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BUT DE LA SYNTHÈSE MINÉRALOGIQUE

Quelques mots vont nous suffire pour préciser les termes dans lesquels se pose le problème : l’espèce minérale est caractérisée par une double série de propriétés : les propriétés chimiques, les propriétés physiques. Les premières dérivent de l’existence d’une molécule, agrégat d’atomes toujours le même pour chaque espèce; les secondes se coordonnent autour de la disposition régulière des molécules

t. Nous citerons spécialement les Traités de cristallographie de M. P. Groth et deM. Er. Mallard, les Traités de minéralogie (non encore achevés) de M. Tschermak et de M. de Lnpparent.

les unes par rapport aux autres ; en d’autres termes, la plus importante d’entre elles est la forme cristalline. L’opérateur devra donc s’attacher à rechercher dans ses produits présumés identiques avec une espèce naturelle, l’identité de formule chimique et de forme cristallographique. Il devra y retrouver les autres caractères qui dépendent de l’arrangement spécifique des atomes et des molécules, comme la densité, la dureté, les propriétés thermiques et optiques, ces dernières surtout constituant un puissant moyen de détermination.

Avant d’aller plus loin, il peut être utile de signaler les quelques difficultés qui se présentent. La formule chimique de certains minéraux est très mal déterminée ; souvent l’isomorphisme de divers éléments constituants est la cause de cette incertitude; d’autres fois les analyses ont porté forcément sur des produits impurs ou altérés. Presque toujours, les minéraux, en cristallisant, englobent mécaniquement des portions du milieu ambiant, et l’analyse brutale fait figurer dans la formule les substances étrangères. L’examen microscopique et les méthodes de séparation dont dispose la science, diminuent beaucoup cette cause d’erreur. En tout cas, les impuretés peuvent manquer tout à fait dans le produit artificiel ou affecter une nature différente, suivant le milieu employé; les autres caractères devront servir à trancher la difficulté. .

L’identité de forme cristalline doit être confirmée par celle de la composition, et surtout, si cela est possible, par l’examen des propriétés optiques, car on peut avoir affaire à des cas d’isomorphisme proprement dit, ou encore, ce qui est plus grave, se trouver en présence de corps de molécules différentes, possédant néanmoins des l'éseaux cristallins très peu différents.

De même, les propriétés optiques peuvent être, dans certains,cas, assez variables eu égard à de faibles écarts de composition chimique ; d’autres fois, ees variations sont intimement liées avec la température. De curieux exemples ont été signalés par M. E. Mallard, dans la boracite, le sulfate de potasse, etc. Dans les cas où la déformation de l’ellipsoïde optique est permanente, il conviendra d’apporter une grande attention à ce fait.

La densité, la dureté sont d’utiles caractères spécifiques ; la coloration mérite une moindre attention, parce que souvent des traces de pigment ou de fines inclusions suffisent pour la faire naître, ainsi que le dichroïsme.

Il est à peine besoin de faire remarquer la grande différence qui existe entre la reproduction des espèces de la famille des pierres précieuses et Y imitation qui s’en fait dans le commerce; dans le second cas, on s’attache seulement à retrouver quelques-uns des caractères physiques (coloration, réfringence, dispersion, parfois densité et dureté), sans se préoccuper ni de la constitution chimique, ni de la forme cristalline.

Il est enfin un autre point de vue auquel il importe de considérer les synthèses minérales : nous voulons parler des conditions mêmes de l’expérience et de leur comparaison avec les conditions probables de la formation naturelle de l’espèce correspondante. Nous reviendrons sur ce sujet.

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