II. — La grandeur de la limite varie avec la température
III. — L’ action de masse, c’est-à-dire l’influence de l’excès de l’un des corps réagissants se fait sentir dans toutes les réactions partielles absolument comme pour la dissociation, c’est-à-dire que Yexcès de l’un des éléments fait varier d’une manière considérable la grandeur de la limite, et ces variations sont continues.
Cette action de masse a été depuis longtemps signalée dans la double décomposition des sels : la loi de Dulong nous apprend que le sulfate de baryte
se décompose d’une manière sensiblement complète par le carbonate de soude, à condition de le prendre en grand excès : M. Malaguti, et plus récemment MM. Guldberg et Waage ont montré que dans l’action d’un sel soluble sur un sel insoluble la décomposition, quoique limitée, devient de plus en plus complète à mesure que le sel soluble est en plus grand excès.
De même dans l’action de la vapeur d’eau sur le fer, si bien étudiée par M. Henri Sainte-Claire Deville, la tension d’hydrogène qui limite le phénomène varie lorsqu’on opère avec une plus forte tension de vapeur d’eau.
§2. Systèmes homogènes. — I. — Dans les systèmes homogènes , la limite de la réaction est définie encore par une certaine tension des produits gazeux si le système est gazeux, par une certaine proportion des éléments liquides si le système est liquide, et cette limite est constante pour une température déterminée.
II. — L’excès de l’un des éléments fait varier d'une manière considérable la grandeur de la limite (action de masse ) : les variations sont continues.
La réaction définitive est donc toujours régie par la loi des masses, c’est-àdire qu’elle dépend du rapport des nombres d’équivalents des diverses substances mises en présence, et cela pour les mêmes raisons que dans la dissociation.
Les phénomènes d’éthérification donnent à cet égard des enseignements extrêmement précieux, les plus complets de tous ceux que l’on possède sur les sujets de ce genre.
III. — Dans les phénomènes d’éthérification, la limite est presque indépendante de la température. On conçoit, en effet, que puisque l’équilibre se produit entre deux actions chimiques, si la température accroît de la même manière, ou à peu près, chacune de ces deux actions inverses, leur résultante pourra être indépendante de la température.
Au point de vue de la pression, il est à peine nécessaire de faire observer que dans les systèmes liquides elle n’exerce pas d’influence appréciable sur la combinaison. Tel est le résultat observé pour les éthers ; il se comprend très bien, parce que dans ces conditions, la quantité de matière contenue dans un même volume demeure sensiblement constante.
Au contraire, la pression, s’il s’agit de systèmes gazeux, fait varier la grandeur de la limite qui caractérise l’équilibre. Ainsi l’éthérification est poussée plus loin lorsque l’alcool et l’acide, pris à l’état de vapeur, sont très raréfiés.
Dans les systèmes gazeux, la vitesse de la réaction augmente avec la pression, c’est-à-dire avec le rapprochement des molécules les unes des autres.