Bull. Soc. Mm., 1881, t. IY, p
Météorites feldspaihiqu.es. — Ces roches sont caractérisées par la présence du feldspath anorthite en microlithes avec enstatite et pyroxène ; la structure en est tantôt trachytoïde, tantôt ophitique ; le meilleur type de ces météorites dites eucrites (G. Rose) est celui de Juvinas (Ardèche). Nous parlerons de la synthèse de ces météorites au paragraphe suivant.
On connaît aussi des associations d’anorthite et de péridot ; ce sont les howardites, représentées par la météorite du Teilleul (Manche).
MM. Fouqué et Michel Lévy en ont effectué la reproduction en opérant sur un mélange de 6 grammes de silice, 2s r ,6 d’alumine, l« r ,50 de magnésie, 2« r ,50 de carbonate de chaux, et 4 grammes d’oxyde ferrique. On recuit pendant 48 heures avec le dispositif n° 2 et 48 heures avec le dispositif n° 3. II se forme ainsi une association ophitique d’anorthite, d’olivine, d'enstatite et de magnélitc.
L’anorthite forme des microlithes (0 mm ,12 sur 0 mra ,02), allongés suivant l’arête pg l avec macles de Carlsbad, de l'albile et de Baveno.
Le péridot (0 mm ,25 sur 0 mm ,12) moule parfois l’anorthite ; il offre les formes habituelles. L’enstatite, jaunâtre, englobe les autres éléments ; ses dimensions sont en moyenne de 0 mm ,4 sur 0 mm ,15.
La magnétite se présente en octaèdres de 0 mm ,75, souvent groupés en belles dendrites ; comme d’habitude elle s’est formée à diverses périodes du recuit.
Les expériences qui précèdent démontrent que la fusion ignée suivi^ de recuit suffit pour reproduire les principaux éléments des météorites avec leurs associations et leurs structures caractéristiques.
Diabases çt dolérites à structure ophitique. — Ces roches ont été depuis longtemps signalées sous le nom d 'ophites en divers points du globe, particulièrement dans les Pyrénées. Leur âge géologique a donné naissance à de nombreuses discussions; les conditions mêmes de leur formation ont été très controversées, les uns regardant ces roches comme éruptives, tandis que les autres y voient des produits sédimentaires profondément modifiés par le métamorphisme. Cette dernière assertion reposait sur ce fait que, dans les régions classiques, les pointements ophitiques ne se montraient en relation directe avec aucun massif éruptif et surtout volcanique. Mais l’examen microscopique des ophites, fait pour la première fois par M. Michel Lévy 1 , a fait voir que ces roches sont composées des mêmes éléments que les roches basiques franchement éruptives (diabases, dolérites, labradorites), seulement qu’une structure très caractéristique les distingue à première vue des types habituels. On y voit en effet des microlithes de feldspath triclinique associés à des microlithes d augite; mais ces derniers, au lieu de se disposer en grains sans ordre autour des aiguilles feldspathiques, se sont agrégés en grandes plages à orientation unique de manière à simuler des grands cristaux d’augite lardés de prismes feldspathiques. Il semble donc d’après cet examen que les roches ophitiques soient des roches de fusion ignée dans lesquelles le refroidissement aurait été plus prolongé que dans les roches habituelles.
D’ailleurs, l’observation stratigraphique a fait découvrir des ophites franchement éruptives. On nous permettra de rappeler ici celles qu’a signalées M. R. Bréon. Lors