‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 189 sur 280 · Comptes rendus, l. LVIII, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, l. LVIII, p

la confondre. Elle n’offre pas de trace de cristallisation; l’aimant l’attire fortement et lui communique une polarité durable; enfin, elle est inattaquable par l’acide chlorhydrique. D’après un savant chimiste des Etats-Unis, M. le professeur Lawrence Smith, qui a beaucoup insisté sur le rôle important et caractéristique de ce minéral exclusivement cosmique, sa formule atomique serait iS’i®Fe‘Ph. C’est à la schreibersite seule qu’il faut attribuer le phosphore des météorites. Notre savant confrère M. H. Deville, à qui j’ai fait part de mon désir de tenter la reproduction de ce minéral, a bien voulu mettre son laboratoire à ma disposition et m’aider de ses conseils. L’opération consistait à réduire par le charbon une quantité déterminée d’oxyde de nickel et de sesquioxyde de fer intimement mêlée avec un phosphate à base de soude et de la silice. Voici les quantités adoptées conformément à la formule ci-dessus :

Grammes

Sesquioxyde de fer . 8

Oxyde de nickel . 3,7

Pyrophosphate de soude . iO,l

Silice . 6

Charbon . 2

Ce mélange, placé dans un creuset de charbon protégé par un creuset de terre, a été porté et maintenu quelque temps à la chaleur blanche. On a obtenu un verre noir contenant un culot métallique, plus une croûte très distincte, placée entre le verre et le culot, un peu adhérente au premier, mais nullement au second. Le culot parait être un alliage ou un mélange intime de fer et de nickel, souillé superficiellement par un peu de sulfure dont le soufre vient probablement de l’oxyde de fer dont je me suis servi. Attaqué vivement par l’acide chlorhydrique, le culot dégage, en effet, d’abord un peu d’hydrogène sulfuré, puis de l’hydrogène pur. Mais la zone intermédiaire entre le fondant et le culot, où se serait concentrée pendant la fusion la partie du phosphore non volatilisée tout d’abord, est formée de paillettes jaunes, d’un éclat métallique très vif, fortement attirables à l’aimant et complètement inattaquables à froid ou à chaud par l’acide chlorhydrique. Cette substance possède donc les caractères de la schreibersite. »

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