CARBURES D'HYDROGÈNE
Certaines météorites renferment une matière charbonneuse, dont l’existence et l’origine soulèvent un problème des plus intéressants. Cette matière, en effet, comme l’ont montré les analyses de Wôhler et celles de M. Gloëz, contient à la fois du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène. Elle peut donc, suivant la remarque de M. Berthelet*, être rapprochée des composés ulmiques, derniers résidus de la destruction des substances organiques : il serait sans doute très important de pouvoir remonter de ce résidu jusqu’aux substances génératrices. « Si, dit l’auteur, la question ainsi posée surpasse les ressources de notre science présente, on pourrait cependant, ajoute- t-il, faire un premier pas dans cette voie en remontant, sinon aux générateurs eux-mêmes, du moins à des principes qui en dérivent par des réactions régulières. » En effet, M. Berthelet a décrit une méthode universelle d'hydrogénation, par laquelle tout composé organique défini est transformé en carbures d’hydrogène correspondant. Cette méthode est applicable même aux matières charbonneuses, telles que le charbon de bois et la houille; elle les change en carbures analogues à ceux des pétroles.
L’auteur a appliqué la même méthode à la matière charbonneuse de la météorite d’Orgueil, et il a reproduit, quoique plus péniblement qu’avec la houille, une proportion notable de carbures forméniques , comparables aux huiles de
pétrole.
M. Lawrence Smith^ a étudié les propriétés de la matière carbonifère des météorites charbonneuses ; cette matière, suivant lui, n’est pas de l’humus, mais elle se rapproche du carbone hydraté de la fonte de fer blanche, ainsi que l’ont analysé dernièrement MM. Schützenberger et Bourgeois. M. Smith avait accompagné son mémoire d’une série complète d’échantillons à l’appui des résultats obtenus par lui et j’ai eu l’occasion de les examiner au Muséum.
M. Tschermak^ a extrait une matière hydrocarbonée de la pierre météorique d’Assam.