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Décompositions opérées sous l’influence de la lumière

— L’action de la lumière sur certains corps sujets à la dissociation montre bien encore que la dissociation résulte de l’équilibre entre deux actions inverses. Prenons de l’acide iodhydrique gazeux, et exposons-le à la lumière solaire ; la décomposition est indéfinie (M. G. Lemoine, Annales de chimie et dephysique, 1872, 5* série, tome XII, § 7). La lumière seule finit ainsi, à la température ordinaire, par démolir complètement un édifice moléculaire que la chaleur ne détruisait que partiellement et lentement. Pourquoi? parce qu’à froid l’iode et l’hydrogène sont absolument sans action l’un sur l’autre ; il y a donc, dans

cette expérience, une action décomposante qui est ici la lumière, mais il n’y a pas d’action qui tende à recombiner les éléments mis en liberté et qui limite ainsi la décomposition.

71. Dct'oenpositions opéo’écs sous Pinflnence des corps poreux. — Plusieurs décompositions qui s’accomplissent d’une manière partielle avec la chaleur seule, s’accomplissent également, et avec beaucoup plus de facilité, sous l’influence des corps poreux;, mais ici encore la réaction n’est que partielle. La grandeur de la limite est alors sensiblement la même que celle qui se produit avec la chaleur seule; la présence du corps poreux ne fait que hâter la réaction qui se serait produite toute seule, mais avec une grande Ieneur, en n’employant que la chaleur (voir n° 26, IV, pour l’hydrogène sélénié et n°31, IV, pour l’acide iodhydrique).

Gette différence est certainement liée à la propriété qu’ont les corps poreux de condenser îes gaz à leur surface. Elle est en effet exactement de même ordre que celle que l’on observe en variant la pression des systèmes gazeux. Dans les gaz très raréfiés, l’équilibre est très lent à s’établir; il se produit plus vite dans les gaz très condensés, et d’autant plus rapidement que la pression est plus forte, c’est-à-dire que le rapprochement des molécules est plus grand.

Ces comparaisons, qui ont pu être faites très néttement dans le cas de l’acide iodhydrique, établissent donc V interprétation physique du rôle chimique des corps poreux (M. G. Lemoine* Annales de chimie et de physique, 1877, 5' série, tome XII). Elles doivent pouvoir s’étendre à beaucoup d’autres réactions, et montrent comment les corps poreux modifient le mode de production des équilibres chimiaues dans la période de dissociation (1).

(1) M. Gibbs, dans une théorie qu’on trouvera résumée dans ta IV0 partie, se trouve conduit à des considérations analogues et plus générales Tout système de corps, placé dans des conditions données de température, de volume, etc., tend vers un certain état chimique stable, dont la production peut être accélérée par des circonstances diverses, Elle peut l’être en partie culierpar différents corps pris en trop petite quantité pour modifier d’une manière appréciable) en vertu de leur poids, l’état d’équilibre : ils n’agissent à la fois que sur une petite partie de la masse ; ils peuvent cependant ainsi vaincre l’inertie du système et le faire sortir de l’état instable où il se trouve. Ces corps semblent alors n’agir que par leur présence.

Voir encore le Mémoire de M. Berthelot sur les actions de contact (Annales de chimie et de physique, année 1869, tome XVIII, p. 85).

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