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DES FORCES ÉLECTRIQUES

Les méthodes que nous allons décrire ont été imaginées par M. Becquerel, depuis 1827, et appliqués par lui à la formation d’un très grand nombre des substances minérales que l’on rencontre dans la nature. Pour les détails relatifs à la préparation de chaque corps, nous renvoyons à ses Éléments d’électrochimie; nous nous bornerons ici à décrire les méthodes générales, et à citer comme exemple quelques-unes des applications les plus intéressantes.

Bucholz a montré qu’en mettant dans un verre ou une éprouvette une dissolution métallique aussi neutre que possible, par exemple du nitrate de cuivre, et versant dessus, avec la plus grande précaution, de l’eau distillée ou de l’eau acidulée, de manière que les liqueurs restent séparées, si l’on vient à plonger lentement dans l’éprouvette une lame de cuivre, on voit, quelques heures après, le bout de la lame plongeant dans la dissolution métallique se couvrir d’un précipité de cuivre. L’effet électro-chimique produit est dû à un courant électrique provenant de la réaction de l’eau sur le métal.

La lame est donc le pôle négatif d’un couple qui décompose la dissolution métallique. La réaction mutuelle des liquides produit également un courant dont le sens est le même que le premier et qui s’ajoute à celui-ci. Bucholz en avait conclu que les métaux forment avec leurs propres dissolutions et l’eau, des circuits électriques dont l’action précipite le métal. Mais cette conclusion n’est pas générale, car le zinc, le fer et l’étain, avec la dissolution de leurs sulfates, donnent des résultats inverses : ces dissolutions attaquent plus le métal que ne le fait l’eau ; l’extrémité de la lame plongée dans la dissolution métallique s’oxyde au lieu de se couvrir d’un précipité métallique.

Lorsqu’on emploie une lame d’étain, une dissolution concentrée de protochlorure de ce métal, et de l’eau à la partie supérieure, le dépôt métallique se produit à la partie supérieure de la lame, dans la région qui est environnée d’eau, car le métal est moins attaqué par l’eau que par le protochlorure.

Le cuivre avec le protochlorure de cuivre donne des résultats de même sens que l’étain : on a un dépôt de cuivre à la partie supérieure au lieu d’avoir ce dépôt à la partie inférieure

Rappelons encore l’expérience suivante ; sur une lame de fer nouvellement

décapée on répand une solution de sulfate de potasse. En s’oxydant aux dépens de l’eau et de l’air, le fer prend l’électricité négative, l’eau l’électricité positive ; le couple ainsi formé est assez énergique pour décomposer le sulfate de potasse. Les produits formés sont du proto-sulfate de fer et de la potasse, qui se combine avec l’acide carbonique de l’air. Le sulfate de fer forme avec le sulfate de potasse un sel double qui se détruit à mesure que le métal s’oxyde.

Les mêmes phénomènes ont lieu avec les chlorures de potassium et de sodium. On peut même retirer très simplement du carbonate de soude d’une dissolution de chlorure de sodium, en y plongeant des morceaux de fer ou de fonte ; il se forme lentement des chlorures de fer, et le carbonate de soude monte à la surface des parties métalliques qui ressortent de la dissolution. Ce procédé pourrait se prêter à une exploitation industrielle.

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