Comptes rendus, t. LXXIV. p
Quoi qu’il en soit, au point de vue où nous sommes placés, les météorites oligosidères se répartissent en trois groupes caractérisés chacun par un régime géologique particulier.
Le premier groupe formé par la montréjite, l’erxélbénite, etc., comprend des roches qui paraissent avoir échappé à toute action mécanique du genre de celles décrites plus haut.
Dans le deuxième groupe se trouvent des roches qui, comme l’aumalite et la lueéite, présentent de longues failles fines souvent accompagnées de rejets plus ou moins considérables. La lueéite diffère même de l’aumalite en ce que les failles y sont d’ordinaire plus fines et plus nombreuses, ce qui tient peut-être à sa plus grande fragilité.
Enfin la chantonnite et la lymerickite, avec leurs surfaces frottées et leurs marbrures noires, constituent un dernier groupe qui se rapproche naturellement par son allure générale des roches éruptives terrestres.
C’est évidemment à des phénomènes mécaniques de ce genre que sont dus les froissements et les concassements, avec les charriages nécessaires pour expliquer l’origine des brèches pépérinoïdes dont les roches de Saint-Mesrain, de Soko-Banja et de Parnallee sont des exemples entre autres.
Mais les failles ouvertes ont laissé en même temps passage à des matériaux profonds dégagés les uns à l’état de vapeur, de façon à constituer de vrais dépôts concrétionnés, souvent filoniens, comme les roches d’Atacama, de Pallas, etc., les autres à l’état de fluidité ignée, comme le dyke de Deesa.
Dans ce dernier cas, la chaleur accompagnant l’éruption a développé des phénomènes métamorphiques, soit dans des fragments empâtés (Deesa), soit dans des roches voisines (stawropolite résultant de la montréjite, tadjérite résultant de l’aumalite et de la lueéite, etc.).
Certaines roches ont été poussées de la profondeur à un état déjà solide, les pressions et réchauffement qu’elles ont subis alors y ont déterminé la production de surfaces frottées et de marbrures noires ; le type de ces roches est la chantonnite.
Comme on voit, nous pouvons résumer en peu de mots des notions fort précises sur le globe météoritique, et l’on voit queces notions étayées sur des observations directes maintenant fort nombreuses, diffèrent profondément de celles que M. Boisse tirait de la simple considération des densités relatives.
On déduit du fait relaté plus haut du métamorphisme de certains types une nouvelle preuve très concluante, au point de vue de la stratigraphie des météorites, des relations de gisement originel de l’aumalite avec la chantonnite, et des raisons de plus pour regarder cette dernière, ainsi que je l’ai fait ailleurs*, comme la forme complétée de l’autre.
La notion des relations stratigraphiques résulte aussi de l’existence de types de transition parmi les météorites^.
On sait maintenant que la lueéite et ta montréjite, représentées chacune par un grand nombre de chutes, offrent la même composition, mais qu’elles diffèrent pro-