‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 11 sur 280 · Partie G 23,87 — — · texte numérisé non relu

Partie G 23,87 — —

On remarquera que la plus forte portion s’est dégagée dans les deux preimêrcs heures et demie; mais l’expérience a duré quatorze heures et demie, et n’était

même pas terminée au bout de ce temps. La température avait été élevée graduellement, depuis le rouge somlrre jusqu’aux approches du rouge blanc, à la fin du temps ; et quand on a mis fin à l’expérience, il se dégageait encore quelques traces de gaz, très faibles, mais perceptibles, qui cessaient de se montrer, dès qu’on laissait la température tomber au-dessous du point atteint déjà.

Le fragment de fer sorti du tube, après son refroidissement complet, fut trouvé glacé par une mince couche de phosphure de fer et de nickel (schreibersite), plus épaisse sur l'extrémité qui s’était trouvée le plus bas, ce phosphure ayant suinté de l’intérieur de la masse, à la haute température employée.

Les tubes placés pour recueillir le gaz pendant la première période de temps de l’expérience furent trouvés revêtus intérieurement d’une légère couche d'humidité, ayant une faible réaction acide, qui a été reconnue contenir de l'acide chlorhydrique, provenant sans doute du chlore existant dans le fer, en combinaison avec ce métal et avec le nickel.

L’analyse attentive des gaz a donné les résultats suivants, en volume, pour les trois portions recueillies séparément : la quatrième colonne de chiffres, obtenue en formant la somme des trois précédentes, donne la composition moyenne de la matière gazeuse extraite du fer.

Portion A. Portion U. Portion C. Gaz total.

Hydrogène .

Oxyde de carbone .

Acide carbonique. .

Azote .

Total ....

ÛJÎ

On a recherché d’autres gaz; mais on n'en a reconnu aucun ; on n’a pas trouvé d’oxygène libre, ni d’hydrocarbure.

D’après ces nombres, il paraît que l’hydrogène conserve le même rapport avec les autres gaz dans A et B, mais qu’il diminue grandement en C ; que l’oxyde de carbone augmente en B, comparativement à ce qu’il est en A, mais conserve la même proportion en C; que l’acide carbonique diminue d’un bout à l’autre de. l’expérience; et que l’azote diminue en B, comparativement à ce qu’il est en A, mais augmente beaucoup de nouveau en G.

Pour comparer ces résultats avec ceux de Graham, en commençant par le volume total des gaz, il est nécessaire de réduire ce volume aux conditions mêmes de pression et de température qu’il a employées. Dans le mémoire lu devant la Société royale et imprimé dans ses Proceedings, on ne voit aucune mention se rapportant à ces conditions; mais en supposant qu’on a pris pour base le baromètre à ,'50 pouces et le thermomètre à 60“ F., on trouve que le volume des gaz dégagés des 15,87 cent, cubes de fer correspondait, pour ces conditions de pression et de température, à 50,40 cent, cubes, soit 5,17 fois le volume du métal. Ceci est un peu plus que la quantité obtenue par Graham, c’est-à-dire 2,85 fois le volume du fer de Lenarlo employé ; mais la durée du chauffage fut plus prolongée dans l’experience dont il s’agit maintenant, et la température fut aussi probablement beaucoup plus élevée.

Quant à la nature et à la quantité relative des gaz constituants, les résultats

MÉTÉORITES. n

diffèrent notablement de ceux obtenus par Graham, comme cela est évident, quand on place en regard les nombres des deux analyses.

Fer de Lenarto.

Hydrogène . 85,68

Oxyde de carbone . 4,46

Acide carbonique . » »

Azote . 9,86

Totaux . 100,00

Fer d’Augusta.

Les gaz obtenus dans l’expérience actuelle approchent plus de ceux du fer ordinaire (clous de fer à cheval fourbis) que ceux recueillis par Graham ; par exemple, dans la première portion recueillie.

Hydrogène . 35,0

Oxyde de carbone . 50,5

Acide carbonique . 7,7

Azote . 7,0

Total . 100,0

et la conclusion à laquelle il arrive, savoir : « que la prédominance de l’oxyde de carbone dans les gaz qu’un fer renferme atteste son origine tellurique » semblerait enlever au fer de Virginie le droit d’être classé au nombre des masses météoriques, avec lesquelles, cependant, toutes ses autres caractéristiques physiques et chimiques lui donnent la plus grande similitude.

Il est bon de remarquer que l’analyse des gaz provenant du fer de Lenarto n’a pas été faite sur la totalité de la masse gazeuse recueillie; la première portion, s’élevant à 32,5 pour 100 do la totalité recueillie, fut employée uniquement pour un examen qualitatif; la seconde portion, 57,6 pour 100, fut analysée sous tous les rapports; tandis qu’il n’est fait aucune mention des contenus divers de la troisième portion, 9,9 pour 100 ; et il a été constaté que le fer n’était pas épuisé au bout de deux heures trente-cinq minutes, espace de temps que la durée de l’expérience ne dépassa pas. Au contraire, dans l’essai de M. Mallet il paraît probable que le montant de l’hydrogène (et avec lui le volume total de gaz) a été légèrement diminué par son union avec le chlore des chlorures métalliques, pour former la faible portion d’acide chlorbydrique remarqué à l'état de buée à l’intérieur des premiers tubes, et probablement aussi cette buée a dû son origine à la réduction partielle par l’hydrogène de l’acide carbonique en oxyde de carbone. Bien qu’on puisse présumer, surtout en raison de la tendance excessive du fer à s’emparer et à garder de l’oxyde de carbone, que ce gaz représentait le conq:osé primitif gazeux carbonifère existant dans le fer, et qu’il s’était en partie décomposé à la température de l’expérience, pour produire d’une part un composé de fer et de carbone, et d’autre part de l’acide carbonique qui s’est dégagé à l’état de gaz ; cependant, en raison du décroissement rapide de ce dernier gaz, à mesure que la durée de l’expérience se prolongeait et que la température s’élevait, et en tenant compte de sa facile décomposition en présence du fer chauffé au rouge, il paraît plus vraisemblable qu’il existait dans le fer une plus forte proportion de carbone à ce

haut degré d’oxydation, que n’en indiquent les nombres des analyses. Quoique la proportion d’hydrogène trouvée soit peu inférieure dans le fer de Virginie à celle du fer de Lenarto, elle représente cependant pour le premier environ 1.14 fois le volume du fer, tandis que le fer ordinaire terrestre ne renferme environ que 0,42 à 0,46 de son volume, à la pression ordinaire.

« Je suis tout à fait certain, dit l’auteur, d’après les caractères inhérents aux fragments que j’ai eus en ma possession, et surtout par la physionomie de la croûte, que le métal n’avait pas été soumis à un feu de forge, ou autre de main d’homme, depuis sa découverte, comme il est arrivé souvent à des échantillons de ce genre, pour chercher à en connaître la nature, ou pour les façonner à un usage.

« Quant à décider si, oui ou non, l’analyse précédente peut être considérée comme prouvant que le fer de Virginie est arrivé à notre terre d’une atmosphère différente de celle qui a fourni le fer météorique de Lenarto, le résultat diffère tellement du seul précédent de même espèce qui soit à notre disposition, qu’il devient du plus haut intérêt qu’on examine avec soin, dans la même direction, un plus grand nombre de fers météoriques, pour accroître ainsi nos connaissances sur les principes fixes constituants de ces corps par l’étude de leurs contenus gazeux. »

M. Wright *, examinant le fer de Dickson (l*' août, 1875), y trouva un gaz renfermant en centièmes :

Hydrogène . 71,04

Oxyde de carbone . 15,03

Acide carbonique . . . . , . 13,03

Azote . 00,00

L’élude des gaz occlus a été étendue par M. Wright à des pierres météoriques. La pierre de Jowa en poudre (12 février 1875) fut soumise au triage et on vit que les grenailles métalliques dégageaient un gaz fort différent de celui qu’avaient donné jusque-là les fers météoriques. Il contenait une très notable proportion d’acide carbonique, avec une petite proportion d’oxyde de carbone et un abondant résidu d’hydrogène, les deux gaz carbonés faisant à peu près la moitié du volume total :

Acide carbonique . | 49

Oxyde de carbone . 14 i

Hydrogène . non mesuré.

Mais ces chiffres ne sont pas exacts et l’oxyde de carbone a certainement été exagéré aux dépens de l’acide carbonique.

On prit ensuite la portion pierreuse et, après l’avoir finement pulvérisée, on y dosa les gaz en ayant soin de séparer le produit de différentes températures successivement atteintes.

A la chaleur de la main appliquée sur le tube il se dégagea un gaz où l’ou trouva l’hydrogène et l’oxyde de carbone.

i. Silliman’s Americayi Journal, 3“ série, t. XI, p. 253.

A la température de l’eau bouillante le gaz contient :

Acide carbonique . 95,45 pour 100,

Hydrogène . 4,54 pour 100.

L’oxyde de carbone, s’il existait, n’était qu’à l’état de traces.

Une chaleur modérée fut alors appliquée pendant peu de temps à l’aide d’un petit bec de Bunsen donnant la température de 200 à 250'^. Il se dégagea davantage de gaz, qui donna:

Acide carbonique . 92,32

Oxyde de carbone . 1,82

Hydrogène . 5,86.

Une plus forte chaleur fut appliquée presque pendant une heure, sans atteindre cependant le rouge. Environ 3 centimètres cubes de gaz furent mis en liberté :

Acide carbonique . 42,27

Oxyde de carbone . 5,11

Hydrogène . 48,06

Azote . 4,56

Au rouge naissant :

Acide carbonique . 35,82

Oxyde de carbone . 0,49

Hydrogène . 58,51

Azote . 5,18

Au rouge vif :

Acide carbonique . 5,56

Oxyde de carbone . 0,00

Hydrogène . 87,53

Azote . 6.91

On ne trouva aucun composé hydrocarboné, ni hydrogène sulfuré, ni chlore.

L’auteur des faits précédents cherchait à en conclure une différence radicale entre les fers et les pierres : les premiers contiendraient surtout de l’hydrogène et les autres surtout de l’acide carbonique. Mais M. Mallet a montré par l’analyse du fer de Virginie, et comme on vient de le voir, que cette distinction n’est pas fondée et que les fers diffèrent beaucoup entre eux sous ce rapport.

Le spectre des gaz fut observé sous la pression de quelques millimètres seulement. Au milieu du spectre de l’hydrogène on vit apparaître les bandes de carbone, les trois bandes moyennes, celles dans le jaune et dans le vert étaient extrêmement brillantes et cette dernière la plus intense de toutes4 Dans une partie du tube elle

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constituait presque tout le spectre visible, la ligne verte de l’hydrogène n’étant sensible qu’avec difficulté et les autres ne pouvant être aperçues.

Ge sont précisément les trois bandes observées dans le spectre de certaines comètes et elles ont la même intensité relative. Ce fait, sur lequel nous reviendrons, est très significatif, puisqu’il montre qu’il est tout à fait inutile de supposer l’existence de composés carbonés volatils pour expliquer les spectres cométaires comme l’ont fait certains auteurs. La présence en quantité suffisante des deux oxydes do carbone est tout ce qu’il faut pour donner naissance à ce résultat.

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