RECHERCHE DU PHOSPHORE DANS LES CAS D’EMPOISONNEMENT
Le phosphore agissant comme un poison violent, même lorsqu’il est pris à doses très faibles, il est important de pouvoir retrouver et caractériser le phosphore en présence des matières organiques.
Deux méthodes ont été proposées à cet effet, l’une par Mitscherlich et l’autre par Lipowitz.
Le procédé de Mitscherlich consiste à faire bouillir, dans l’obscurité, la matière organique phosphorée avec de l’eau légèrement acidulée par de l’acide sulfurique, et à condenser la vapeur d’eau dans un long tube de verre refroidi. On voit alors se manifester, dans la partie où se fait la condensation de la vapeur d’eau, une phosphorescence due à l’entraînement du phosphore par la vapeur d’eau. Cette phosphorescence est encore sensible quand la matière à analyser ne renferme que 1/100 000e de phosphore.
L’appareil qui sert à cette opération consiste en un ballon de verre que l’on peut chauffer et qui porte un bouchon traversé par un tube de verre recourbé deux fois à angle droit et dont la dernière branche traverse un long manchon en verre rempli d’eau froide que l’on peut renouveler.
L’extrémité du tube, au sortir du manchon, traverse un bouchon et permet de recueillir le produit de la condensation de la vapeur d’eau, dans lequel on retrouve souvent des petits grains de phosphore qu’il est facile de caractériser.
La seconde méthode, due à Lipowitz, permet également de déceler la présence du phosphore mélangé à une grande quantité de matières organiques et même d’en déterminer presque exactement la quantité.
Dans ce procédé, la matière à analyser est rendue aeide au moyen de l’acide sulfurique étendu, puis on l’introduit dans une eornue tubulée munie d’un récipient condensateur refroidi. On introduit également dans la cornue quelques morceaux de soufre, puis l’on chauffe pendant environ une demi-heure.
On laisse refroidir l’appareil, puis on sort de la cornue le résidu de l’opération. Les morceaux de soufre sont extraits et lavés à l’eau distillée. Ils contiennent tout le phosphore libre que renfermait la matière organique.
Lorsque la proportion de phosphore est assez considérable, les morceaux de soufre sont devenus cristallins et peuvent quelquefois se laisser pétrir dans les doigts. Dans tous les cas, et lorsqu’ils ne renferment même pas 1 pour 100 de phosphore, ils deviennent phophorescents lorsqu’on les chauffe au bain-marie.
Ils noircissent lorsqu’on les mouille avec de l’azotate d’argent.
Enfin, lorsqu’on les fait digérer avec de l’acide azotique, le phosphore se
transforme en acide phosphorique que l’on peut retrouver et doser au moyen des réactifs de cet acide.
Lorsqu’il s’agit d’un dosage quantitatif, il faut rechercher également, dans la liqueur qui a passé à la distillation, les portions de phosphore qui ont pu être entraînées et transformées en acide phosphoreux et en acide phosphorique.
RECHERCHE DU CUIVRE ET DU PLOMB DANS LES SUBSTANCES ALIMENTAIRES ET DANS LES CAS D’EMPOISONNEMENT
Quand on veut constater la présence du cuivre ou du plomb dans les matières organiques, il faut commencer par brûler et incinérer la substance organique ; pour cela on introduit la matière dans une petite capsule de porcelaine de 6 à 7 centimètres de diamètre, puis on chauffe graduellement pour évaporer et volatiliser la plus grande partie de l’eau, on porte ensuite la température au rouge. La substance se carbonise bientôt et laisse souvent un charbon qui brûle difficilement, mais dont on active la combustion en remuant de temps en temps la matière avec un fil de platine ou une spatule de même métal, de manière à ramener au contact de l’air les parties recouvertes de cendres.
La combustion est terminée quand on n’aperçoit plus de points en ignition dans les cendres qui restent comme résidu.
On laisse refroidir lentement la capsule pour éviter qu’elle ne se casse, puis on traite les cendres obtenues par l’acide azotique. On évapore l’excès d’acide presque à siccité, on reprend le tout par très peu d’eau distillée, on filtre, et dans la liqueur filtrée on verse de l’hydrogène sulfuré en dissolution, ou bien on y fait passer un courant de ce gaz.
Si les cendres contiennent du plomb ou du cuivre, l’hydrogène sulfuré détermine, dans la liqueur, un précipité noir ou brun foncé de sulfure.
Lorsque les métaux dont il s’agit ici n’existent qu’en très faible quantité dans la matière, il ne se produit point de précipité, mais seulement une coloration brune de la liqueur; dans ce cas, on détermine la précipitation du sulfure métallique en portant la liqueur à l’ébullition.
On laisse le précipité se rassembler, on décante avec précaution le liquide qui le surnage et, après avoir lavé le précipité à plusieurs reprises avec de l’eau distillée, on le traite par quelques gouttes d’acide azotique, on évapore l’excès d’acide presque à see et ou reprend par quelques gouttes d’eau.
S’il y a du cuivre en assez grande quantité, la liqueur est bleuâtre; on s’assure de la présence de ce métal en divisant la liqueur en trois parties.
Dans la première partie, on plonge une pointe de fer ou d’acier bien brillante qui se recouvre de cuivre rouge quand ce métal existe dans le liquide
Dans la deuxième partie de la liqueur, on verse de l’ammoniaque qui fait prendre au liquide cuivrique une teinte bleue plus ou moins foncée.
Enfin, dans la troisième partie, on ajoute quelques gouttes de ferrocyanure de potassium qui déterminent immédiatement un précipité brun pourpre, lorsque le cuivre existe en quantité assez sensible dans la liqueur, ou bien une
coloration rose pourpre du liquide, lorsque le cuivre n’y existe qu’en très faible quantité. Ce dernier réactif est le plus caractéristique.
Quand la matière contient du plomb, ce métal, après le traitement du sulfure par l’acide azotique, reste dans la capsule sous forme de poudre blanche, qui est du sulfate de plomb insoluble dans l’eau; on lave ce sulfate de plomb avec de l’eau distillée, puis on le caractérise en versant dessus une dissolution de potasse étendue qui doit le dissoudre. On peut encore caractériser le plomb en traitant le sulfate obtenu sur le charbon au chalumeau, après l’avoir mélangé avec un peu de carbonate de soude; dans ce cas, on obtient un culot métallique de plomb s’aplatissant bien sous le marteau.
Dans la recherche du plomb et du cuivre, il est indispensable de précipiter ces métaux par l’hydrogène sulfuré, comme il a été dit, pour les séparer de l’oxyde de fer, de l’alumine, etc., etc., que les matières organiques laissent toujours après leur incinération et qui viennent modifier les caractères que les réactifs présentent avec ces deux métaux.