distiller l’eau et l’alcool ; l’autre porte un double fond qui permet d’évaporer l’élher dans des capsules et de le récupérer sans danger; l’éther condensé se réunit dans un réservoir entouré d’eau froide, d’où on te retire à l’aide d’un robinet.

A gauche de cette pièce se trouve une salle de travail pour quatre chimistes.

Dans le coin sont placés à demeure les grands appareils à acide carbonique et à hydrogène (pl. XIII). Ces appareils, construits par Alvergniat, sont un perfectionnement des appareils de M. II. Sainte-Claire Deville ; une crémaillère à cliquet permet de donner au gaz la pression que l’on désire ; le gaz se lave au sortir du générateur dans des flacons laveurs de Cloez et se sèche dans une grande éprouvette à dessécher les gaz ; un robinet en verre règle ensuite son débit.

Contre le pilier sont placés : un presse-jus en fonte, qui n’est pas indiqué sur le plan, ayant un seau en zinc de2 litres; une presse de Samain, petit modèle d’essais, pouvant développer une pression de 5000 kilogrammes sur une surface d’un décimètre carré ; enfin, une essoreuse de laboratoire, système Sourdat, avec ses deux paniers de 9 et de 14 centimètres de diamètre, auxquels on peut donner une vitesse de 4000 tours environ à la minute, rend les plus grands services pour la filtration rapide de substances floconneuses ou facilementaltérables.

La grande table, avec le gaz, est disposée pour quatre travailleurs ; une balance, un trébuchetel une cage à dessiccation sont à leur disposition.

Trois tables voisines servent aux opérations nécessitant le vide. Une grosse trompe en métal, construite par M. Golaz, fonctionne sous une pression de 33 mètres d’eau. Le principe de sa construction est sensiblement celui des trompes en verre construites par M. Alvergniat ; il repose sur l’adhérence de Teau aux parois.' Étant donnés deux tubes coniques, dont les petits orifices sont séparés par un intervalle très petit (pl. XXXIII, fig. 4) ; si par le tube supé-

rieur on fait arriver de l’eau sous pression, cette eau, sortant d’un ajutage divergent, et trouvant près de l’orifice de sortie une surface conique analogue à celle dont elle vient de sortir, suivra ces parois avec une force d’autant plus grande que l’adhérence naturelle de l’eau au verre est augmentée de la divergence de la veine aqueuse, conformément aux lois de la mécanique. Le frottement contre la paroi du verre diminue bientôt la vitesse, et le tube devenant ensuite cylindrique, l’eau ralentit sa course et occupe alors tout le diamètre du tube cylindrique qu’elle parcourt sur une vitesse faible. Mais pendant qu’elle traversait la partie conique, elle occupait un espace de plus en plus grand, en suivant les parois du cône ; il se forme donc un vide au milieu, et c’est ce vide que vient remplir l’air appelé par l’espace annulaire qui existe entre les deux cônes. Ainsi, dans une trompe en marche, nous trouvons dans le cône inférieur une enveloppe d’eau et un cône intérieur d’air raréfié, puis au moment où la vitesse diminue, l’air raréfié forme un second cône opposé, de hauteur très petite, qui se termine dans la veine, résultant du mélange de l’eau et de l’air entraîné. Si l’on fait communiquer le réservoir de la trompe, dans lequel l’air est appelé par l’espace annulaire, avec une cloche à vide, l’air sera aspiré jusqu’à une certaine limite, qui varie avec plusieurs causes, dont les principales sont la pression de l’eau et la propreté des parois. Aussi les trompes que construit aujourd’hui M. Alvergniat portent-elles dans le bas du réservoir un petit orifice fermé par un bouchon de caoutchouc, ce qui permet de les nettoyer à l’acide sulfurique. Il se forme, en effet, après quelque temps d’usage, des filaments verts d’algues microscopiques sur les parois des cônes et l’adhérence de l’eau au verre n’a plus lieu. En outre, plusieurs modèles sont munis d’un appendice à déversoir latéral, qui ralentit encore la vitesse de l’eau et augmente l’effet de l’instrument.

Si au lieu d’aspirer l’air dans un vase clos, on met l’instrument en communication directe avec l’atmosphère, et qu’on fasse ariûver l’air et l’eau mélangés dans un récipient clos, on aura ainsi un réservoir d’air sous pression, qui pourra alimenter un chalumeau, etc. : c’est le principe de la trompe soufflante.

Les trompes en verre fonctionnent sous une pression de 16 mètres d’eau; elles sont accouplées et peuvent fonctionner ensemble ou séparément. Elles sont représentées pi. XXXIII, fig. 3 ; l’eau arrive en A et s’écoule en B mélangée avec l’air qui est aspiré par G; D, tubulure de vidange; chaque corps est entouré d’une gaine en fonte percée d’une fenêtre pour vérifier leur marche régulière.

La grosse trompe est en cuivre ; le cône a un orifice d’un centimètre, et elle peut enlever 200 litres environ d’air à la minnte. Elle communique avec une rampe en verre, de 10 mètres de développement, enchâssée dans une gaine de bois, et qui porte de distance en distance des l’obinets en verre et un manomètre. On peut faire le vide dans plusieurs cloches ou appareils à la fois ; les fuites sont insensibles, grâce à la puissance de l’instrument. Elle est représentée pi. XXXII, fig. 2, avec le réservoir dessiccateur de l’air aspiré, semblableà celui qu’emploie M. Carré pour faire la glace : l’eau qui sert à mouvoir l’agitateur se distribue ensuite sur le réservoir pour le refroidir.

Entre les deux tables sont disposées deux étuves à vide, formées d’une caisse en fonte émaillée, de 50 centimètres de long, 30 centimètres de large et 15 centimètres de profondeur; le rebord, large de 8 centimètres, qui s’appuie sur un

bain-marie en tôle, muni de son régulateur et d’un thermomètre, porte une rainure dans laquelle entre une bande de caoutchouc. Les bords du couvercle s’appliquent hermétiquement sur ce caoutchouc par la pression de si.K serre-joints. Le couvercle, un peu bombé, en fonte émaillée, est équilibré par un contre-poids ; il porte deux regards en glace forte, un manomètre à vide et deux robinets, l’un pour la rentrée de l’air, l’autre qui communique avec la rampe en verre ; on fait le vide dans l’étuve en moins d’une minute, et l’on s’en sert utilement pour prendre les extraits des vins dans le vide à la température de 25 à 30 degrés. Elles sont représentées pl. XXXII et XXXIII, fig. 1.

A côté de cette salle se trouve une chambre noire, dont les dispositions sont ■ les mêmes que celles du rez-de-chaussée, toute peinte en noir mat, tables noires, gaz à papillons horizontaux et se manoeuvrant des deux places de travail ; elle renferme un polarimètre de Laurent, un spectroscope, les piles, et un appareil microphotographique.

Le polarimètre, construit par Duboscq, d’après les données de M. Laurent, est représenté planche XXVII, fig. 1.11 peut recevoir à volonté des tubes de longueurs différentes, de 5 à 50 centimètres. A cet effet, le banc d’optique porte une rainure dans laquelle glissej’abord une petite gouttière supportant le milieu des tubes, puis la pièce qui supporte l’extrémité des tubes avec le polarisateur et se termine par un petit flacon à faces parallèles contenant quelques gouttes d’une solution de bichromate de potasse. Ce liquide jaune absorbe les quelques rajons violets que renferme la flamme d’un fort bec Bunsen, dans laquelle un petit panier latéral, garni de sel marin fondu, verse constamment des vapeurs de chlorure de sodium; on a ainsi une brillante lumière monochromatique. Ce bec est mobile tout le long du banc. Le cadran porte une division saccharimétrique et une division en degrés d’angle, avec vernier, donnant les 2 minutes ; l’appareil donne assez facilement cette approximation.

Les tubes employés ont des fermetures à ressort de différents modèles. Les fermetures à vis doivent être complètement rejetées ; on sait, en effet, que le verre comprimé possède une action énergique sur la lumière polarisée; on ne peut les employer qu’avec des tubes à goulot médian, qu’on examine vides pour régler le degré de l’appareil, puis dans lesquels on introduit le liquide à analyser, sans toucher aux vis. Ce mode opératoire est trop long ; au laboratoire municipal, on a préféré les fermetures représentées par les figures 1, pl. XXVII, et 8, pl. XXVIII'. Le galet est maintenu, soit par un ressort contenu dans un capuchon, s’ajustant à baïonnette, soit par deux tiges en cuivre, avec une oreille mobile autour de l’axe, soit par une plaque sollicitée en arrière par un ressort. La pression est ainsi sensiblement constante, et trop faible pour comprimer le

Le spectroscope (fig. 149), à un prisme et trois lunettes, est construit par Duboscq. La fente est préservée par une plaque de verre. Il est disposé pour l’observation des spectres dans la flamme ou dans l’étincelle, et des spectres d’absorption.

La fig. 3, pl. XXXI, représente le dispositif particulier employé pour la pro-. duction des étincelles. Un collier fixé au tube, près de la fente, porte une plaque de caoutchouc durci (ébonite), de laquelle partent deux tiges en communication

68 KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

avec les deux pôles de la pile. A la tige inférieure ou peut ajouter une pièce identique à la pièce supérieure, pour fixer un tube de Geissler ou de Plücker, et observer l’étincelle dans les gaz raréfiés, ou un tube de Delachanal et Mermet, pour observer les spectres des métaux types; on examine les solutions .de métaux toxiques dans le cours des analyses, en remplaçant celte pièce par celle que représente notre planche. Dans le bras mobile se meut une vis en fer, à tête d’ébonite ; cette vis est creuse et contient quelques globules de mercure, dans lequel plonge la queue en platine d’une capsule en verre, renfermant une goutte du liquide à examiner. Une plaque en ébonile sépare cette vis d’une potence en fer, également creuse, se terminant par une pince à ressort en cuivre. Dans celte pince on introduit un fil de platine qu’on amène à 2 ou 3 millimètres de la surface du liquide. Le contact s’établit à l’aide de mercure et d’un lil de fer. Une fois l’observation faite, la capsule et le fil de platine, lavés à l’acide chlorhydrique faible, sont prêts à servir de nouveau, et en un instant une nouvelle capsule et un fil propre sont disposés pour une autre analyse. Cet ingénieux système a été construit par M. Duboseq.

L’électricité est fournie par six éléments au bichromate, disposés sur treuil, et une bobine de Ruhmkorlf. Pour empêcher les piles de s’user sans fonctionner, un de ces éléments sert spécialement à faire marcher une sonnerie électrique actionnée en ouvrant la porte de la chambre noire, de sorte que si le chimiste s’en va, l’observation faite, sans relever ses éléments, la sonnerie le rappelle à l’ordre.

L’appareil employé pour la photographie microscopique est représenté par la figure 5, pl. XXIX ; il diffère de celui du rez-de-chaussée en ce qu’il emploie le microscope qui a servi à l’observation, et qu’il ne dérange en rien la position horizontale de l’objet, condition indispensable avec les globules de lait, les farines, etc. Il consiste en une chambre noire conique, en bois, dans la- . quelle s’engage le microscope qui doit être muni d’une crémaillère à l’oculaire (fig. 6, pl. XXVIl). L’intervalle entre le microscope et la chambre est rempli par du coton, de la ouate, une étoffe quelconque, pour empêcher l’accès de la lumière. Une porte percée dans la paroi conique permet de faire varier la position de l’oculaire jusqu’à ce que l’image vienne se peindre nettement sur la glace dépolie ; si on désire un plus fort grossissement, on peut reculer le verre dépoli au moyen d’un tiroir se fixant par une vis. On remplace ensuite le verre dépoli par un châssis à glace sensible, en fermant toutes les ouvertures, et on photographie la préparation.

En sortant de la chambre noire, on passe près d’une hotte vitrée, destinée aux opérations qui puent, et on arrive dans trois salles de travail, dont la disposition est suffisamment indiquée parle plan. Celle du fond renferme une presse aulographique destinée à tirer les mémoires, rapports, procès-verbaux, plans et documents de toute nature; pour ceux qui se tirent à quelques e.xemplaires seulement, on se sert de la pâte chromograpln(|ue. Une table à dessin, disposée à côté de la presse, sert à dessiner les plans et modèles d’appareils.

Enfin la même salle renferme un fourneau à tubes (fig. 205), d’un excellent usage, et une machine Carré à faire la glace par le vide ; son usage est d’évaporer rapidement et à basse température les vins destinés à des dosages spéciaux-

Dans la description du laboratoire nous avons dû omettre celle de plusieurs appareils spéciaux qu’il possède et dont nous donnons ;les dessins.

L’appareil de M. Soxhlet pour le dosage du beurre dans le lait (pl. XXVIII, fig. 6): un flacon reçoit des volumes déterminés de lait, puis de soude caustique, enûn d’éther, mesuré au moyen de trois pipettes que porte le support : on porte à une température fixe et on agite : l’éther enlève le beurre et par cela même augmente de densité. En soufflant dans le flacon au moyeu delà poire en caoutchouc, on fait monter la couche éthérée dans le tube étroit, entouré d’eau, dans lequel on détermine sa densité et sa température au moyen d’un densimètre spécial, à tige très fine, portant dans la partie renflée un thermomètre dont la boule sert de lest (fig. 6 bis). Malheureusement l’éther forme avec le lait une émulsion difficile à détruire.

Les matras d’Erlenmeyer (pl. XXVIII, fig. 7) en verre de Bohême, àfond plat, sont extrêmement commodes pour les précipitations, filtrations, etc. ; on peut les chauffer à volonté sur l’alcool ou le gaz; ils se laissent nettoyer facilement. On les imite en France, et les produits français, inférieurs en qualité aux produits de Bohême, sont par contre bien moins chers.

La pipette à gaz de M. Salet (pl. XXVIII, fig. 5), fort analogue à la pipette de Doyère, mais dans laquelle l’aspiration par la houcbe est remplacée par la différence du niveau du mercure dans le tube et dans une boule mobile.

• L’eudiomètre de M. Dupré (pl. XXVIII, fig. 2) se compose de deux parties : le tube mesureur et les tubes à réactifs. Le tube mesureur est disposé à peu près comme celui de M. Régnault; il communique par la partie inférieure avec un tube manométrique librement ouvert, et avec un tube à robinet muni de sa boule mobile, disposé comme dans la pipette décrite plus haut. Le haut du tube mesureur communique par un tube capillaire, d’une part avec un entonnoir à robinet, d’autre part, avec un tube également capillaire sur lequel sont disposées des prises aboutissant à des cloches disposées comme les tubes de l’appareil Orsat. On voit que cet eudiomètre n’est autre que la réunion de la pipette à gaz que nous décrivons, de l’eudiomètre de Régnault et de l’appareil Orsat ; il réunit les avantages de ces trois appareils.

Les burettes à remplissage automaliqne (pl. XVXIIl, fig. 3 et 4) sont des burettes de Molli- de 50 cent., portant dans le bas un tube soudé, à robinet, qui communique avec le bas du réservoir de liqueur titrée : le goulot de ce réservoir porte deux tubes, dont l’un communique avec le haut de la burette, et l’autre avec l’atmosphère par l’intermédiaire de boules remplies de réactifs absorbants, afin que le litre des liqueurs ne change pas. Les burettes doubles sont destinées aux liqueurs se neutralisant réciproquement : ainsi soude et acide normaux ou décimes, iode et ar.sénite de soude, etc.; les appareils simples servent pour la liqueur de Fehling, le chlorure de baryum, et le permanganate.

La planche XXIX, fig. 1, représente un petit appareil distillatoire avec son serpentin en verre, utilisé pour la recherche du phosphore dans les pâtes pour les rats, ou pour les distillations.

L’hygromètre de M. Alluard (fig. 4) est très sensible et plus commode à manœuvrer que celui de Régnault.

Pour les dosages d’azote dans les pains et farines, par la méthode de Dumas,

on recueille l’azote dans l’appareil deM. Dupré (pl. XXVII, fig. 5), construit par Alvergniat. Les flacons renferment de la potasse faible ; l’azote est entraîné par un courant d’acide carbonique pur qui passe tout le temps de l’opération.

La figure 4 représente l’appareil de Bunsen pour produire le mélange gazeux détonant obtenu par la décomposition voltaïque de l’eau.

L’aleuromètre de Boland (fig. 3) est destiné à l’essai des glutens et farines. C’est une étuve chauffée à 140 degrés, dans laquelle on introduit une sorte de pompe contenant le gluten ; celui-ci en se gonflant soulève le piston, d’au- ' tant plus qu’il est de meilleure qualité.

Pour doser l’acide carbonique dans les eaux et boissons gazeuses, on introduit dans le bouchon l’appareil (fig. 7), et en tournant le robinet, on peut extraire autant de liquide que l’on veut, sans déperdition.

Les figures 5 et 6 représentent les microscopes employés au laboratoire et construits spécialement pour son usage. Le corps glisse dans, une gaine mue par la crémaillère rapide ; le tout peut se mouvoir lentement par une vis micrométrique. Le pied est un peu plus haut que celui des modèles usités en France afin de permettre l’emploi de condensateurs.

La figure 6 représente le condensateur Dujardin, avec sa coulisse à verres colorés et ses diaphragmes à zones marginales ou radiales ; il est monté sur une sous-platine à crémaillère qui permet de le mettre facilement au point : l’oculaire peut aussi être déplacé au moyen d’une crémaillère pour mettrel’image plus exactement au point.

La platine chauffante de Banvier est représentée dans la figure 5 ; un réservoir d’eau chauffée par un bec de gaz ou une lampe à alcool, communique par le haut et le bas avec une boîte évidée dans laquelle se place la préparation : le tout fonctionne comme un thermosiphon : un thermomètre indique la température de l’eau. Les fentes par lesquelles on fait glisser la préparation se ferment par des vannes ; les trous par lesquels passe la lumière sont fermés en bas par une glace, en haut par l’objectif lui-même, on voit que toutes les causes de refroidissement sont écartées.

Ventilation. — Les salles étant destinées uniquement à des opérations analytiques, et l’emploi des réactifs odorants étant extrêmement restreint, on ne s’est préoccupé que de la ventilation des hottes, sous lesquelles se font les évaporations, calcinations, distillations, seules susceptibles de répandre de l’odeur.

Toutes les hottes sont munies de cheminées indépendantes, montant jusqu’au toit du hàtiment, et dont le tirage est activé par des becs de gaz. L’air enlevé est remplacé par de l’air puisé à la cave, que des conduits spéciaux amènent sur la paillasse ; cet air est appelé par un bec de gaz disposé à l’orifice de ces conduites. Le tirage est de la sorte très énergique et aucune vapeur ne sort de la hotte. D’ailleurs les pièces sont très hautes et ne renferment chacune que quelques travailleurs, de sorte que la ventilation des salles par les fenêtres est suffisante.

Page 1