SYNTHÈSE DE LA SCHREIBERSITE
« On a noté dans les météorites, dit M. Faye‘, le fer nickélifère, du carbone, et même un hydrocarbure d’origine forcément inorganique (Wôhler), et un pbosphure métallique tout particulier. Le premier conduit simplement à penser que ces corps proviennent d’un milieu dépourvu d’oxygène libre ou faiblement combiné, et cela répond bien à l’idée que nous nous faisons, en astronomie, du vide de l’espace céleste, où n’existent ni l'air, ni la vapeur d’eau terrestres, et où les substances aisément oxydables, comme le fer et le nickel, doivent se conserver indéfiniment, tandis que sur terre elles ne tarderaient pas à être attaquées et détruites. Le deuxième nous embarrasserait si l’on ne savait, par les expériences de M. Berthelot, que l’hydrogène peut se combiner au carbone sans l’intermédiaire de la vie organique. Quant au troisième, il n’a pas encore été étudié au point de vue de sa formation passablement énigmatique ; je veux parler de la schreibersite, dont la composition atomique est celle d’un pbosphure double, parfaitement défini, de fer et de nickel ; on le retrouve constamment, en paillettes ou en grains, dans les aérolithes pierreux et même dans les fers météoriques, dont la masse, une fois dépouillée mécaniquement de ce minéral, ne présente plus aucune trace de pbosphure. 11 y a là quelque chose de si différent du règne terrestre, et ce minéral est tellement spécial aux météorites, qu’il y aurait un véritable intérêt à en tenter la reproduction. La schreibersite se présente à l’état de paillettes ou de petits fragments jaunes, d’un éclat métallique semblable à la pyrite magnétique, avec laquelle on a dû souvent